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    Architecture - Quel Montréal pour demain?

    Les projets se bousculent dans les cartons des promoteurs

    21 avril 2010 01h07 |Isabelle Paré | Actualités culturelles
    Maquette du projet d’agrandissement de l’édifice de la Société des arts technologiques (SAT), boulevard Saint-Laurent, au cœur du Quartier des spectacles de Montréal.
    Photo: SAT/architecte: Luc Laporte Maquette du projet d’agrandissement de l’édifice de la Société des arts technologiques (SAT), boulevard Saint-Laurent, au cœur du Quartier des spectacles de Montréal.
    Bien malin qui saurait dire de quoi aura l'air Montréal en 2030. Une exposition lève le voile sur les nombreux paradoxes auxquels fait face la métropole, souvent coincée entre développement durable et essor économique.

    La fin de la récession pointe à peine le bout de son nez que déjà les projets se bousculent dans les cartons de promoteurs immobiliers. Montréal sera-t-elle une ville verte, animée de quartiers à échelle humaine ou une banale forêt de gratte-ciel? Promoteurs et acteurs publics se permettent pour une fois de rêver éveillés, en dévoilant au public ce que pourrait être le Montréal de demain.

    L'exposition Montréal du futur, présentée jusqu'au 26 avril au Complexe Desjardins, réunit plus de 60 projets conçus par une quarantaine de promoteurs privés et d'institutions publiques. Si certains sont déjà approuvés, et leurs sites déjà assiégés par les grues et les bétonnières, d'autres en sont à la simple étape de fantasmes architecturaux en 3D pour promoteurs en quête d'investissements.

    Mais d'emblée, on parle de milliards de dollars à investir dans le bitume. Des milliards qui changeront le visage de la métropole, affirme John Rosato, président de BOMA Québec, une organisation dont les 400 membres gèrent quelque 45 millions de pieds carrés, concentrés dans la région de Montréal. «Comme ville bilingue et cosmopolite, où le coût de la vie demeure très bas, Montréal demeure très attrayante pour le développement de projets immobiliers, et nous croyons important de donner l'occasion aux promoteurs de dévoiler leurs projets», affirme ce dernier.

    Et quels sont ces projets, justement? Si on a entendu palabrer jusqu'à plus soif des déboires du CUSM, du CHUM, ou de la gare de triage d'Outremont, d'autres projets immobiliers, moins connus, imposeront bientôt leur silhouette dans l'horizon de Montréal, avant même que leurs promoteurs aient passé GO.

    Plusieurs gratte-ciel se préparent ainsi à percer le ciel montréalais, dont celui de la tour de verre Canderel, qui changera le visage du square Philips, avec ses 35 étages situés à deux pas de l'édifice centenaire de La Baie, en pierre d'Écosse. Pas moins de 925 000 pieds carrés de bureaux certifiés LEED, assure-t-on. Le nec plus ultra du bâtiment écologique. Vert soit, mais gratte-ciel tout de même.

    Dans le quartier international, L'Altoria, projet de condos de luxe et de commerces, lancera aussi l'ombre de ses 35 étages sur le square Victoria, tout comme sa voisine la tour de la Cité internationale de Westcliff, située sur le flanc ouest de la place publique.

    Les autres idées grandioses, encore à l'étape de maquette, ne manquent pas. Tours vertigineuses au 1300, boulevard René-Lévesque, au coin de Bleury, ou encore dans la rue Mansfield. Même scénario au 1500, Sherbrooke Ouest, coin Guy, et à l'angle McKay et René-Lévesque. Les noms à eux seuls sont évocateurs: L'Altitude, repaire de condos uniques, rue University, ou encore Le Triomphe, rue Mansfield, au coeur du «Mille carré doré». Les odeurs de fin de récession ont-elles déjà fait oublier le nombre fou de condos chics encore vacants ou d'immeubles à bureaux en quête de locataires?

    Pour Richard Deschamps, responsable des grands projets, du développement économique, des infrastructures et des travaux publics au comité exécutif de la Ville, il faut plutôt se réjouir du fait que Montréal fasse l'objet d'un tel engouement.

    «Dans une société démocratique, c'est normal que des gens donnent leur perception de ce que pourrait être Montréal. Avec le CUSM et le Centre de recherche du CHUM, plus de 400 millions viennent d'être annoncés, et pour la première phase de Griffintown, on parle d'un autre 450 millions. Montréal est sur une lancée. Il ne faut pas céder au découragement et à l'immobilisme», a fait valoir ce dernier, hier, lors de l'annonce d'une contribution municipale au projet de rénovation de la Société des arts technologiques (SAT).

    Selon M. Deschamps, plusieurs promoteurs ont aussi à coeur les concepts de développement durable et de patrimoine. À son avis, Montréal, contrairement à Toronto ou Vancouver, n'accuse pas un surplus d'immeubles à condos ou d'immeubles à bureaux: «Le centre-ville de Montréal, qui est habité, est un marché mixte. Cela est excellent pour la qualité de vie et la sécurité. On ne parle pas que de condos de luxe, mais aussi de projets plus modestes, comme ceux du Louis Bohême», a-t-il défendu.

    Trames urbaines en mutation


    Du côté du Sud-Ouest, la trame urbaine s'apprête aussi à subir des métamorphoses majeures aux abords du canal Lachine, mais surtout dans Griffintown, et tout le long de l'autoroute Bonaventure et de la Société du Havre. Autant de projets publics et privés majeurs qui ont reçu l'aval de la Ville de Montréal. Des étudiants en aménagement urbain de l'Université McGill ont quant à eux imaginé pour 2030 un Griffintown vivant, composé de marchés publics, d'habitations mixtes, de patinoires et de pataugeoires, à deux pas du canal Lachine. Seront-ils entendus par la société Devimco, qui vient de redémarrer la phase 1 de son projet?

    Côté culture, le Montréal de demain sera quant à lui bonifié de plusieurs nouvelles infrastructures, dont la construction va bon train.

    À commencer par la nouvelle salle de concert de l'OSM, attendue pour l'automne 2011, tout comme le nouveau pavillon d'art canadien Erkskine & American du Musée des beaux-arts de Montréal. Au coeur du Quartier des spectacles, la Société des arts technologiques (SAT) s'apprête à devenir une «pépinière vivante» ouverte sur la rue. Son dôme illuminé, destiné à accueillir un théâtre immersif, dominera la rue Saint-Laurent en novembre prochain si tout va comme prévu. «La Ville est venue combler un manque à gagner pour réaliser ce projet qui sera destiné aux 7 à 77 ans. Les environnements immersifs intéressent tout le monde», a soutenu hier Monique Gosselin, directrice générale de cet antre des technologies mises au service de l'art.

    Si les souhaits du maire de Montréal se réalisent eux aussi, on empruntera peut-être un jour le tramway qui reliera le quartier Côte-des-Neiges au centre-ville pour sauter dans le métro et gagner le Centre sur la biodiversité des Muséums nature de Montréal (ouverture prévue en 2010) ou le Planétarium Rio Tinto (ouverture prévue en 2012).
    Maquette du projet d’agrandissement de l’édifice de la Société des arts technologiques (SAT), boulevard Saint-Laurent, au cœur du Quartier des spectacles de Montréal. Centre de la biodiversité Tour Kevric, dans le Quartier international, vue de Square Victoria Place de la Cité international de Westcliff, devant le Square Victoria Tour Canderel au Carré Phillips Les plans de la SAT L'intérieur de la SAT Tour Altitude, du Groupe Daca, des condos de luxe sur De Maisonneuve
     
     
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