Lettres - Nelly, Nelligan
Elle n'aurait pas dû. On devrait accepter de survivre et vieillir, toute honte bue. Assumer, puis donner pour le temps qui reste le meilleur ou ce que l'on peut de soi. Mais qui est-on pour juger de ce qui ne doit pas se faire? Depuis si longtemps le vide, la souffrance, incontrôlable, insoutenable. Quand même, de ce marasme, naissait une oeuvre forte, sur quoi s'appuyer, quand tant de gens en détresse n'ont aucune bouée où s'accrocher.
Robert Desvignes
Le 27 septembre 2009
Beaucoup souffrent de blessures profondes, de mélancolie indicible, de cette solitude qui se répand comme fond de vase sous les factices plateformes des communications et relations électronisées. Pourtant, ils, elles, nous endurons, menons nos chemins d'êtres humains milliardaires, notre petite fiole d'espoir cachée dans une poche secrète.
Nelligan ne fit pas un tel geste, lui qui disparut au double de l'âge de Nelly, après 52 ans d'internement. Il écrivait encore, mais ne créait plus une oeuvre véritable, dit-on. Arthur (Rimbaud) non plus, qui largua sa poésie la vingtaine sonnée, allant distraire son ennui à travers le monde et même dans le monde des armes, de Java à l'Égypte, pour revenir mourir en grande souffrance à Marseille, d'un cancer, à 37 ans, un an plus vieux qu'Arcan.
Finalement, dans tout cela, y a d'la vie en sacrament, comme dirait Pierre, notre autre grand disparu et fier ennemi de l'autre (Pierre). Malgré son inéluctable fin, cette cruelle merveille, veille vie vieille, réserve de bonnes surprises en cours de route. Alors s'il vous plaît, avant de cesser d'agir, il est encore temps de parler, de gueuler, sinon de prier.
Robert Desvignes
Le 27 septembre 2009
Beaucoup souffrent de blessures profondes, de mélancolie indicible, de cette solitude qui se répand comme fond de vase sous les factices plateformes des communications et relations électronisées. Pourtant, ils, elles, nous endurons, menons nos chemins d'êtres humains milliardaires, notre petite fiole d'espoir cachée dans une poche secrète.
Nelligan ne fit pas un tel geste, lui qui disparut au double de l'âge de Nelly, après 52 ans d'internement. Il écrivait encore, mais ne créait plus une oeuvre véritable, dit-on. Arthur (Rimbaud) non plus, qui largua sa poésie la vingtaine sonnée, allant distraire son ennui à travers le monde et même dans le monde des armes, de Java à l'Égypte, pour revenir mourir en grande souffrance à Marseille, d'un cancer, à 37 ans, un an plus vieux qu'Arcan.
Finalement, dans tout cela, y a d'la vie en sacrament, comme dirait Pierre, notre autre grand disparu et fier ennemi de l'autre (Pierre). Malgré son inéluctable fin, cette cruelle merveille, veille vie vieille, réserve de bonnes surprises en cours de route. Alors s'il vous plaît, avant de cesser d'agir, il est encore temps de parler, de gueuler, sinon de prier.
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