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Rapport des «signataires» à la ministre de la Culture - Les détracteurs du MACM réclament des changements majeurs

Isabelle Paré   18 décembre 2009  Actualités culturelles
Malgré l'arrivée applaudie d'une nouvelle conservatrice en chef aguerrie, les chefs de file du mouvement de fronde contre le Musée d'art contemporain de Montréal persistent, signent et réclament des changements de fond au sein du MACM.

Les instigateurs du mouvement de contestation né l'été dernier contre le Musée d'art contemporain de Montréal (MACM) pressent la ministre de la Culture, Christine St-Pierre, de revoir rapidement la mission du musée de la rue Sainte-Catherine et la composition de son conseil d'administration.

Dans un rapport rédigé à l'issue d'une journée de réflexion qui avait réuni 175 personnes à la Société des arts technologiques (SAT), les chefs de file de ce mouvement de fronde dressent un portrait navrant du musée.

Malgré son budget annuel de 11 millions de dollars, qui en fait le plus important musée d'art moderne, contemporain et actuel au Canada, «le Musée ne jouit ni d'une visibilité, ni d'une réputation à la hauteur de son statut singulier et des investissements qui lui sont dévolus», dixit le rapport remis mercredi à la ministre St-Pierre et à la direction du MACM.

Décrit comme un musée «négligeable» dans le réseau de l'art contemporain, l'organisme souffre d'isolement, de manque de transparence et échoue à se brancher sur la réalité internationale, poursuit le rapport. Il peine même à se démarquer dans sa propre communauté, voire dans le tout nouveau Quartier des spectacles, lit-on.

Ces derniers se désolent en outre que des équipes de conservateurs travaillent «en autarcie, générant le complexe de la Tour d'ivoire qui caractérise depuis trop longtemps cette institution et qui lui nuit».

Les protestataires, qui avaient publiquement contesté en juillet dernier le processus ayant mené à la nomination de Paulette Gagnon à la direction générale, réclament donc un sérieux coup de barre, afin de pallier les problèmes de gouvernance et de leadership du Musée.

En plus de demander d'intégrer des artistes au conseil d'administration, les signataires suggèrent de mettre en place de nouveaux processus de nomination, d'adopter des mécanismes indépendants d'évaluation du MACM et de faire appel à des commissaires indépendants pour sa programmation.

En plus de revoir sa politique d'acquisition, trop guidée par une «approche esthétique», déconnectée des courants de l'art actuel, le MACM devra multiplier ses efforts d'éducation auprès du public en participant à divers événements fédérateurs.

Le rapport, signé notamment par l'historien de l'art Laurier Lacroix et la chercheuse Anne-Marie Ninacs, prend toutefois note du pas important franchi dans cette voie par le MACM avec l'embauche récente de Marie Fraser, à titre de conservatrice en chef. Louée par plusieurs experts du milieu pour son expertise et son dynamisme, cette dernière occupe ainsi le poste laissé vacant par Paulette Gagnon, nommée à la tête du musée.

La direction du Musée d'art contemporain de Montréal s'est gardée hier de réagir à ce rapport et a fait savoir, par la voix de son attachée de presse, qu'elle entendait l'analyser plus à fond avant de faire des commentaires.
 
 
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  • Igor - Inscrit
    18 décembre 2009 12 h 33
    Triste pissotière...
    De par sa situation géographique et son mandat, ce musée pourrait être un phare au milieu du Quartier des spectacles et de la ville. Toutes sortes d'activités en lien avec les événements pourraient y être organisées; de nombreux commanditaires pourraient même y être intéressés. Mais force est de constater qu'il n'y a aucune volonté.

    Oui, j'ai déjà entendu des membres de sa direction dire que le Festival de Jazz et autres événements "polluaient " son espace...

    À force de snober la plèbe, de refuser de travailler en collaboration avec les nombreux événements qui vivent sur son trottoir ou de saisir la moindre opportunité de visibilité, ce musée n'est devenu qu'une triste pissotière... car oui, même ceux qui n'y viennent que pour s'y soulager sont comptabilisés dans le rapport annuel en tant que visiteurs.

    Dire qu'il y aurait tant à faire...

    Vraiment triste.
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  • Marc Lydford - Abonné
    19 décembre 2009 11 h 28
    Assez.
    cher Igor,
    D'abbord, le MACM à présenté par le passé un programme de concerts (très peu fréquenté, malheureusement et donc abandonné) et continue de présenter un programme de films en lien avec le FIJM. Il participe aussi à la Nuit Blanche et y attire plusieurs milliers de visiteurs.
    Cependant, avez-vous songé que c'est peut-être la situation inverse qui prévaut? Peut-être les festivals de "la plèbe" ne s'intéressent pas au MACM autrement qu'en fond de scène?
    Les événements en arts visuels que le groupe spectra choisit de monter seuls, sans consulter le MACM, sont malheureusement d'un intérêt mineur et marginalisés au sein de leurs festivals.
    Finalement, contrairement à ce que vous croyez, les entrés non-payantes qui ne franchissent pas le seuil des salles d'exposition ne sont pas comptabilisés.
    La tristesse est dans le fait qu'on croit que le degré de succès d'un musée d'art soit dépendant de son implication dans les activités ponctuelles du groupe Spectra plutôt que de la qualité de sa programmation.
    Au plaisir de vous y voir.
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  • Igor - Inscrit
    20 décembre 2009 09 h 25
    Assez?... de quoi?
    Cher Marc,

    Si le programme de concerts a connu si peu de succès, est-il possible que sa programmation trop pointue ou ses installations dans la salle BWR ne convenaient tout simplement pas?
    Le MACM t-il monté des programmations particulières dans la hall durant le FJM ou la Nuit Blanche de façon à profiter des évenements de façon à attirer plus de visiteurs?
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  • Marc Lydford - Abonné
    21 décembre 2009 22 h 39
    MACM et les Festivals
    Igor,
    En effet, assez. Assez de cette idée qu'il faut à tout prix arrimer toutes les activités culturelles aux festivals.
    Lors de la dernière Nuit Blanche il semblerait que le MACM ait été un des sites les plus visités (plus de 10 000 visiteurs.) Voici ce qu'il y avait au programme en plus des expositions: http://www.macm.org/fr/presse/102.html
    Malgré cette implication auprès de la Nuit Blanche, si le MACM choisit de ne pas concevoir un programme d'animation de son hall pendant les festivals estivaux sachez qu'aux dernières nouvelles (et je vous invite humblement à me corriger si je me trompe), l'OSM, le TNM, le Théâtre Jean-Duceppe, la 5e Salle, la SAT, et j'en passe certainement, font de même.
    Seraient-ils eux aussi que de "tristes pissotières"?
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