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Essais québécois - Cinq écrivains devant l'épreuve de français des cégépiens

Ils sont cinq. Ils se nomment Arlette Cousture, Jean O'Neil, Christian Rioux, Georges-Hébert Germain et Jean-François Lisée. Auteurs et écrivains professionnels, ils ont courageusement accepté de relever le défi que leur a lancé Jacques Garneau, romancier, poète et superviseur à l'épreuve uniforme de français (EUF) du ministère de l'Éducation: rédiger, comme les cégépiens, une dissertation critique à partir d'un des sujets proposés dans ce contexte depuis 1995.

Il faut savoir, en effet, que, depuis 1998, les cégépiens en fin de parcours doivent réussir l'EUF pour obtenir un diplôme d'études collégiales. La correction de cette épreuve, qui porte sur des sujets littéraires, est soumise à huit critères précis: respect du sujet de rédaction, qualité de l'argumentation, compréhension des textes et intégration de connaissances littéraires, introduction et conclusion complètes et pertinentes, développement cohérent et paragraphes organisés logiquement, vocabulaire riche et varié, respect de la syntaxe et de la ponctuation, ainsi que de l'orthographe d'usage et grammaticale.

L'épreuve se tient en décembre, en mai et en août. Les élèves se présentent au cégep à 8h30 et disposent ensuite de quatre heures trente pour choisir un sujet parmi les trois proposés chaque fois, lire les extraits attentivement, rédiger leur dissertation et la corriger. Ce n'est pas, contrairement à ce qu'en pensent plusieurs qui ne savent pas de quoi ils parlent, une sinécure. Bon an, mal an, un peu plus de 80 % des cégépiens réussissent cette épreuve. Les échecs sont attribuables à une non-maîtrise de la langue (deux derniers critères) dans une proportion de près de 90 %.

Nos cinq téméraires amis écrivains allaient donc se soumettre à l'épreuve, et L'Épreuve uniforme de français, l'ouvrage pensé par Jacques Garneau, allait rendre compte de leurs résultats. Du plaisir et des révélations en perspective pour le lecteur. C'était, du moins, ce que je croyais, en me fiant à la présentation de ce projet. J'ai dû déchanter. J'ignore s'il faut en blâmer les auteurs participants ou le concepteur du défi, mais toujours est-il que l'exercice auquel on a soumis les écrivains n'a pas grand-chose à voir avec celui que doivent affronter les cégépiens.

Les auteurs invités, en effet, n'avaient pas de consignes à respecter, ont eu des jours, des semaines, sinon des mois pour s'exécuter, dans le confort de leur foyer et avec toute la documentation voulue à leur disposition. Pis encore — il est vrai que, dans ces conditions, l'affaire n'avait plus d'intérêt —, le correcteur n'a pas appliqué les critères 7 et 8 (syntaxe, ponctuation, orthographe), ceux qui font échouer les élèves, à leur copie. A-t-on eu peur du résultat? Comment, ensuite, peut-on honnêtement comparer la qualité de leurs travaux aux «dissertations sans originalité, remplies de formules fades et convenues, appliquant une plate recette qui se traduit souvent par l'extrême ennui qui s'en dégage», produites par trop de cégépiens? À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire, n'est-ce pas? Dommage.

L'ouvrage, malgré tout, n'est pas dénué d'intérêt. À ceux qui connaissent mal le milieu collégial, il fera découvrir que la grande littérature y a encore sa place. À cet égard, les sujets choisis par les écrivains sont révélateurs: Une charogne, de Baudelaire, pour Arlette Cousture; Je suis un fils déchu, d'Alfred DesRochers, pour Jean O'Neil; un extrait d'En pièces détachées, de Michel Tremblay, pour Christian Rioux; des extraits de L'Étranger, de Camus, et du Libraire, de Bessette, pour G.-H. Germain; et des extraits du Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes, de Rousseau, et de Je suis un nègre, du poète ivoirien Charles Nokan, pour Jean-François Lisée. Tous ces sujets, faut-il le rappeler, ont d'abord été proposés à de jeunes Québécois de 18-19 ans.

Mise en valeur

L'ouvrage, ensuite, met en valeur les écrivains invités. Tous livrent des textes bien écrits, riches en contenu, intelligents et sensibles. Rioux et Germain brillent particulièrement. Rioux illustre avec brio que le joual de Tremblay est à la fois «une prison de la pensée», pour les «personnages brisés, désespérés» du dramaturge, mais un puissant «instrument littéraire» pour ce dernier. «Le joual, note-t-il, se prête à merveille aux longues complaintes des personnages tragiques de Tremblay. On croirait parfois entendre la langue simple et répétitive du blues.»

Germain, pour sa part, analyse avec acuité ces «déserteurs» que sont Meursault et Jodoin. «L'Étranger et Le Libraire sont des dénonciations, des provocations. Ce sont des portraits à charge d'une jeunesse démobilisée qui rejette tout espoir, tout travail.» Souhaitons, conclut-il en jouant lui-même les provocateurs, «que la jeunesse d'aujourd'hui ne ressemble pas à celle des années 1950».

Ces dissertations, donc, sont à la hauteur de la réputation de leurs auteurs, mais elles ne peuvent servir de modèles aux cégépiens, comme le souhaite Garneau. Leur liberté de ton et de forme serait assurément mal accueillie par les correcteurs de l'EUF, qui doivent appliquer des critères extrêmement rigides. Les cinq écrivains, par exemple, citent trop peu directement les textes proposés et prennent beaucoup de libertés avec les formes traditionnelles de l'introduction et de la conclusion. Ils ne divisent pas leur sujet et ne formulent pas de synthèse. Lisée, par exemple, ne formule clairement son point de vue (sujet posé) qu'au cinquième paragraphe d'un texte qui en compte dix. Complaisant, Garneau souligne qu'il se prononce ainsi «dès le début de son texte». Inutile de vous dire que les cégépiens n'ont pas droit à cette magnanimité.

Il manque aussi à cet ouvrage une réflexion d'ensemble sur l'EUF. La rigidité de cette dernière, tous en conviennent, a des inconvénients, mais aussi des vertus, puisqu'on ne se libère bien des contraintes, comme le font nos écrivains, qu'en les maîtrisant. Ce qui rend la préparation des élèves à cette épreuve plus qu'incertaine, c'est évidemment la taille des groupes (souvent plus de 35 élèves) et l'étendue du corpus concerné, c'est-à-dire toutes les littératures française et québécoise de toutes les époques. Un tel examen national ne devrait-il pas porter, en ce sens, exclusivement sur notre littérature nationale?

***

L'Épreuve uniforme de français

Cinq écrivains relèvent le défi

Jacques Garneau

Trécarré

Montréal, 2010, 144 pages
 
 
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  • Rene Arbour - Abonné
    20 février 2010 06 h 58
    Cela aurait put être vraiment intéressant
    Ce que j'aurais aimé lire le résultat de nos idoles, s'ils avaient été soumis aux mêmes règles que celles avec lesquelles nos enfants sont évalués!

    Je fais ce commentaire tard dans la nuit, pour moi. Surement tôt le matin pour bien d'autres. C'est que j'ai une communication à soumettre à des gens de l'entreprise pour laquelle je travaille d'ici 12h00, enfin tantôt. Le délai était trop court, mais je tenais à ce que le texte que je signe soit correct.

    Je l'ais donc pensé, rédigé puis relus. Relus encore une fois. Re-rédigé et repensé, puis re-relus. Re rédigé... Enfin, j'ai fini par y passer la nuit.

    Les lecteurs auxquels ma communication s'adresse la trouveront sans doute correcte pour la plupart d'entre eux. Même si une majorité de ces gens l'attendent avec une brique et un fanal.

    Il est certain que j'échouerais à un examen qui ne me donnerait qu'une heure et demie pour, choisir un sujet. Penser à ce que je veux dire, le mettre en forme et le rédiger. Malgré ce fait, on me demande souvent de "m'occuper" des communications névralgiques.

    J'ai beaucoup d'admiration pour nos jeunes. Des gens qui, dans un grand moment de stress, finissent par réussir l'étape. Contre toute attente.

    Bravo à vous et bon courage. Le reste du parcours ne sera sans doute pas plus cohérent. Ce sera les mêmes personnes qui décideront comment nous évaluons les compétences.

    J'ai un peu peur qu'ils s'en balancent, finalement.
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  • Michel Mongeau - Inscrit
    20 février 2010 11 h 32
    Doublement ''unfair''
    Déjà que ces pros de la plume et du clavier possèdent une grande longueur d'avance en expérience sur les cégépiens, encore fallait-il les soustraire aux nombreuses contraintes qui s'imposent à ces derniers. Le titre du texte de monsieur Garneau est inexact, même trompeur. Et puisqu'il ne peut servir de modèle aux étudiants (es), finalement ne serait-il sur le marché que pour servir les signataires, lesquels se révèlent ici, de bien mauvais joueurs.
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  • Magali Bouchard - Abonné
    21 février 2010 04 h 30
    Exercice clownesque
    Mais qu'est-ce qu'on en gaspille du papier !!! Quel est le but de cet exercice bidon sans contrainte de temps, sans correction de la grammaire, de la syntaxe, de la ponctuation et de la structure logique de l'intro. et de la conclu. ? Écraser les étudiants avec le talent de ses écrivains qui ont eu tout le temps et les outils de réflexion nécessaires pour choisir leur sujet et rédiger leur dissertation critique (sujet, oh surprise ! qu'on aurait pu leur attribuer à l'avance tellement il correspond à leur génération...) semble malheureusement l'effet provoqué. L'éthique minimal de base commande à ces professionnels de l'écriture le refus de cette mascarade(on ne peut quand même pas demander aux éditeurs obsédés par le dollar que leur procure l'épreuve et sa crainte chez les étudiants d'avoir de l'éthique) et l'exigence de se conformer aux règles du jeu... N'importe quoi.....
    Monsieur Cornellier, vous êtes trop doux.... mais dans un milieu culturel aussi micro que le nôtre, avez-vous réellement le choix ?
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  • Augustin Rehel - Inscrit
    21 février 2010 08 h 14
    Les critèrres connus de tous les étudiants
    «Je l'ais donc pensé, rédigé puis relus.»

    Et pourtant vous laissez dans une seule phrase deux erreurs grammaticales. Et je ne tiens pas compte de toutes les autres.

    Mais revenons à notre sujet. C'est un fait que les textes corrigés au Cégep tient compte des huit critères de correction enseignés. Peu importe le sujet, ces critères s'appliquent. Que le prof propose un texte sur le dernier hiver au Québec, ou sur le style littéraire de Gilles Vigneault, le texte de l'étudiant sera corrigé en tenant des critères de correction au programme.

    Qu'on soit écrivain, enseignant ou étudiant, la grille d'évaluation est la même. La préparation des cégépiens est aussi la même. Ils ont toute l'année pour se documenter sur un sujet. Les écrivains ont pris quelques semaines... Alors, la critique sur le fond du journaliste ne tient pas la route.

    En 19 ,, à la fin du cours classique (Philo 2) , le prof de philo nous a écrit au tableau le sujet pour la dissertation de fin d'année, citation célèbre de Camus:

    «L'homme naît pas hasard, se prolonge par lâcheté et meurt par rencontre.»

    On avait à notre disposition trois heures pour rédiger un texte de plus de 5 pages. C'est sûr que ceux qui n'assistaient pas aux cours et qui ne connaissaient pas les critères d'évaluation n'ont pas réussi.

    Autres temps, mais les règles d'enseignement, de correction et de succès étaient les mêmes. Il fallait connaître son sujet, s'exprimer avec clarté (qualité de l'argumentation); et les introduction et conclusion pertinentes, selon la règle de l'art.

    Les étudiants d'aujourd'hui ont tellement plus de possibilités que nous, dans le temps, et s'ils ne réussissent pas, ils ne peuvent s'en prendre qu'à eux. Les excuses formulées ne tiennent pas la route.
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  • Khayman - Abonné
    21 février 2010 09 h 30
    Et ça veut donner des leçons...
    « «Je l'ais donc pensé, rédigé puis relus.»

    Et pourtant vous laissez dans une seule phrase deux erreurs grammaticales. Et je ne tiens pas compte de toutes les autres. »

    Mme Arbour parlait évidemment de la communication qu'elle avait à remettre et non du commentaire qu'elle a écrit ici...

    Du reste, des écrivains professionnels ont certainement une connaissance générale de tous les sujets abordés dans les trois cours de littérature donnés au collégial, plus particulièrement sur le cours de littérature québécoise duquel est tiré l'Épreuve uniforme de français (ÉUF). C'est pourquoi, comme la première intervenante, je crois qu'il aurait été beaucoup plus intéressant que les écrivains se plient aux vraies exigences de l'ÉUF.

    Mais bon, contrairement à ma génération, adepte du Web 2.0, qui pratique le travail collaboratif et accepte de se faire souligner publiquement ses erreurs et de les admettre, les écrivains d'expérience ont beaucoup à perdre et n'admettraient jamais pouvoir être faillibles.

    Un bel exemple de cet état d'esprit est le texte « L'écrivain, son blogue à l'air » de Jean Larose :

    http://www.ledevoir.com/culture/livres/282987/l-ec
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  • Magali Bouchard - Abonné
    21 février 2010 09 h 41
    LE FOND DE LA CHOSE...
    Monsieur Rehel, vous qui relevez les fautes de René Arbour, relisez donc votre deuxième paragraphe qui contient deux ftes (accord de verbe et syntaxe). De plus, votre argument en troisième para. ne tient pas du tout la route puisqu'il s'appuie sur une fausseté contrairement à celui de Monsieur Cornellier qui, franchement avisé en tant que professeur de littérature au cégep, relève que les étudiants ont leur sujet séance tenante et n'ont pas du tout un an pour se préparer comme vous l'affirmez. Il est plus que probable que dans le choix de textes qu'ils ont pour l'épreuve uniforme aucun ne fasse partie des courants littéraires étudiés. Rappelons-nous: les sujets sont secrets et ça serait un sacré hasard que ce texte ait été étudié dans la formation de l'étudiant (les oeuvres étudiées sont laissées au choix du prof). De plus, les écrivains professionnels ont terminé depuis longtemps leur formation qui, combinée à leur expérience (professionnels de l'écriture, ils ont peaufiné leur art qui inclut la réflexion), leur donne une sacrée longueur d'avance sur les étudiants tant sur les plans des connaissances, de habiletés et de l'assurance. Pourquoi donc leur enlever la contrainte de temps pour l'écrire et en plus leur faire choisir entre une multitudes de sujets (ts les sujets de l'ÉUF) alors que les étudiants choisissent parmi trois sujets ????? Ça invalide la pertinence de cet exercice et du coup du livre et c'est ce que Cornellier révèle, certes à demi-mot car il ne veut pas devenir persona non grata dans le merveilleux monde de l'édition scolaire... une manne exploitant une clientèle captive....
    Qui donc excuse les étudiants de leur performance à l'Épreuve uniforme de français du Ministère de l'éducation ? Je ne lis pas du tout d'excuse dans le texte de Cornellier et les commentaires associés. Informez-vous... et creusez pour savoir comment le Ministère corrige en baissant ses critères année après année afin de ne pas avoir un haut taux d'échec. Regardez combien dans deux ans tous ces critères baisseront en chute libre pour accomoder les étudiants qui ont vécu les merveilleuses réformes du primaire et du secondaire !!!! Ou devrais-je dire que le Ministère s'accomodera lui-même... car il tente d'atténuer ses monstrueuses erreurs.
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  • Augustin Rehel - Inscrit
    21 février 2010 14 h 22
    Les faussetés de Magibou
    Effectivement, j'ai omis l'accord du verbe «tient» avec son sujet... mais c'est la seule erreur du texte. Où est l'autre ?

    Concernant vos affirmations, certaines sont fausses. Cela paraît que vous ne connaissez pas le milieu de l'enseignement. Jamais les sujets prévus pour un examen sont préalablement remis aux élèves. Et c'est vrai aussi pour les mathématiques et les sciences, et la philosophie.

    L'exemple que je vous donnais remonte au temps du cours classique, je sais que ce n'est plus cela aujourd'hui, et que les élèves ont un trimestre pour bien se préparer à la rédaction du texte écrit dont le sujet leur sera remis bien entendu le matin de l'examen.

    Ce texte est corrigé en tenant compte des grilles d'évaluation fournies par le MEQ, et elles sont les mêmes d'une année à l'autre. Il peut y avoir pondération des résultats, comme c'est le cas dans d'autres disciplines, mais c'est impossible de changer le critère au moment de la correction pour «baisser le critère», comme vous dites! Je ne comprends pas.

    Qu'est-ce que vous voulez dire?

    Les grilles d'évaluation du texte écrit au primaire et au secondaire comprenaient dix critères à la fin des années 2000, alors que j'étais toujours en exercice, et toutes ces grilles s'appliquaient dans toutes les écoles du Québec. Dans l'ensemble, les élèves réussisaient bien, et les critères où les étudiants accusaient le plus de difficicutés se situaient au niveau de l'orthographe d'usage et grammaticale.

    Le ministère de l'éducation a certes ses responsabilités dans l'enseignement du français, mais les étudiants ont aussi les leurs. Il y a un manque d'effort chronique de la part des étudiants, et tous les profs en exercice peuvent en témoigner.
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  • Magali Bouchard - Abonné
    22 février 2010 07 h 20
    Les cinq écrivains ne relèvent pas le défi et Rehel n'y comprend rien !!!!
    Avant tout chose, soulignons qu'il est triste que vous déviez encore plus le débat - L'EXERCICE DE CINQ ÉCRIVAINS RÉALISANT L'ÉPREUVE DE FRANÇAIS DU MINISTÈRE EST NUL ET SANS PERTINENCE PUISQUE LES CONTRAINTES DE RÉALISATION NE SONT PAS RESPECTÉES- en déformant votre texte. Vous dites bel et bien que les étudiants du cégep ont un an pour se préparer et, contrairement à votre revisitation de votre texte, vous ne faites pas allusion dans cette partie à votre cours classique.
    Je colle ICI votre texte pour que vous relisiez:
    «Qu'on soit écrivain, enseignant ou étudiant, la grille d'évaluation est la même. La préparation des cégépiens est aussi la même. Ils ont toute l'année pour se documenter sur un sujet. Les écrivains ont pris quelques semaines... Alors, la critique sur le fond du journaliste ne tient pas la route.»

    En passant, vous me citez mal: je ne dis pas baisse «le critère» mais «les critères» de correction.

    Encore plus «tristounet» que vous ne réussissiez pas à identifier votre deuxième faute d'autant plus que je vous ai pourtant indiqué le paragraphe et la nature de la faute...

    Comment pouvez-vous affirmer une telle énormité stipulant que ça paraît que je ne connais pas le milieu de l'enseignement ? Je ne crois pas qu'il soit nécessaire de faire partie du monde l'éducation pour en comprendre les enjeux et prendre part à ce débat de société crucial. Il s'agit de bien s'informer. Certains non-professeurs sont mieux informés que vous... Ce n'est pas parce que j'ai refusé de faire un appel à l'autorité d'une carrière de 20 ans dans le milieu collégial que vous devez tirer une conclusion basée sur l'ignorance. Ma meilleure amie (vous aimerez cet appel au clan et à l'autorité) est cadre au Ministère de l'Éducation en tant que coordonnatrice-responsable de la correction de l'Épreuve collégiale. Les grilles d'évaluation GÉNÉRALE AVEC LES CRITÈRES GÉNÉRAUX du Ministère même si elles demeurent les mêmes sur le site officiel changent année après année dans leur application. Chaque années, les consignes données chaque année aux correcteurs de l'épreuve changent et ses derniers doivent accepter des intro. et des conclu. ne correspondant pas aux règles de l'art (soulignons le massacre systématique des sujets ouverts). Depuis 3 ans, on accepte même un ton analytique plutôt qu'argumentatif et la liste des fautes de français tolérées s'allongent chaque année. Informez-vous objectivement et sortez des conversations de couloir de profs blasés des étudiants qui ne fournissent pas assez d'effort. Ils ont raison sur ce point, mais ne peuvent fonder leur évaluation sur un tel subjectivisme.
    Et on ne retire pas du tout le blâme des étudiants qui ont décidé de travailler trente heures semaines ou plus afin d'avoir une vie de consommateurs actifs plutôt que de faire adéquatement leur travail d'étudiant. Comprenez-vous que tout ceci n'a rien à voir avec cette oeuvre bidon que nous présente Jacques Garneau au Trécarré ????
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  • Magali Bouchard - Abonné
    22 février 2010 15 h 59
    Mea culpa: corrigeons mes fautes !
    Voici la correction de mes coquilles que j'assume pleinement puisqu'elles témoignent que je ne me suis pas relue...chose à faire en tout temps, même à trois heures du matin (pourquoi ça prend tant de temps avant d'êter mis en ligne ?) Mea

    »Les grilles d'évaluation GÉNÉRALEs AVEC LES CRITÈRES GÉNÉRAUX du Ministère même si elles demeurent les mêmes sur le site officiel changent année après année dans leur application.Les consignes données chaque année aux correcteurs de l'épreuve changent et ces derniers doivent accepter des intro. et des conclu. ne correspondant pas aux règles de l'art (soulignons le massacre systématique des sujets ouverts). Depuis 3 ans, on accepte même un ton analytique plutôt qu'argumentatif et la liste des fautes de français tolérées s'allonge chaque année. Informez-vous objectivement et sortez des conversations de couloir de profs blasés des étudiants qui ne fournissent pas assez d'effort. Ils ont raison sur ce point, mais ne peuvent fonder leur évaluation sur un tel subjectivisme.
    Et on ne retire pas du tout le blâme des étudiants qui ont décidé de travailler trente heures semaine»
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  • Rene Arbour - Abonné
    23 février 2010 04 h 52
    Merci monsieur Rehel
    J'ai eu le privilège de lire vos interventions sur le sujet. Je tiens d'abord a vous remercier de n'avoir attaqué que les erreurs grammaticales de ma note. Je me suis tout de suite sentis en présence d'un pair, quand j'ai vue les deux erres dans critères, deuxième mot du titre de votre commentaire. -->Les critèrres connus de tous les étudiants
    «Je l'ais donc pensé, rédigé puis relus.»
    Et pourtant vous laissez dans une seule phrase deux erreurs grammaticales. Et je ne tiens pas compte de toutes les autres.--<

    Vous auriez sans doute pus critiquer mon propos. Il n'était pas de béton. Surtout que vous l'avez fais pour d'autres qui tentaient de parler raison. J'avoue que j'ai dû relire plus d'une fois, certains de leurs textes pour en saisir l'intention. La colère palpable qui se dressait entre le clavier l'auteur et le lecteur, a de toute évidence brouillé, de touches en touches, plusieurs émotions.

    Malgré tous, si vous le voulez, revenons à l'article de monsieur Cornellier. Qu'auraient été, selon vous, les résultats de mes idoles, s'ils avaient dû répondre dans la même journée? Je vous concède qu'il ne sont plus sur un banc d'école depuis longtemps, que ce décalage accentue le niveau de difficulté auquel ils auraient été confronté. J'ajoute en plus que ces gens ont eu des épreuves à surmontés que peu de nos jeunes connaitront. Mais...

    Mais s.v.p., ne me dites pas que de pondre un texte comme celui qui est demandé à ces jeunes est facile. Ou que ce devrait être possible pour la majorité. C'est gens là, par rapport à nous, sont en manque de misère, c'est vrai. Sont-ils responsables de ce fait? La souffrance est nécessaire, vous en conviendrez, au dépassement. Ils ne l'ont pas subit. Bon. Ils en sont peut-être handicapés, mais pas responsable.

    Pour ma part, j'aimerais bien voir passer les travaux des vos collègues, peut-être sont-ils maintenant pour vous, des ex-pairs, qui mènent à la rédaction, à la conception de ces examens. Je souhaiterais pouvoir m'assurer que ces tests ne satisfont pas la douce amertume d'une génération(à laquelle j'appartiens) qui voudrait se venger sur la suivante.

    En terminant, permettez-moi de me joindre à vous pour fustiger cette génération de gens qui croient que, puisque celle qui les a précédé, enfin peut-être celle d'avant, ils n'ont pas le temps d'approfondir la question, ont tout pris de la vie, eux, les victime du "jour d'après", ils n'ont qu'à se laisser faire pour que tout leur arrive. Ça va pas arriver. Et ils vont nous le reprocher.

    Mais c'est nous qui leur avions promis. Ne les condamnons pas si vite!

    René, un type de 50 ans, qui a presque complété son secondaire 3. Y a de ça, longtemps.

    P.S. Encore une fois il est tard et j'ai sans doute laissé passé plusieurs perles orthographiques et ou grammaticales. Vous pourrez bien sûr, les relever. Mais encore mieux. J'ai laissé tellement de failles dans le propos de ce texte, qu'il me semble que même un peu las, vous pourriez m'enseigner des choses. Merci d'avance monsieur Rehel. À la reparlure.
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  • Rene Arbour - Abonné
    23 février 2010 08 h 30
    À la manière Magibou
    À cette heure, je me croyais pressé de terminer pour aller au lit. Je ne m'étais pas suffisamment relus avant d'appuyer sur "send". Désolé, c'était une erreur grotesque.

    J'espère que la majorité d'entre les lecteurs en auront quand-même compris le sens. Je vous présente à tous et à toutes, mes excuses.

    René
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  • Tommy Allen - Abonné
    25 février 2010 13 h 46
    Malhonnête et méprisant...
    Je viens à peine de lire votre article, M. Cornellier, et je vous prie de m'excuser d'y réagir aussi tard.

    Comme vous, j'ai été déçu en constatant que les cinq écrivains n'avaient pas véritablement «rele[é] le défi» de l'Épreuve uniforme de français. Vous avez bien expliqué que les conditions de réalisation de l'exercice pour ces professionnels de l'écriture n'étaient pas comparables à celles auxquelles doivent se soumettre les collégiens, mais vous avez toutefois négligé un point important: les étudiants, contrairement aux cinq écrivains, n'ont jamais le luxe de choisir un sujet parmi tous ceux qui ont été proposés depuis l'instauration de l'ÉUF. Ils doivent effectuer leur choix parmi les trois sujets proposés lors d'une épreuve donnée: s'ils sont chanceux, un sujet portera sur l'oeuvre d'un auteur étudié au cours de leur formation collégiale. Mais, comme vous le savez, l'inverse se produit aussi fréquemment.

    On s'étonne donc d'autant plus de voir Jacques Garneau reprocher aux étudiants leurs «dissertations remplies de formules fades et convenues, appliquant une plate recette qui se traduit souvent par l'extrême ennui qui s'en dégage», propos que vous avez cités avec raison, mais que vous n'avez pas commentés dans votre article. Quel MÉPRIS pour ces étudiants qui, eux, relèvent véritablement le défi qu'on leur impose!

    Faut-il rappeler à M. Garneau que ces collégiens ne peuvent pas se permettre d'analyser en profondeur les textes qui leur sont proposés et encore moins de paufiner leur style au moment d'écrire leur dissertation?

    Voici un défi qui pourrait être intéressant à proposer à M. Garneau et aux cinq écrivains qui se sont prêtés à son petit jeu: qu'ils s'asseoient tous sur des chaises inconfortables, dans un local mal aéré, avec 150 ou 200 autres étudiants, pour rédiger, en 4h30 et pas une minute de plus, une dissertation portant des extraits d'oeuvres qu'ils ne connaissent pas. Ils n'auront droit, pour ce faire, qu'à trois ouvrages de référence (dictionnaire, grammaire et précis de conjugaison). Et qu'on corrige ces copies de façon anonyme. Et qu'on publie leurs résultats!

    On verra bien s'ils arrivent à extraire du texte analysé « sa vérité profonde»! On verra bien s'ils reussissent, dans ces conditions, à «s'approprier les extraits choisis, [à] les rendre vivants et intelligibles aux yeux de leur lecteur»! On verra bien si, comme il le dit, «[i]ls se sont tous, pour vrai, intéressés aux textes et à leurs auteurs»!

    Ce sont les conditions qu'on impose aux collégiens québécois, auxquelles s'ajoute le stress lié à l'obligation de réussite et aux autres examens tout aussi importants qu'ils doivent étudier à la fin du semestre... Au moment d'écrire leur dissertation, le but de ces étudiants N'est PAS «de s'imprégner d'une oeuvre littéraire et d'en trouver le coeur», n'en déplaise à M. Garneau, mais de RÉUSSIR, tout simplement. Si son travail l'ennuie tant que ça, il serait peut-être temps qu'il songe à la retraite!
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  • Magali Bouchard - Abonné
    4 mars 2010 18 h 15
    Tommy
    Merci.
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  • Rene Arbour - Abonné
    8 mars 2010 14 h 17
    Tommy
    Bravo.
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  • Daniel Therien - Inscrit
    30 septembre 2010 12 h 15
    Je m'en fous de votre monde de compétition
    Je m'en fous éperdument de votre monde de compétition qui se reproduit à l'infini ad nauseam...De ce monde chiffré, (qui aura la meilleure note?) quel est l'écrivain qu fait le moins de fautes ( Mais qu'est-ce qu'ils ont à penser ces écrivains pour se plier à un jeu si ridicule et si niais?) de ce monde oû tout semble diriger vers la recherche de publicité et de sensationalisme (L'ARTICLE pour le journaliste, le COMMENTAIRE DÉVOILÉ de l'écrivain génial etc.....)
    Et tout s'entremêle:
    Vos devoirs qui me rendent malades, vos obligations de succès, vos concours d'entrée (que j'ai du subir moi même étant jeune et à Jean de Brébeuf et au Collège Stanislas D'Outremont, encore chanceux que je ne sois allé à Notre Dame j'y aurais probablement été abusé sexuellement)

    Ce n'est pas là (dans vos écoles) que j'ai découvert mon métier horrible d'écrivain, mon non-choix, ma révolte, ma solitude inhérente à ce métier....mes rares minutes de plaisir
    Ce n'est pas là que j'ai découvert tout ce qui détruit la plume et l'empêche de s'envoler....
    Pendant ce temps qui découvre le talent de chaque écolier? quel système favorise l'éclosion des dons naturels chez les étudiants? Qui pense à cela? Qui pourrait solutionner tout cela?

    Ce sont là des questions bien plus importantes, des matières à réflexion bien plus vitales que vos tests pour savoir si les écrivains peuvent relever un défi (biaisé)....
    Comme disait Brecht et cela est encore plus flagrant ici et pour celui qui propose et pour l'écrivain qui accepte le jeu : TOUT N'EST QUE VANITÉ
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