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    Quartier des spectacles - Le projet de reconversion du Wilder est écarté

    Sans affirmer qu’elle développera elle-même l’édifice, la Société immobilière du Québec travaille à «des projets» pour le Wilder, qu’elle pourrait annoncer d’ici la fin de l’année.
    Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Sans affirmer qu’elle développera elle-même l’édifice, la Société immobilière du Québec travaille à «des projets» pour le Wilder, qu’elle pourrait annoncer d’ici la fin de l’année.
    La Société immobilière du Québec rejette la proposition de reconversion culturelle de l'édifice Wilder défendue par Culture Montréal. La décision surprend l'organisme, qui estime avoir conçu avec ses partenaires un projet immobilier emblématique pour le Quartier des spectacles.

    L'édifice Wilder au centre-ville de Montréal, le dernier vacant de l'îlot Balmoral, à côté de la place des Festivals, ne connaîtra pas le développement mixte (commercial et culturel) que lui réservait un groupe représenté par Culture Montréal (CM). Le Devoir a appris que la Société immobilière du Québec (SIQ), propriétaire du bâtiment, a rejeté le projet.

    «C'est une proposition qui comportait plusieurs paramètres que la SIQ, comme organisme gouvernemental, ne pouvait absolument pas accepter», a confirmé au Devoir Pierre-Louis Dufresne, directeur des communications de la SIQ, le bras immobilier du gouvernement. C'était plus un projet privé qu'un projet de Culture Montréal.» M. Dufresne a refusé d'en dire davantage sur lesdits paramètres.

    En 2008, CM a joint sa voix à celle d'Héritage Montréal (HM) pour sauver l'édifice de la démolition et lui redonner sa vocation culturelle. CM a ensuite joué un rôle de catalyseur dans le projet, réunissant des professionnels et des investisseurs, notamment le promoteur Georges Coulombe et la firme d'architectes Daoust-Lestage, et d'éventuels occupants, tous culturels.

    L'édifice aurait été cédé par bail emphytéotique pour qu'y soient logés à la fois des bureaux administratifs gouvernementaux (ceux du ministère de la Culture) et culturels, des commerces, des galeries d'art, et qu'y soient réservés le quart des espaces à des organismes à but non lucratif. Des loyers à prix modique absorbés dans le montage financier auraient évité de refiler la facture au gouvernement.

    Étonnement

    Le rejet de la SIQ a étonné CM, qui a bâti ce projet avec ses partenaires «au vu et au su» de toutes les instances concernées, dans l'esprit de développement véhiculé au dernier sommet de Montréal en 2007 et au Partenariat du Quartier des spectacles.

    «On a bien entendu le message au moment du sommet: trouver des façons de faire du développement qui ne soit pas toujours 100 % gouvernemental, qui implique une participation du secteur privé montréalais, explique Simon Brault, président de Culture Montréal. Donc, on a cherché un modèle hybride, qui n'était pas celui de "Donnez-nous l'immeuble et tout l'argent pour le rénover".» La réponse de la SIQ lui semble ainsi envoyer «des messages plutôt contradictoires du gouvernement».

    «Pourquoi avoir laissé travailler des gens aussi longtemps pour ensuite leur dire non?», remarque le directeur des politiques d'Héritage Montréal, Dinu Bumbaru, également surpris par la décision de la SIQ. «Comment avoir de vrais partenariats entre les secteurs public, privé et associatif dans ces conditions?», demande-t-il.

    CM et HM se réjouissent à tout le moins d'avoir assuré la sauvegarde de l'édifice et de sa vocation culturelle.

    Sans affirmer qu'elle développera elle-même l'édifice, la SIQ travaille à «des projets» pour le Wilder, qu'elle pourrait annoncer «d'ici la fin de l'année», indique M. Dufresne. «C'est clair que le Wilder va avoir une vocation culturelle qui va être conforme aux orientations déjà établies par le gouvernement du Québec et la Ville de Montréal pour le Quartier des spectacles.»

    La SIQ a déjà cédé l'édifice Blumenthal à Spectra, pour y développer la Maison du Festival de jazz Rio Tinto, ainsi qu'une portion du terrain de l'actuelle place des Festivals à la Ville. Le Wilder abritait auparavant des studios artistiques, expulsés en 2003 pour faire place à un complexe culturel et administratif qui n'y a jamais vu le jour.












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