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    Lettre au premier ministre du Québec - 2030 sera-t-elle culturelle ?

    1 février 2010 | Stanley Péan - Écrivain et porte-parole du Mouvement pour les arts et les lettres | Actualités culturelles
    La Princesse Turandot, de Hugo Bélanger, un spectacle présenté actuellement au théâtre Denise-Pelletier. Porter son regard vers l’avenir, c’est comprendre que ce sont les créateurs qui rendent possible l’industrie culturelle.
    Photo: Marc-Antoine Duhaime La Princesse Turandot, de Hugo Bélanger, un spectacle présenté actuellement au théâtre Denise-Pelletier. Porter son regard vers l’avenir, c’est comprendre que ce sont les créateurs qui rendent possible l’industrie culturelle.
    Monsieur le premier ministre Jean Charest,
    Le 21 janvier dernier, vous preniez l'initiative de tenir un forum sur l'économie du Québec des vingt prochaines années. Dans cette période d'incertitude économique, il semble que vous ayez privilégié une posture consistant à maintenir un regard porté vers l'avenir.

    Voilà qui vous honore, car c'est bien l'attitude que nous attendons d'un premier ministre. Ainsi, les gestes faits aujourd'hui déterminent ce qu'il adviendra des décennies à venir. Le budget de 2010-2011, en particulier, en portera les germes.

    À l'heure des choix, ce budget nous dira notamment quels secteurs de l'économie votre gouvernement considère comme porteurs et sur lesquels il misera à long terme pour créer les emplois et la croissance économique de l'avenir. À cet égard, il nous renseignera en particulier sur vos convictions envers le secteur culturel.

    La culture, bien sûr, ne se limite pas à sa seule dimension économique. Elle est infiniment plus que cela. Elle nous définit, ce qui exige déjà un appui irréductible de l'État, tout particulièrement ici, au Québec, foyer principal de la culture francophone en Amérique du Nord.

    Elle est aussi une sphère d'activité économique importante et promet de l'être encore plus à l'avenir. Le secteur des biens et des services culturels ne cesse de prendre de l'ampleur partout dans le monde. Quelle place le Québec voudra-t-il occuper dans ce grand mouvement? En ces moments de réflexion et de décision, la question se pose. Mieux que tout discours sur l'avenir lointain, les décisions fourniront une réponse véritable à cette question.

    Porter son regard vers l'avenir, c'est aussi comprendre que ce sont les créateurs qui rendent possible l'industrie culturelle. Les oeuvres naissent invariablement dans l'esprit d'un créateur, fût-il écrivain, auteur, compositeur, dramaturge, peintre, sculpteur, chorégraphe, metteur en scène, illustrateur ou artisan, dont l'essentiel du travail est d'alimenter nos âmes, nos coeurs et nos esprits en oeuvres originales qui émeuvent, font réfléchir et forgent nos valeurs. Ensemble, ces travailleurs constituent le coeur créatif du secteur culturel; ils irriguent le tout; sans eux, c'est l'assèchement.

    L'un des indicateurs de base pour mesurer la conviction à long terme de votre gouvernement envers le secteur culturel est certainement le niveau de ressources dont disposera le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ). Les ressources du Conseil sont de première ligne dans l'émergence et le développement des artistes de talent et la création des oeuvres originales qui constitueront la source de l'industrie culturelle de demain. Une conviction forte de votre gouvernement envers la culture comme secteur d'avenir doit prendre la forme d'une vision budgétaire garantissant à long terme au CALQ des ressources suffisantes pour avoir un impact réel positif sur l'activité culturelle.

    Un exemple. Récemment, le chef du Parti libéral du Canada, M. Michael Ignatieff, s'est engagé à augmenter le budget du Conseil des arts du Canada. Vous me direz qu'il n'est pas premier ministre et que cela fait toute la différence. Je suis plutôt enclin à penser qu'il y a là une conviction forte envers les créateurs et ce qu'ils peuvent apporter, notamment à l'économie. Nous vous enjoignons, Monsieur le premier ministre, de faire preuve d'autant de conviction envers le coeur créatif du Québec. Si le prochain budget se veut un acte de vision à long terme, 2030 sera-t-elle culturelle selon vous?

    Une dernière note: je n'ai pas insisté sur le fait que ce coeur créatif compte parmi les groupes de travailleurs (généralement autonomes) les plus précaires au Québec et que la crise actuelle aggrave encore leur situation, mais je crois que vous reconnaissez volontiers cette précarité — qui confine parfois à l'indigence —, car beaucoup a été dit à ce sujet.

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    Stanley Péan - Écrivain et porte-parole du Mouvement pour les arts et les lettres
     
     
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