Spectacle - Un homme et ses péchés
Des trois Mecs comiques, Alex Perron semblait le moins probable à créer un spectacle solo et espérer joindre la cour des grands, sur les traces des Huard, Houde et Matte. Non pas parce que Perron a moins de talent que ses ex-confrères, Louis Morissette et Jean-François Baril. Loin de là. Mais parce que son créneau, le « fif », semblait réducteur et difficile à exploiter auprès du grand public.
Or, avec Un gars c't'un gars, l'humoriste prouve qu'on n'est jamais aussi universel que lorsque l'on parle de soi avec franchise et générosité. Malgré quelques faiblesses et maladresses, Perron n'a pas à rougir de son one-man-show.
Le spectacle s'ouvre avec Réal Cayouette, le chef créditiste qui, en 1968, s'oppose à la légalisation de l'homosexualité au moyen d'arguments plutôt absurdes. Le ton est donné: la soirée se déroulera sur le mode de la dérision ou de l'autodérision, avec comme leitmotiv l'évolution des moeurs québécoises.
Dans une mise en scène soignée de Chantal Lamarre, sous la direction artistique attentionnée de Pierre Bernard, Alex Perron joue un personnage proche de lui: celui d'un gai du « 450 », plein d'esprit et de répartie, assumant son côté féminin, un brin névrosé et politiquement incorrect! Pendant deux heures, le comique défile les numéros sur des thèmes de son cru: l'obsession de l'hygiène, la malbouffe, la nostalgie des années 1980, son côté control freak, la gestion de la colère grâce au lobe frontal (sketch fort réussi!). Bien sûr, il parle d'homosexualité et de son coming out à sa mère. Un numéro touchant. Alex Perron souligne avec finesse comment les animatrices, de Janette Bertand à Claire Lamarche, ont fait davantage pour les gais au Québec que les lois et les chartes...
Écrits par Perron et six collaborateurs (dont François Camirand, René Brisebois et Martin Petit), les textes contiennent des perles d'humour et de sarcasme. Mais il manque un fil conducteur. Les transitions entre les tableaux ne sont pas toujours heureuses. L'utilisation sporadique de la vidéo aurait pu être mieux intégrée.
Au final, Alex Perron personnifie Ginger Poitras, une chanteuse de club (croisement entre Michèle Richard et Tina Turner!) qui donnera une prestation hallucinante! Un sketch déjanté, curieusement placé à la fin, qui démontre l'abandon de Perron dans le jeu. Dommage qu'on n'ait pas davantage misé sur la diversité du jeu du comédien pour surprendre le public.
D'ici là, on suivra la carrière de cet humoriste de talent qui débarque dans la cour des grands. Peu importe qu'ils soient gais ou hétéros.
***
Collaborateur du Devoir
***
UN GARS C'T'UN GARS
De et avec Alex Perron.
Le 9 octobre au théâtre Saint-Denis 2 à Montréal; le 10 octobre à la salle André-Mathieu à Laval.
En tournée au Québec jusqu'en février 2010.
Or, avec Un gars c't'un gars, l'humoriste prouve qu'on n'est jamais aussi universel que lorsque l'on parle de soi avec franchise et générosité. Malgré quelques faiblesses et maladresses, Perron n'a pas à rougir de son one-man-show.
Le spectacle s'ouvre avec Réal Cayouette, le chef créditiste qui, en 1968, s'oppose à la légalisation de l'homosexualité au moyen d'arguments plutôt absurdes. Le ton est donné: la soirée se déroulera sur le mode de la dérision ou de l'autodérision, avec comme leitmotiv l'évolution des moeurs québécoises.
Dans une mise en scène soignée de Chantal Lamarre, sous la direction artistique attentionnée de Pierre Bernard, Alex Perron joue un personnage proche de lui: celui d'un gai du « 450 », plein d'esprit et de répartie, assumant son côté féminin, un brin névrosé et politiquement incorrect! Pendant deux heures, le comique défile les numéros sur des thèmes de son cru: l'obsession de l'hygiène, la malbouffe, la nostalgie des années 1980, son côté control freak, la gestion de la colère grâce au lobe frontal (sketch fort réussi!). Bien sûr, il parle d'homosexualité et de son coming out à sa mère. Un numéro touchant. Alex Perron souligne avec finesse comment les animatrices, de Janette Bertand à Claire Lamarche, ont fait davantage pour les gais au Québec que les lois et les chartes...
Écrits par Perron et six collaborateurs (dont François Camirand, René Brisebois et Martin Petit), les textes contiennent des perles d'humour et de sarcasme. Mais il manque un fil conducteur. Les transitions entre les tableaux ne sont pas toujours heureuses. L'utilisation sporadique de la vidéo aurait pu être mieux intégrée.
Au final, Alex Perron personnifie Ginger Poitras, une chanteuse de club (croisement entre Michèle Richard et Tina Turner!) qui donnera une prestation hallucinante! Un sketch déjanté, curieusement placé à la fin, qui démontre l'abandon de Perron dans le jeu. Dommage qu'on n'ait pas davantage misé sur la diversité du jeu du comédien pour surprendre le public.
D'ici là, on suivra la carrière de cet humoriste de talent qui débarque dans la cour des grands. Peu importe qu'ils soient gais ou hétéros.
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Collaborateur du Devoir
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UN GARS C'T'UN GARS
De et avec Alex Perron.
Le 9 octobre au théâtre Saint-Denis 2 à Montréal; le 10 octobre à la salle André-Mathieu à Laval.
En tournée au Québec jusqu'en février 2010.
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