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    Diffusion des arts de la scène et municipalités - Villes et culture doivent se rapprocher

    19 octobre 2009 |Jean-Pierre Leduc - Diffuseur et président du conseil d'administration de RIDEAU (Réseau indépendant des diffuseurs d'événements artistiques unis) | Actualités culturelles
    La mission des diffuseurs pluridisciplinaires en arts de la scène est de présenter, sur l'ensemble du territoire québécois, des spectacles diversifiés et de qualité. Concrètement, cela veut dire offrir à la population du Québec des spectacles de toutes les disciplines des arts de la scène, soit le théâtre, la danse, la musique, la chanson, l'humour et les spectacles de variétés, et ce, dans une salle de spectacle qui assure des représentations de qualité professionnelle.

    L'actuelle structure de financement de la diffusion pluridisciplinaire ne permet tout simplement plus de remplir ce mandat, et c'est ce que démontre une récente étude sur les coûts de la diffusion, effectuée auprès des 112 diffuseurs pluridisciplinaires membres de RIDEAU, leur association nationale.

    Ces 112 diffuseurs oeuvrent dans près de 250 salles de spectacle réparties dans les 17 régions administratives du Québec. Ensemble, ils rejoignent 3,4 millions de spectateurs par année.

    Aide publique

    Une des conclusions de l'étude sur les coûts de la diffusion dévoilée récemment par RIDEAU identifiait les municipalités comme principaux partenaires financiers des organismes de diffusion. En effet, pour l'ensemble de la population étudiée, le palier municipal est celui qui injecte le plus d'argent dans la diffusion, soit 19 millions de dollars en 2008, et ce, sans compter les 7 millions en services et exemptions. Le gouvernement provincial suit avec une contribution de 6,7 M$, et le gouvernement fédéral contribue pour sa part à hauteur de 2,6 M$. Voilà donc un portrait d'ensemble de la structure de l'aide publique consacrée à la présentation de spectacles devant un public, ce qu'on appelle « la diffusion des arts de la scène ».

    Il demeure toutefois de première importance de nuancer cette conclusion et de l'examiner sous un angle local et régional. Le fait que le palier municipal soit le principal partenaire financier de la diffusion au Québec est une conclusion éclairante quant au financement de la diffusion au Québec, et je le répète, dans son ensemble. Mais ne prendre en compte que cette donnée cacherait une réalité criante pour plusieurs organismes de diffusion qui ne reçoivent aucun soutien de leur instance municipale. Et pourtant.

    Retombées

    On ne doute plus aujourd'hui que la présence d'une salle de spectacle dans une municipalité contribue largement à son attrait, qu'elle constitue un outil de revitalisation urbaine, qu'elle favorise le développement d'une activité commerciale et que, dans bien des cas, elle encourage localement le développement de la pratique artistique. En somme, son action a des répercussions positives et importantes sur la qualité de vie des citoyens. Ce n'est pas parce que tous les citoyens d'une municipalité ne fréquentent pas la salle de spectacle qu'elle ne génère pas des retombées économiques, culturelles et sociales significatives pour l'ensemble des citoyens.

    Cette nuance n'est pas banale, car le territoire québécois est caractérisé par des réalités fort différentes, qui teintent le portrait de l'activité culturelle et donc celui des organismes qui assurent la diffusion de spectacle. Selon qu'ils sont pourvus ou non d'équipements adéquats, selon leur situation géographique, leur environnement économique ou leur statut auprès des subventionnaires, les enjeux des organismes de diffusion diffèrent.

    Rapprochement

    De plus, le secteur de la diffusion ne dispose pas de ratio, comme celui des bibliothèques municipales par exemple, afin de guider les élus municipaux dans la part de financement à accorder aux organismes de diffusion; l'apport financier du palier municipal dans la diffusion des arts de la scène est donc laissé au bon vouloir des élus.

    Malgré la bonne performance du secteur municipal en matière d'investissement en diffusion quand on regarde l'ensemble du Québec, un bon nombre de municipalités n'y contribuent que très peu, voire aucunement. Ainsi trouve-t-on dans certaines régions un nombre élevé d'organismes qui s'appuient uniquement sur le bénévolat. L'accès au spectacle y est donc tributaire de la seule volonté de quelques personnes qui tiennent l'opération à bout de bras.

    Afin de rectifier une situation qui se perpétue dans certains endroits, il faudrait qu'un rapprochement s'opère rapidement. Ce rapprochement commence d'abord par la reconnaissance de l'apport du diffuseur à la vitalité de sa communauté. De nombreuses municipalités du Québec contribuent à cette reconnaissance. Ne reste qu'à souhaiter que l'importance de la présence des arts de la scène sur l'ensemble du territoire québécois suscite une réflexion dans les instances de dialogue offertes aux élus municipaux.
     
     
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