Nord-Sud (à pieds!) - Du Nunavuk au Tchad
La soirée de toutes les cultures!
En investissant la planète, la musique a pris mille formes, voyageant au gré des humeurs de ses créateurs, qui ont semé ça et là les graines de leur génie. De ces délicates hybridations sont nées les plus belles musiques du globe. Avec son concert Nord-Sud (à pieds!), le Festival des musiques et du monde propose une balade d'un hémisphère à l'autre du continent, glanant au passage quelques-unes des plus belles sonorités qui ont fleuri en ces lieux.
Du Nunavik au Tchad, en passant par le Québec, l'Acadie, Cuba et l'Argentine, le programme concocté par les artisans de Musique Multi-Montréal (MMM) pour la soirée Nord-Sud (à pieds!) a de quoi dépayser même les routards les plus endurcis. Aux antipodes de la rigidité des concerts thématiques basés sur les origines ethniques, cette soirée est née exclusivement des affinités musicales que partageaient déjà les musiciens invités. Des fraternités qui s'avèrent parfois surprenantes, mais qui sont néanmoins propices à tisser des liens solides entre les différents groupes que la directrice de MMM, la musicienne Liette Gauthier, a eu la bonne idée de rapprocher.
Pour accompagner le public dans cet improbable périple, on a fait appel au conteur, harmoniciste et podorythmiste québécois Alain Lamontagne. Chaussant ses bottes de sept lieux, c'est à lui qu'il reviendra de conduire les spectateurs à bon port. La langue vive et les pieds alertes, il fera ainsi le pont entre les différentes cultures, jouant les ambassadeurs de la diversité. «Ce que je trouve de bien, même de très bien dans cette soirée, c'est que ce sera une soirée très éclectique puisqu'on partira du Nunavik pour se rendre jusqu'au Tchad», explique le principal intéressé qui n'a pas hésité bien longtemps avant d'accepter de relever le défi que lui a lancé MMM.
Il faut dire que le réputé conteur n'en est pas à sa première expérience avec l'organisme, pour lequel il a déjà été animateur à quelques reprises. D'autant plus que, s'il est avant tout soliste de carrière, l'idée d'investir la scène à plusieurs lui paraît toujours aussi séduisante, lui qui a déjà partagé les planches et les mots de plusieurs de nos grands artistes, parmi lesquels figurent Gilles Vigneault, Michel Donato, Bori, La Bottine souriante ou Plume Latraverse. «Je suis très heureux comme soliste, mais quand j'ai la chance de partager la scène avec d'autres, cela devient très motivant, confie Alain Lamontagne. Ce sont des rencontres humaines, mais aussi musicales, qui peuvent être très surprenantes.»
Musiques métissées
Fervent amateur des cabarets de music-hall, Alain Lamontagne voit dans le travail de création que propose la soirée Nord-Sud (à pieds!) une belle occasion de faire revivre cette folle épopée, avec lui à la barre de ce fabuleux voyage. «Je ne me vois pas vraiment comme le chef d'orchestre, je dirais plutôt que je suis le maître de cérémonie», précise-t-il, déjà gagné par les possibilités infinies qu'un tel rôle peut lui offrir.
Mais ce qu'il espère par-dessus tout, c'est que cette soirée donne lieu à de véritables échanges. Il n'exclut d'ailleurs pas qu'il puisse parfois joindre sa voix et ses rythmes à ceux des autres artistes, le temps d'une rencontre. C'est qu'avec Nord-Sud (à pieds!), les musiciens comptent non seulement échanger, mais aussi créer un métissage qui irait au-delà de la simple accessibilité à la musique, cela dans le but — avoué! — d'en inventer de nouvelles. «L'idée, c'est de faire le lien entre la musique traditionnelle contemporaine du Québec jusqu'à Cuba en passant par l'Argentine, en s'en allant vers le Nunavik, pour après s'en aller aux violons celtiques et finir avec les chants du Tchad», résume bien succinctement Alain Lamontagne.
Itinéraire ambitieux
C'est que l'itinéraire de Nord-Sud (à pieds!) est en fait résolument ambitieux sans pour autant être casse-cou, puisque que les artistes que Liette Gauthier a invités sont tous des musiciens d'exception. Un beau melting pot qui comprend son inévitable lot de surprises et d'inédits. Au programme: un ensemble traditionnel québécois, La Corde de bois, reconnu pour ses chansons du terroir revisitées avec élégance et imagination, Los Corales, un duo cubain de cantos guajiros, ces chansons paysannes nées à la fin du XIXe siècle à Santiago, et le guitariste soliste du groupe Intakto, Pascal Bujold, qui aime à croiser allègrement son folklore argentin aux déchirantes complaintes gaspésiennes.
La soirée comprend également Lydia Etok et Nina Segalowitz, qui perpétuent la tradition de la joute musicale, toujours bien vivante au Nunavik. Leurs chants de gorge, une performance qui prend des airs de compétition, culminant, comme le veut la tradition, par de grands éclats de rire, toujours contagieux. Aussi au rendez-vous, Laura Risk et Sandy Silva, qui jumellent audacieusement violon celtique et danse percussive, puisant leur inspiration dans les vastes répertoires québécois et écossais. Pour clore la soirée, deux familles, les Rimtobaye et les Ledjebgue du groupe H'Sao, réinventeront le choeur avec leurs chants a capella originaires du Tchad.
Au confluent de tous ces talents, Alain Lamontagne se plaît déjà à rêver: «Je suis plutôt fébrile, j'ai hâte», confiait-il début avril, tout juste avant de s'envoler pour la Bretagne. C'est que le conteur sait bien que là où il y a du risque et de l'audace, la magie ne se fait jamais prier. D'autant plus que tous ces vis-à-vis sont déjà reconnus — ici ou ailleurs — pour leur générosité et leur savoir-faire. L'harmoniciste avoue d'ailleurs n'avoir rien voulu fixer. Il préfère plutôt laisser les choses se placer d'elles-mêmes. «Tant que quelque chose n'est pas cristallisé, je vais me poser des questions jusqu'à la dernière minute..., avoue-t-il. C'est un work in progress. Nord-Sud (à pieds!) sera donc en continuelle création jusqu'à ce qu'on la présente.» Appuyé par l'exceptionnelle faculté d'écouter que partagent les artistes qui se produiront le 3 mai prochain, Alain Lamontagne ose voir grand: «Pour moi, quand je communique avec les gens, le rythme va au corps, la parole à l'imaginaire et la musique à l'âme», explique le conteur. C'est la grâce qu'on leur souhaite à tous.
Nord-Sud (à pieds!), le samedi 3 mai à 20h.
Du Nunavik au Tchad, en passant par le Québec, l'Acadie, Cuba et l'Argentine, le programme concocté par les artisans de Musique Multi-Montréal (MMM) pour la soirée Nord-Sud (à pieds!) a de quoi dépayser même les routards les plus endurcis. Aux antipodes de la rigidité des concerts thématiques basés sur les origines ethniques, cette soirée est née exclusivement des affinités musicales que partageaient déjà les musiciens invités. Des fraternités qui s'avèrent parfois surprenantes, mais qui sont néanmoins propices à tisser des liens solides entre les différents groupes que la directrice de MMM, la musicienne Liette Gauthier, a eu la bonne idée de rapprocher.
Pour accompagner le public dans cet improbable périple, on a fait appel au conteur, harmoniciste et podorythmiste québécois Alain Lamontagne. Chaussant ses bottes de sept lieux, c'est à lui qu'il reviendra de conduire les spectateurs à bon port. La langue vive et les pieds alertes, il fera ainsi le pont entre les différentes cultures, jouant les ambassadeurs de la diversité. «Ce que je trouve de bien, même de très bien dans cette soirée, c'est que ce sera une soirée très éclectique puisqu'on partira du Nunavik pour se rendre jusqu'au Tchad», explique le principal intéressé qui n'a pas hésité bien longtemps avant d'accepter de relever le défi que lui a lancé MMM.
Il faut dire que le réputé conteur n'en est pas à sa première expérience avec l'organisme, pour lequel il a déjà été animateur à quelques reprises. D'autant plus que, s'il est avant tout soliste de carrière, l'idée d'investir la scène à plusieurs lui paraît toujours aussi séduisante, lui qui a déjà partagé les planches et les mots de plusieurs de nos grands artistes, parmi lesquels figurent Gilles Vigneault, Michel Donato, Bori, La Bottine souriante ou Plume Latraverse. «Je suis très heureux comme soliste, mais quand j'ai la chance de partager la scène avec d'autres, cela devient très motivant, confie Alain Lamontagne. Ce sont des rencontres humaines, mais aussi musicales, qui peuvent être très surprenantes.»
Musiques métissées
Fervent amateur des cabarets de music-hall, Alain Lamontagne voit dans le travail de création que propose la soirée Nord-Sud (à pieds!) une belle occasion de faire revivre cette folle épopée, avec lui à la barre de ce fabuleux voyage. «Je ne me vois pas vraiment comme le chef d'orchestre, je dirais plutôt que je suis le maître de cérémonie», précise-t-il, déjà gagné par les possibilités infinies qu'un tel rôle peut lui offrir.
Mais ce qu'il espère par-dessus tout, c'est que cette soirée donne lieu à de véritables échanges. Il n'exclut d'ailleurs pas qu'il puisse parfois joindre sa voix et ses rythmes à ceux des autres artistes, le temps d'une rencontre. C'est qu'avec Nord-Sud (à pieds!), les musiciens comptent non seulement échanger, mais aussi créer un métissage qui irait au-delà de la simple accessibilité à la musique, cela dans le but — avoué! — d'en inventer de nouvelles. «L'idée, c'est de faire le lien entre la musique traditionnelle contemporaine du Québec jusqu'à Cuba en passant par l'Argentine, en s'en allant vers le Nunavik, pour après s'en aller aux violons celtiques et finir avec les chants du Tchad», résume bien succinctement Alain Lamontagne.
Itinéraire ambitieux
C'est que l'itinéraire de Nord-Sud (à pieds!) est en fait résolument ambitieux sans pour autant être casse-cou, puisque que les artistes que Liette Gauthier a invités sont tous des musiciens d'exception. Un beau melting pot qui comprend son inévitable lot de surprises et d'inédits. Au programme: un ensemble traditionnel québécois, La Corde de bois, reconnu pour ses chansons du terroir revisitées avec élégance et imagination, Los Corales, un duo cubain de cantos guajiros, ces chansons paysannes nées à la fin du XIXe siècle à Santiago, et le guitariste soliste du groupe Intakto, Pascal Bujold, qui aime à croiser allègrement son folklore argentin aux déchirantes complaintes gaspésiennes.
La soirée comprend également Lydia Etok et Nina Segalowitz, qui perpétuent la tradition de la joute musicale, toujours bien vivante au Nunavik. Leurs chants de gorge, une performance qui prend des airs de compétition, culminant, comme le veut la tradition, par de grands éclats de rire, toujours contagieux. Aussi au rendez-vous, Laura Risk et Sandy Silva, qui jumellent audacieusement violon celtique et danse percussive, puisant leur inspiration dans les vastes répertoires québécois et écossais. Pour clore la soirée, deux familles, les Rimtobaye et les Ledjebgue du groupe H'Sao, réinventeront le choeur avec leurs chants a capella originaires du Tchad.
Au confluent de tous ces talents, Alain Lamontagne se plaît déjà à rêver: «Je suis plutôt fébrile, j'ai hâte», confiait-il début avril, tout juste avant de s'envoler pour la Bretagne. C'est que le conteur sait bien que là où il y a du risque et de l'audace, la magie ne se fait jamais prier. D'autant plus que tous ces vis-à-vis sont déjà reconnus — ici ou ailleurs — pour leur générosité et leur savoir-faire. L'harmoniciste avoue d'ailleurs n'avoir rien voulu fixer. Il préfère plutôt laisser les choses se placer d'elles-mêmes. «Tant que quelque chose n'est pas cristallisé, je vais me poser des questions jusqu'à la dernière minute..., avoue-t-il. C'est un work in progress. Nord-Sud (à pieds!) sera donc en continuelle création jusqu'à ce qu'on la présente.» Appuyé par l'exceptionnelle faculté d'écouter que partagent les artistes qui se produiront le 3 mai prochain, Alain Lamontagne ose voir grand: «Pour moi, quand je communique avec les gens, le rythme va au corps, la parole à l'imaginaire et la musique à l'âme», explique le conteur. C'est la grâce qu'on leur souhaite à tous.
Nord-Sud (à pieds!), le samedi 3 mai à 20h.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

