Une voix authentique
Savoir que je n'entendrai plus jamais la voix de Pierre Falardeau, qui vient de rejoindre dans l'Histoire celles de Bourgault et Miron, m'est insupportable. Car je comprends que notre culture devient de plus en plus fragile.
En dehors des partis politiques, elles sont de moins en moins nombreuses les voix de la Résistance branchées sur le réel de notre peuple, de plus en plus éparses les voix libres et authentiques portant notre espérance. Certes, il y a bien des artistes et des écrivains pour défendre certaines causes à court et moyen terme. Mais se dresse encore dans les années 2000 ce hiatus historique entre notre peuple et ses élites.
Pierre Falardeau, comme Gérald Godin et Pauline Julien, comme Félix Leclerc et Pierre Perrault, était de ceux-là qui passaient le pont entre la culture dite savante et la culture dite populaire. La maturation de notre culture doit beaucoup à Pierre Falardeau, parce que cet homme, à la fois anthropologue et cinéaste, chroniqueur et pamphlétaire, militant politique de gauche et souverainiste convaincu, ne faisait aucune concession devant l'avenir possible du peuple québécois.
Un résistant
?ã l'annonce de sa mort, samedi dernier, il était triste de noter les réserves frileuses de nos femmes et de nos hommes politiques sur la manière qu'avait Falardeau d'exprimer la nécessité de l'indépendance du Québec. Pourtant, en assumant la liberté de parole d'un résistant et d'un patriote, Falardeau a toujours su s'adresser à ceux et celles que les élites nomment « le peuple ».
Pierre Falardeau n'est plus là, parmi nous. Mais les partis politiques qui prétendent nous mener vers l'indépendance et l'égalité sociale, se souviendront-ils de sa parole exemplaire? Voit-on venir quelqu'un qui, aujourd'hui pour demain, comme l'écrivait Gaston Miron, « élève une voix parmi des voix contraires »?
Jean Royer
Écrivain
En dehors des partis politiques, elles sont de moins en moins nombreuses les voix de la Résistance branchées sur le réel de notre peuple, de plus en plus éparses les voix libres et authentiques portant notre espérance. Certes, il y a bien des artistes et des écrivains pour défendre certaines causes à court et moyen terme. Mais se dresse encore dans les années 2000 ce hiatus historique entre notre peuple et ses élites.
Pierre Falardeau, comme Gérald Godin et Pauline Julien, comme Félix Leclerc et Pierre Perrault, était de ceux-là qui passaient le pont entre la culture dite savante et la culture dite populaire. La maturation de notre culture doit beaucoup à Pierre Falardeau, parce que cet homme, à la fois anthropologue et cinéaste, chroniqueur et pamphlétaire, militant politique de gauche et souverainiste convaincu, ne faisait aucune concession devant l'avenir possible du peuple québécois.
Un résistant
?ã l'annonce de sa mort, samedi dernier, il était triste de noter les réserves frileuses de nos femmes et de nos hommes politiques sur la manière qu'avait Falardeau d'exprimer la nécessité de l'indépendance du Québec. Pourtant, en assumant la liberté de parole d'un résistant et d'un patriote, Falardeau a toujours su s'adresser à ceux et celles que les élites nomment « le peuple ».
Pierre Falardeau n'est plus là, parmi nous. Mais les partis politiques qui prétendent nous mener vers l'indépendance et l'égalité sociale, se souviendront-ils de sa parole exemplaire? Voit-on venir quelqu'un qui, aujourd'hui pour demain, comme l'écrivait Gaston Miron, « élève une voix parmi des voix contraires »?
Jean Royer
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