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Une coalition réclame d'urgence la nationalisation des plus beaux éléments du patrimoine religieux

Une coalition formée de l'ex-député péquiste Daniel Turp, de l'ex-maire de Québec Jean-Paul Lallier, d'organistes et de professeurs de musique presse le premier ministre Jean Charest de décréter d'urgence un moratoire d'un an sur la vente et la transformation des églises du Québec et de nationaliser les éléments les plus riches pour en assurer la sauvegarde.

Alertée par la menace de vente imminente de l'église du Très-Saint-Nom-de-Jésus (TSNJ) et le démantèlement de son orgue patrimonial, cette coalition créée au cours des derniers jours estime que ce cas illustre de façon éloquente l'absence de politique cohérente pour faire face à la sauvegarde de l'immense patrimoine religieux québécois.

Les barricades qui s'élèvent devant la façade de la «cathédrale de l'Est» dans Hochelaga-
Maisonneuve, interdite d'accès depuis un an, sont le triste résultat de la gestion au «cas par cas» d'une réalité qui mérite une solution beaucoup plus large, a fait valoir hier M. Turp.

«En 2005, en commission parlementaire [sur le patrimoine], Mgr Turcotte [évêque de Montréal] avait prédit une catastrophe dans cinq ans si rien n'était fait. La catastrophe est arrivée!» affirme l'ex-député de Mercier, d'avis que les millions saupoudrés chaque année par le Conseil du patrimoine religieux du Québec (CPRQ) ne résoudront pas le problème à long terme.

«À quoi bon investir de la sorte si cinq ans après l'octroi d'une subvention, l'Église peut unilatéralement décider de prendre à son compte ce patrimoine et d'en disposer à guise!» dénonce la coalition.

En effet, même si l'église TSNJ a reçu des coffres de l'État pas moins de 650 000 $ dans les années 1990 pour restaurer son précieux instrument, l'évêché n'est désormais plus tenu de garder l'église ouverte. Et comme l'endroit n'est plus un lieu de culte, il n'est plus admissible aux subventions du CPRQ, d'où l'impasse.

Détournement de patrimoine

C'est pourquoi la coalition réclame du gouvernement Charest qu'il intervienne d'urgence pour préserver TSNJ et décrète un moratoire sur la vente ou la disposition de tout lieu de culte au Québec, le temps que soit dressé un inventaire fin et détaillé du patrimoine religieux, confié à des experts. L'inventaire devrait tenir compte de la présence des orgues et de l'importance de la tradition musicale dans l'évaluation patrimoniale de chaque église.

Au terme de l'exercice, Québec doit nationaliser les plus riches éléments de ce patrimoine et leur réserver toutes ses subventions, pensent les signataires. Le produit de la vente des églises de moindre valeur devrait quant à lui être versé au fonds du CPRQ pour assurer le maintien de ces biens collectifs, plutôt que de rester dans les coffres de l'Église. Quant aux services religieux, ils devraient être concentrés dans les bâtiments préservés par l'État.

Plusieurs signataires de la coalition ne cachent d'ailleurs pas leur agacement concernant les minces obligations légales qui sont faites aux autorités religieuses. «C'est un détournement de patrimoine. L'Église a des comptes à rendre», a fait valoir hier Antoine Leduc, avocat et organiste. «Il faut se rappeler que la collectivité a investi au fil des ans des milliers de dollars par la dîme et par le biais de l'État qui a offert des exemptions de taxes et investi des millions dans le patrimoine religieux», ajoute Daniel Turp.

Raymond Daveluy, ex-organiste à l'oratoire Saint-Joseph, croit lui aussi que l'argent public investi dans l'orgue de TSNJ doit être remboursé aux contribuables si l'instrument est vendu. «Si [cet] orgue n'est pas sauvé, aucun orgue n'échappera plus aux menaces de fermeture et au pic des démolisseurs», déplore de son côté Gaston Harel, fondateur de l'Association des amis de l'orgue.
 
 
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  • Michel Gaudette - Inscrit
    9 juin 2010 09 h 40
    Nationalisation? Non merci !
    J'en ai plus que marre que nos impôts servent à la restauration du patrimoine catholique, et je dis bien catholique.

    L'appellation "patrimoine religieux" est fallacieux et mensonger.

    La plupart des confessions au Québec assume la gestion de leur immobilier et je ne verrais pas pourquoi les cathos n'en feraient pas autant !!!

    Le patrimoine catholique, NON MERCI !

    Le clergé a assez sucé nos énergies collectives (ex. crimes de pédophilie en série, etc.)

    BASTA !!!!
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  • Roland Berger - Abonné
    9 juin 2010 10 h 48
    Ouais !
    Michel Gaudette a raison. Les impôts des Québécois ne doivent pas servir à sauver des églises que leurs ancêtres ont peiné à payer, se privant de nourriture et de vêtements pour ce faire. Si les orgues peuvent être sauvées, que l'État s'en charge. Mais que ce geste ne serve pas de prétexte à la sauvegarde des églises, scandaleusement somptueuses.
    Roland Berger
    St. Thomas, Ontario
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  • Daniel Faucher - Inscrit
    9 juin 2010 10 h 49
    À M. Michel Gaudette
    Plutôt que de faire de la démagogie de bas étage, Monsieur Gaudette devrait utiliser une partie de son temps ainsi libéré pour s'intéresser à la façon dont la France, pourtant très laïque, investit massivement dans la sauvegarde de son patrimoine - forcément en partie religieux -après et malgré une grande révolution et quelques petites, deux grandes guerres et quelques petites... Il apprendrait ce que signifie l'enracinement dans l'histoire... et l'ouverture d'esprit.
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  • Marc-André Dupont - Abonné
    9 juin 2010 11 h 35
    Il faut sauvegarder notre patrimoine!
    Le vrai scandale est le gaspillage de l'argent des contribuables. Il ne se passe pas une journée sans qu'on entende parler de dépassements de coûts pour tel ou tel projet d'envergure. Il serait facile, pour le gouvernement Charest, de trouver l'argent nécessaire à la sauvegarde de notre patrimoine quil soit religieux ou autre. Il faut que nos impôts soient dépensés à bon escient. Il faut également rappeler que plusieurs églises sont utilisées par plusieurs organismes. Par exemple les alcooliques anonymes ou bien les joueurs compulsifs y tiennent des réunions, les scouts qui peuvent utiliser gratuitement de grandes salles dans plusieurs paroisses, la Société-de-St-Vincent-de-Paul qui a des locaux dans plusieurs paroisses et qui distribue des denrés alimentaires sans distinction de race ou de religion. Malheureusement, bien souvent, les gens ignorent cette réalité. Selon moi les églises ne sont pas somptueuses. Elles sont belles car à l'époque de leur construction on faisait appel à des architectes et aussi des peintres. On a qu'à penser à Ozias Leduc qui a travaillé beaucoup dans les églises. Il a fait des choses magnifiques. Il le faisait à l'église car c'était un endroit permettant aux gens de se rencontrer. Pourquoi faudrait-il renier notre passé?
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  • Jean Rousseau - Inscrit
    9 juin 2010 13 h 49
    QUELQUES PRÉCISIONS UTILES AU DÉBAT.

    D'abord, il faut pouvoir apprécier que les religions traditionnelles maintiennent les esprits sur des fréquences mentales primitives. Dès lors, elles affaiblissent la société, en paralysant l'aspect guerrier bénéfique.

    En s'élevant contre la contraception et en condamnant ceux qui la pratique, elle cause un tort considérable. Donc, tous les bâtiments et autres biens reviennent à la société, puisqu'ils résultent de l'argent des citoyens. Ensuite, les gouvernants ne devraient garder que ce qui représente une valeur et le convertir en musées et en lieux de culte.... Puisque le délire fonde la personnalité des religieux, il demeure presque impossible pour eux de se renouveler plus sainement. C'est pourquoi, une association devrait être fondée, composée par de véritables penseurs en ces domaines, dans le but de fournir au peuple de la substance et non plus de ces archaïsmes éculés, tout juste propres qu’à aliéner les personnes.
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  • Marie Lauzier - Inscrite
    9 juin 2010 16 h 30
    La France laïque
    @ Daniel Faucher

    J'ai aussi pensé à cet exemple de la France laïque qui sauvegarde son patrimoine religieux.

    Vous l'avez très bien dit.
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  • Michel Corbeil - Inscrit
    9 juin 2010 21 h 19
    Charest et TSNJ= les Talibans qui ont fait sauter les Bouddhas en Afghanistan
    Le patrimoine d'un pays soit-il religieux appartient à l'histoire surtout si cela concerne un instrument de musique unique.

    Qu'on soit d'accord ou pas d'accord avec les rites religieux d'alors comparés à ceux d'aujourd'hui, c'est l'esprit des québécois de cette époque qui subsiste. Qu'on ait une vision différente aujourd'hui de ces pratiques religieuses c'est la réalité.

    Mais faire un "autodafé" du passé devrait être inscrit comme un crime contre l'humanité au niveau culturel selon l'UNESCO.

    Comme l'a été les Bouddhas sculptés dans la montagne il y a plusieurs milliers d'années et détruits par les Talibans en Afghanistan, il y a quelques années selon le principe qu'ils ne correspondaient plus aux rites religieux d'aujourd'hui.

    Charest sous prétexte de rendement à court terme influencé par sa gang fait le mort et laisse le libre marché financier décider au nom des québécois......

    C'est ça le nouveau rite religieux québécois!!!
    des Talibans financiers à court-terme....!!!!?????

    Avec ça on va loin?

    Mais Charest, il a les deux mains sur le volant....

    Il faut réagir avant qu'il ne soit trop tard.

    Les Afghanistans soucieux de leur patrimoine et de leur histoire, ont l'excuse que leur pays est en guerre...

    Mais nous c'est quoi notre excuse...????
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  • Jacques Légaré - Inscrit
    10 juin 2010 08 h 04
    Expropriation ! Expropriation ! Expropriation !


    Messieurs Gaudette, Berger et Rousseau ont raison.

    S'il y a nationalisation cela doit se faire sans frais pour les contribuables. En clair, il faut opérer une expropriation et sans compensation.

    Pour une raison très simple: Nous, Québécois, nous les avons déjà payés ces édifices. Il serait idiot, triple idiot, de les payer deux fois.

    Si on fait cela (les payer deux fois) on se fera passer le sapin que les syndiqués de la CSN se sont fait passer en devant racheter l'immeuble syndical (155 boul. Charest Est, Québec) à l'Église catholique car la centrale avait décidé sa sécularisation ! Et l'Église catholique, propriétaire légale du bâtiment, exigea des ouvriers syndiqués qui qui, en plus, allaient encore massivement à la messe, de payer une 2e fois le bâtiment. Plus roulés que ça, tu meurs ! Plus vicieux que ça, tu mérites l'Enfer pour toi tout seul !

    Bref, nationalisation sans compensation ou, dit autrement, expropriation sans compensation. Nous sommes conséquents, intelligents, ou stupides.

    Pas de demi mesures dans ce dossier avec une organisation qui cacha ses pédophiles dans le placard.


    Jacques Légaré, ph.d. en philosophie politique, né 1948,
    Professeur (retraité) d'Histoire, d'Économique et de Philosophie
    Http://oeuvres-de-jacques-legare.iquebec.com/
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  • Claude Gilbert - Inscrit
    11 juin 2010 20 h 37
    Le triople idiot n'est pas celui qu'on pense.
    C'est l'État québécois, notre belle société de 2010 et les très dignes représentants de l'esprit "éteignoir" qu'on peut lire ici qui feront honte à nos descendants, et cela ne prendra pas plusieurs décennies, si on laisse la stupidité ambiante prévaloir. Quand des objets d'art et des monuments tels que l'orgue de l'église du Saint-Nom-De-Jésus seront rendus à Toronto par exemple (bien oui, c'est l'archidiocèse de la Ville Reine qui a l'oeil dessus), ce sera bien le temps de protester, personne ne pourra prétendre qu'on ne l'avait pas vu venir. Et peut-être que des citations de noms comme celui de M. Légaré survivront dans une note en bas de page comme illustration plus ou moins éclatante d'un aveuglement tellement primaire. Il y a de quoi être fier, vraiment.

    Au fait, je reviens d'un voyage dans le Mid-West américain et j'ai vu là-bas des tableaux religieux avec inscriptions en français d'origine. Achetés au Québec l'an passé. Comme c'est intelligent.
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