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Dédé, là-haut, dans le firmament

La scène artistique et télévisuelle souligne le triste anniversaire de la mort du fondateur des Colocs, disparu dix ans plus tôt

Le chanteur et pionnier du métissage culturel québécois André Fortin s’est enlevé la vie le 8 mai 2000.
Photo : François Boucher
Le chanteur et pionnier du métissage culturel québécois André Fortin s’est enlevé la vie le 8 mai 2000.
Déjà 10 ans. Déjà? Peu importe, puisqu'on pourrait aussi bien parler d'une semaine que la douleur n'en serait pas moins vive pour ceux qui l'ont aimé et admiré. Dédé fait toujours partie de la famille, d'autant plus que les chansons des Colocs n'ont pas pris une ride.

Plusieurs se souviennent encore où ils étaient et ce qu'ils faisaient lorsqu'ils ont appris sa mort. Et devant sa porte, dans les jours suivant son décès, les admirateurs se succédaient, tous aussi attristés, tous aussi stupéfaits. Car Dédé, c'était aussi une partie de nous, icône autant qu'ami. Un lucide, un vrai, qui détonnait. Un créateur fauché en pleine gloire par un mal-être aussi insondable qu'insurmontable.

Et gageons qu'ils seront nombreux à se rendre à la soirée-hommage organisée ce soir au Cabaret du Mile-End —ancien Kola Note — pour souligner ce triste dixième anniversaire. La soirée, elle, s'annonce toutefois comme une célébration de la vie franchement multiculturelle à laquelle prendront part pas moins de 80 artistes. Une belle façon de se souvenir de celui qui a été un pionnier du métissage musical au Québec.

Artv lui consacre aussi toute une soirée ce samedi soir. On diffusera notamment le spectacle d'ouverture du 34e Festival international d'été de Québec, intitulé Salut Dédé! mais aussi le spectacle-hommage Poussières d'étoiles présenté aux FrancoFolies l'année dernière. Un happening qui avait attiré des dizaines de milliers de personnes. Une marée humaine décidément ravie de retrouver la musique des Colocs et d'entonner leurs chansons. Une foule multigénérationnelle heureuse de saluer l'oeuvre d'un groupe qui a «marqué au fer rouge le Québec des années 1990», comme l'écrivait alors le collègue Philippe Papineau. Quelques albums à peine, mais quels albums!

Le souvenir était alors d'autant plus vif que la mémoire collective avait été ravivée quelques mois plus tôt avec la sortie de l'excellent Dédé à travers les brumes, consacré à la vie d'André Fortin. Et on a tous tendu l'oreille, et on a eu des frissons, en entendant l'inédite Comète. Une pièce qu'il n'avait pas eu le temps de compléter, mais qui donne à entendre toute la force de sa poésie.

Pourquoi est-il toujours aussi pertinent? Peut-être est-ce parce qu'une telle voix manque désormais à l'appel. Car on parle ici d'un groupe populaire, mais tout aussi engagé et sensible. Bref, l'occasion est belle pour réécouter chacun de leurs albums avec plaisir. Et constater à quel point Dédé brille toujours comme une comète.
 
 
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