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Près de la moitié des diffuseurs de spectacles sont en déficit

Les gouvernements touchent deux fois plus en taxes que ce qu'ils versent en subventions

Isabelle Paré   22 septembre 2009  Actualités culturelles
Les spectacles de danse affichent des déficits abyssaux de plus de 26 000 $ par représentation, détaille l’étude.
Photo : Agence Reuters
Les spectacles de danse affichent des déficits abyssaux de plus de 26 000 $ par représentation, détaille l’étude.
Les gouvernements récoltent deux fois plus en taxes que ce qu'ils versent en subventions aux diffuseurs de spectacles, révèle une étude du RIDEAU, un regroupement de diffuseurs québécois dont 40 % des membres ont affiché un déficit l'an dernier.

La première étude d'envergure réalisée au Québec sur les coûts de la diffusion des arts de la scène pose un diagnostic sans équivoque: le faible soutien de l'État place de plus en plus de diffuseurs dans une situation périlleuse. Les risques financiers liés à la présentation de certaines disciplines poussent inexorablement les salles de spectacles à se rabattre sur l'humour ou la chanson, les disciplines les plus profitables à l'heure actuelle.

Le constat est clair. Sans aide de l'État, toutes les représentations sont déficitaires, mais à des degrés divers. Avec le soutien étatique — qui représente en moyenne le tiers des dépenses de 110 diffuseurs de 17 régions —, seuls l'humour et les variétés permettent de renflouer les caisses, avec des surplus moyens de 10 100 $ et de 2138 $ par soir. Les spectacles de danse affichent pour leur part des déficits abyssaux de plus de 26 000 $ par représentation, et de 3470 $ pour la musique, détaille l'étude.

Or, la Politique de diffusion du spectacle des arts de la scène du gouvernement du Québec oblige les diffuseurs subventionnés à mettre à leur programme au moins trois des quatre disciplines que sont la danse, la musique, la chanson et le théâtre. Dans le contexte actuel, l'exercice relève de la contorsion, estiment les diffuseurs. «C'est clair que toutes les disciplines ne sont pas rentables. Je suis financé à 8 % par le gouvernement, mais je dois présenter trois des quatre disciplines. À la base, c'est très bien pour les spectateurs, mais on n'a pas les moyens de nos ambitions», a commenté hier Gilles Dessureault, directeur général du Centre culturel de Joliette.

Récemment, le centre culturel lanaudois a réussi à rentrer dans ses frais grâce à des succès comme la comédie musicale L'Homme de la Mancha. Mais il devient de plus en plus difficile de proposer une offre variée sans risquer les problèmes financiers, ajoute M. Dessureault.

Tout compte fait, l'étude montre que les activités de diffusion génèrent des retombées de 130 millions au Québec, ce qui rapporte 24 millions en taxes aux deux principaux ordres de gouvernement. Or l'aide totale reçue de Québec et d'Ottawa par les diffuseurs ne dépasse pas 9,3 millions, faisant mentir le cliché voulant que ces derniers soient grassement subventionnés.

«L'activité des diffuseurs entraîne des retombées du double de ce qu'ils reçoivent. Il y a lieu de revoir les investissements de l'État», a plaidé hier Jean-Pierre Leduc, président du RIDEAU, un regroupement qui espère utiliser ces données pour plaider sa cause auprès du ministère de la Culture.

L'aide publique totale versée aux diffuseurs au Québec atteint 54 millions par année, dont 19 émanent du palier municipal. Mais ce total chute à 30 millions si l'on exclut les budgets énormes alloués aux deux sociétés d'État que sont la Place des Arts et le Grand Théâtre de Québec.
 
 
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