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Église et orgue du Très-Saint-Nom-de-Jésus - À la sauvegarde du patrimoine du quartier Hochelaga-Maisonneuve

De nouvelles voix dénoncent l'attitude du ministère de la Culture dans le dossier de l'orgue et de l'église du Très-Saint-Nom-de-Jésus. En levant le nez sur ce bâtiment-clé d'Hochelaga-Maisonneuve, c'est la richesse architecturale d'un quartier exceptionnel qu'on dilue à petit feu, estiment Phyllis Lambert et le sénateur libéral Me Serge Joyal.

Les deux pionniers de la préservation du patrimoine urbain à Montréal déplorent le manque de leadership, de vision globale, voire le mépris du ministère de la Culture pour la préservation de l'église Très-Saint-Nom-de-Jésus (TSNJ), une figure emblématique du quartier populaire d'Hochelaga-Maisonneuve.

La fondatrice d'Héritage Montréal et du Centre canadien d'architecture (CCA), Phyllis Lambert, attribue à «l'ignorance» la façon dont a été mené jusqu'ici le dossier de l'église menacée, tout en déplorant la vision réductrice des autorités. «Le ministère doit voir ce problème plus largement. Comment ne pourrait-on pas sauvegarder cet orgue merveilleux? Bien sûr! Mais il faut aussi regarder tout ce quartier qui est exceptionnel», a-t-elle fait valoir hier en entrevue.

Dans une lettre envoyée au Devoir (que nous publions en page A 7), les deux signataires estiment que le désintérêt affiché par Québec est symptomatique d'une approche guidée par le «cas par cas» qui nie la valeur historique et identitaire du quartier dans la trame urbaine de Montréal. «On juge le dossier en fonction d'un inventaire des églises! Mais Hochelaga-Maisonneuve demeure typique du temps où les Canadiens français se sont redéfinis dans la trame urbaine de Montréal. À mon avis, ce serait une perte pour une métropole culturelle de diluer l'identité de ce quartier en rasant un de ses points de repère», défend le sénateur Joyal, qui connaît très bien le quartier pour en avoir été député fédéral de 1974 à 1984.

Les deux bonzes montréalais de la préservation du patrimoine ont tous deux contribué, au début des années 1970, au sauvetage in extremis de la prison du Pied-du-courant où furent pendus les Patriotes en 1839. Le gouvernement projetait de raser le bâtiment pour élancer vers l'est l'autoroute Ville-Marie. «On s'apprêtait à commettre une erreur historique terrible. Avant de faire d'autres erreurs historiques, il y a lieu de réfléchir plus largement», estime Me Joyal, qui appelle à une concertation des autorités municipales et provinciales.

Le quartier Hochelaga-Maisonneuve, unique aux yeux de Phyllis Lambert, est le seul à avoir été conçu à partir d'un plan précis d'urbanisme. Grâce aux décisions prises à l'époque par ses leaders économiques, le quartier affiche une très grande cohérence architecturale et compte plus d'édifices et de bâtiments de valeur construits par la crème des architectes canadiens-français — son ancien hôtel de ville, sa caserne de pompier (inspirée du style de Frank Lloyd Wright), son marché public et ses nombreux édifices de pierre grise — que la plupart des autres quartiers montréalais, estime-t-elle.

À l'instar de l'aire protégée du mont Royal, Hochelaga-Maisonneuve, un quartier encore très typique du Montréal francophone, devrait faire l'objet d'une protection légale élargie à titre de quartier identitaire, croient les deux signataires. «Je pense qu'il y a une mauvaise compréhension de la mise en valeur patrimoniale et que le gouvernement ne dispose pas des bons outils légaux. On voit ce patrimoine comme un fardeau. On ne pose pas la question dans le cadre plus vaste de l'histoire du quartier et de Montréal», déplore Me Joyal.

Pour Phyllis Lambert, le ministère de la Culture aurait fort intérêt à suivre l'exemple de la France en matière de protection du patrimoine. «Ce n'est pas qu'une question d'argent, c'est une question d'attitude. Le gouvernement devrait avoir un meilleur jugement», tranche-t-elle.
 
 
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  • Jacques Légaré - Inscrit
    2 juin 2010 08 h 52
    Saisir, saisir, saisir ce que nous avons payé et qui nous appartient

    Comme ce patrimoine a été payé par les Québécois par la dîme, et que l'Église le largue, il faut simplement saisir toutes les églises patrimoniales et les affecter à des tâches et vocations communautaires, sociales, civiques et de quartier.


    Ainsi, les Québécois reprendront et garderont ce qui leur appartient, et sans verser un seul sou.


    Saisir, saisir, saisir nos propres biens qui nous a été détournés. Enfin, la justice et la décolonisation culturelle auront les mains jointes...


    Jacques Légaré, ph.d. en philosophie politique, né 1948,
    Professeur (retraité) d'Histoire, d'Économique et de Philosophie
    http://oeuvres-de-jacques-legare.iquebec.com/
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  • Michelle Bergeron - Abonné
    2 juin 2010 15 h 07
    Bravo M. Légaré
    Enfin un commentaire réaliste. Oui le clergé à des comptes à rendre au peuple du Québec. Le sens morale, la transparence l’honnêteté semble ne pas être le lot de ce groupe et la population est tenu dans une certaine ignorance. Si les gens connaissait le total des sommes astronomique que nous avons déboursés en 40 ans et encore aujourd’hui. Je ne comprends pas comment les lucides entre autre Lucien Bouchard quui à tolérer ce gaspillage honteux alors que les salaires et dépenses étaient coupés. Bravo encore espérant que ceci sera entendu par des journalistes pour connaitre la vérité.
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  • Roland Berger - Abonné
    2 juin 2010 15 h 52
    Bravo à Monsieur Légaré
    Monsieur Légaré a parfaitement raison. Pourquoi les Québécois devraient-ils payer deux fois ce patrimoine? Il leur appartient.
    Roland Berger
    St. Thomas, Ontario
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