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Juste pour rire met un terme à son festival de Nantes

Fabien Deglise   17 novembre 2009  Actualités culturelles
Un trou d'un demi-million et une disparition. Le groupe Juste pour rire a décidé de mettre la hache dans son populaire Festival de l'humour qu'il tenait depuis quatre ans dans la ville de Nantes, en France.

La bouture française du célèbre festival montréalais y a accumulé un déficit d'environ 500 000 $ depuis sa création et, faute d'une aide financière suffisante de la municipalité, l'événement «ne pouvait plus survivre», ont résumé hier les organisateurs, qui songent à relancer le tout sous un autre nom, a appris Le Devoir, dans une autre ville de la France: Lyon.

Sans tambour ni trompette, Juste pour rire a mis la clef dans la porte de son festival nantais, hier après-midi, en annonçant son divorce avec la ville ainsi qu'avec la Cité du congrès, coproducteurs de l'événement. «C'est un départ dans la tristesse, mais c'est un départ obligé», a indiqué hier Bruno Baron, directeur général du festival Juste pour rire de Nantes, joint au téléphone à Paris. «Le festival était sous-financé et, dans ce contexte, il ne pouvait pas continuer à vivre.»

La rencontre annuelle d'humoristes a depuis quatre ans accumulé un déficit d'un demi-million de dollars. Or les subventions accordées par la Ville «ont été divisées par trois depuis le début [pour s'établir à 125 000$ environ pour l'édition 2009], dit M. Baron pour justifier la décision.

L'événement nantais a connu pourtant depuis 2005 un succès croissant. L'an dernier, près de 60 000 personnes y ont convergé pour huit jours d'activités animées par 150 artistes, dont plusieurs comiques du Québec, qui ont livré plus de 1000 spectacles.

En se débarrassant de Nantes, Juste pour rire ne met toutefois pas au rancart son projet d'expansion sur le territoire français. La clôture définitive de cette messe du rire intervient en effet au moment où le bureau parisien de Juste pour rire va annoncer l'ouverture d'un nouveau festival en France dans la deuxième ville du pays, Lyon.

La première mouture est prévue au printemps 2010. «Il reste encore des détails budgétaires à ficeler, a reconnu M. Baron. Mais l'annonce est imminente. C'est une question de jours.»

Par ailleurs, en septembre dernier, la multinationale de l'humour a posé timidement les bases d'un premier festival parisien, à l'image de son festival montréalais, avec gala, spectacles en salles et une poignée d'animations de rue. L'événement a confirmé les ambitions mondialisantes du groupe, qui a transplanté aussi son concept à Toronto et à Chicago. Pour le moment.

Il n'a pas été possible de parler aux représentants de la Ville de Nantes hier. Toutefois, par voie de communiqué, le maire, Jean-Marc Ayrault, a dit regretter cette décision, tout en reconnaissant que le déséquilibre budgétaire aurait forcé pour 2010 «à réduire et à dénaturer la qualité de la manifestation» ou encore à faire appel «à une aide publique beaucoup plus importante», ce que Nantes a refusé de faire.
 
 
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