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Montréal - Vuillard et Sullivan au Musée des beaux-arts de Montréal

Une rétrospective majeure de l'oeuvre du postimpressionniste Édouard Vuillard et une autre consacrée au travail de Françoise Sullivan feront les beaux jours de l'été du musée de la rue Sherbrooke.

Du 15 mai au 24 août, le musée montréalais accueillera la plus importante exposition consacrée au peintre Édouard Vuillard (1868-1940) depuis 1938. Avec plus de 400 oeuvres, la rétrospective retrace toute sa vie, des premiers dessins de 1987 aux derniers tableaux de 1938. «C'est un artiste très connu sur le marché et par les historiens de l'art, mais peut-être moins par le grand public», croit Guy Cogeval, directeur du musée et spécialiste de Vuillard. L'artiste postimpressionniste est de la génération de Seurat et de Gauguin.

Sa période la plus flamboyante est celle des années 1890, où triomphent le postimpressionniste et le symbolisme. À cette époque, Vuillard est très proche des mouvements littéraires et de Mallarmé. Il est un des artistes qui travaillent pour la grande revue de l'époque, la Revue blanche à Paris, et il devient l'ami de tous les personnages qui incarnent l'avant-garde dans les années 1890.

Guy Cogeval constate que l'artiste évolue beaucoup tout au long de sa carrière: «On dirait presque qu'il a plusieurs vies, car dans sa jeunesse il fait des oeuvres extrêmement audacieuses avec des couleurs stridentes, très recomposées ou synthétiques et au contraire, vers la fin de sa vie, il fait plutôt des portraits mondains qui conservent un grand intérêt, une grande séduction par la technique très personnelle qu'il utilise.» Cette technique, c'est la peinture à la colle, généralement utilisée pour les décors de théâtre. Vuillard est le premier à l'utiliser pour la peinture de chevalet.

Pour l'occasion, l'ensemble Les Jardins publics (1894), considéré comme l'un des chefs-d'oeuvre du postimpressionnisme, a été réuni dans sa presque totalité. On y verra également de nombreux dessins inédits, des documents d'archives, des lettres et, présentées pour la première fois, une centaine de photographies de sa famille et de ses amis.

Françoise Sullivan

Françoise Sullivan est une artiste montréalaise qui créé depuis six décennies. Toujours active, elle suit une trajectoire exemplaire de l'histoire de l'art au Québec, excellant dans diverses disciplines: danse et chorégraphie, sculpture, performance et art conceptuels, collage, techniques mixtes et peinture. À travers tous ces filons, il y a toutefois une cohérence que le musée veut montrer. La dernière rétrospective consacrée à son art, celle du Musée d'art contemporain, remonte à 1981.

L'exposition est organisée sur le mode chronologique. Les premières peintures datent de 1943, alors que Mme Sullivan fréquentait le groupe automatiste de Paul-Émile Borduas. Ensuite, elle passe à la danse avec Danse dans la neige, exécutée en 1947. «Elle avait prévu un cycle de danses sur les saisons et elle les dansait en plein air», précise Stéphane Aquin, conservateur de l'art contemporain du musée. Les seules traces qui restent de cette oeuvre sont les photographies de Maurice Perron. Le musée possède aussi un document d'une reprise de sa plus formidable chorégraphie, Dédales.

Dans la deuxième salle, on passe de l'objet au projet avec les sculptures des années 1960 et les performances documentées photographiquement dans la décennie suivante. En 1970, elle a fait une pièce qui s'intitule Promenade entre le Musée d'art contemporain et le Musée des beaux-arts, où elle se promène et photographie les lieux dans sa marche, «une forme de danse lente», selon le conservateur et co-auteur du catalogue de l'exposition.

Tondos

La troisième salle est réservée aux tondos, un cycle de peintures assez connues entrepris au milieu des années 1980, alors qu'elle était en Grèce. «Elle s'intéresse à l'Antiquité, aux figures mythologiques — toujours la même poétique des sources archaïques.» Viennent ensuite les premiers monochromes au milieu des années 1990 où elle «renégocie les paramètres de la peinture abstraite classique». On y trouve des triptyques, quadriptyques, des formats carrés ou rectangulaires et des couleurs élémentaires.

La grande salle basse est occupée par un cycle de six grands diptyques monochromes réalisés en 2001. «Parmi les automatistes, tous n'ont pas eu le même bonheur dans la durée, tous n'ont pas su se renouveler avec autant de bonheur qu'elle.» Aujourd'hui, son art est «très vibrant, présent, serein et invite à la méditation». L'exposition se tient du 19 juin au 5 octobre.
 
 
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