Shérérazade - Nuit orientale pour ciels d'Occident
Anne Létourneau raconte la musique des mondes
Elle est sur scène, à l'écran, petit et grand, une vedette du palmarès québécois. Depuis plus de dix ans, elle est aussi Shéhérazade, cette reine venu d'Orient. À Des musiques et du monde, elle laisse à d'autres la place pour qu'ils racontent une musique, celle qui vient d'ailleurs...
Shéhérazade, c'est cette femme qui, volontairement, épouse le roi Chariar (ou Shahriyar) pour sauver de nombreuse femmes de la décapitation, une punition que le roi, devenu furieux après avoir trouvé sa femme dans les bras d'un esclave, décide de faire subir à son épouse et à toutes celles qui le deviendront par la suite, au rythme de une par jour...
Mais Shéhérazade a un plan en tête... Chaque nuit, elle raconte au roi une histoire extraordinaire que la levée du jour l'empêche d'achever, mais dont le récit est si palpitant que le roi retarde chaque fois la décapitation de son épouse... Ces histoires, ce sont les contes des Mille et Une Nuits, originaires de l'Iran, de l'Égypte et de la Perse, l'ancien nom de l'Irak... Ces contes, c'est Shéhérazade qui les raconte au cours de ces mille et une nuits d'amour et de paroles qu'elle passe avec le roi avant que ce dernier ne renonce définitivement à faire exécuter sa belle.
Aux yeux d'Anne Létourneau, Shéhérazade, c'est la parole qui vainc la violence, c'est une femme épanouie sexuellement et intellectuellement, c'est le nom d'un spectacle qu'elle a créé à Magog il y a plus de dix ans et dont elle reprendra deux chansons le 2 mai, alors qu'elle agira comme présentatrice du spectacle Shéhérazade dans le cadre du Festival des musiques et du monde. Ce soir-là, Anne Létourneau ne racontera pas les Aventures d'Ali Baba et des quarante voleurs, mais présentera au public quatre «trésors musicaux» issus du mélange des races et des cultures — Galitcha, Juan José Carranza, Les Gitans de Sarajevo et Syncope.
Anne Létourneau est connue des Québécois. Artiste, comédienne, chanteuse, danseuse, animatrice, mère adoptive, elle a été vue dans de nombreux films — 15 en tout dont Taureau (1974), Parlez-nous d'amour (1976), Les Plouffe (1980), Le Crime d'Ovide Plouffe (1983) —, des comédies musicales, des pièces de théâtre, des téléfilms, des émission de télévision... La carrière d'Anne Létourneau s'étale, superbe, dans son curriculum vitae. Mais si l'on veut connaître la véritable Anne Létourneau, il faut plonger dans le récit autobiographique publié il y a quelques mois chez Publistar et dont le titre est particulièrement explicite: La Folie des douceurs. À l'automne prochain, elle animera à Canal Vie Le Monde est sexe, une série de treize documentaires sur «l'influence qu'exerce la sexualité sur l'actualité et le monde qui nous entoure». Mais, pour un soir, au Festival des musiques et du monde, elle présente une soirée aux couleurs de l'Orient et de l'Occident. Alors place à la musique, avec Galitcha d'abord.
Galitcha
Le groupe Galitcha — un mot qui signifie tapisserie en punjabi —, c'est l'Inde et l'Occident... L'agence Musique Multi-Montréal (MMM), qui s'est occupée du lancement de presse du Festival des musiques et du monde, dit de Galitcha dans un communiqué: «Si la musique du chanteur et compositeur Kuljit Sodhi reste intimement liée à l'esthétique du folklore indien, elle témoigne également de ses fortes influences nord-américaines [...]. Sa musique utilise agréablement la beauté des mélodies folkloriques indiennes, les harmonies occidentales et les rythmes du Moyen-Orient.»
Kuljit Sodhi n'est pas seul, car il est accompagné de Jeremy Moyer au erhu (violon à une corde très populaire en Chine), de Jagjeet Sing au tabla (ensemble de deux tambours), de Chris MacLean à l'harmonium, de Linsey Wellman au saxophone et de Narinder Bhalesar au dhol (tambour traditionnel de l'Inde du Nord).
Autre trésor, andalou et gitan cette fois, incarné par Juan José Carranza, dont on peut entendre l'une de ses interprétations de flamenco sur le site de l'agence Musique Multi-Montréal. «Originaire du Costa Rica, indique MMM, il dédie sa vie à ce style musical issu de la rencontre des cultures andalouse et gitane. Son bagage latino-américain imprègne sa musique d'agréables surprises qui jettent une tout autre lumière sur les côtés obscurs de l'âme, la douleur, l'amour, la passion, thèmes si chers au flamenco. Il est accompagné du bassiste Sylvain Lafrance et du percussionniste Miguel Medina.»
Carmen
La musique — superbe, vive, tranchante — de Juan José Carranza n'est pas sans rappeler celle du film Carmen de Carlos Saura, le premier d'une trilogie consacrée au flamenco. Shéhérazade, Carmen... une parenté certaine unit ces deux femmes «virtuelles» nées de l'imagination créatrice d'auteurs masculins et incarnant à la fois la séduction, la passion et la liberté. Shéhérazade, Carmen: même combat!
Carmen est une bohémienne qui se retrouverait dans la musique des Gitans de Sarajevo, un groupe de six musiciens originaires de l'ancienne Yougoslavie dont la constitution en groupe est peu banale. Goran Jezdimir et Boris Bartula se sont connus à l'Académie de musique de Sarajevo, puis se retrouvent un jour à... Montréal. C'est ainsi que commence l'aventure musicale des Gitans, dont l'amour de la musique tzigane est tel qu'il constitue un ciment infiniment plus fort que l'animosité héréditaire qui oppose les Serbes et les Croates, les deux groupes dont ils sont issus. Leur musique est à l'image des paroles de Shéhérazade: elle abolit la violence.
Dernier trésor: le groupe «maghrébin-montréalais» Syncope*, dont MMM indique qu'il «puise dans l'immense richesse des cultures arabe et occidentale avec des éléments de la musique kabyle, du raï oranais, du chaabi algérien, du reggae et du hip-hop. Des textes en français, sur des musiques originales, écrits par le chanteur Abbdelkarim Benzaïd». Cela promet. Et c'est Syncope qui accompagnera Anne Létourneau dans La Sultane rouge et Shéhérazade, qui dit: «Après l'amour, je réinventais / Puisant dans l'or de mes secrets / Des histoires à faire damner les rois...» Et tous les hommes, pourrait-on ajouter, si Shéhérazade était comme Anne Létourneau...
Shéhérazade, à 20h. le vendredi 2 mai.
Shéhérazade, c'est cette femme qui, volontairement, épouse le roi Chariar (ou Shahriyar) pour sauver de nombreuse femmes de la décapitation, une punition que le roi, devenu furieux après avoir trouvé sa femme dans les bras d'un esclave, décide de faire subir à son épouse et à toutes celles qui le deviendront par la suite, au rythme de une par jour...
Mais Shéhérazade a un plan en tête... Chaque nuit, elle raconte au roi une histoire extraordinaire que la levée du jour l'empêche d'achever, mais dont le récit est si palpitant que le roi retarde chaque fois la décapitation de son épouse... Ces histoires, ce sont les contes des Mille et Une Nuits, originaires de l'Iran, de l'Égypte et de la Perse, l'ancien nom de l'Irak... Ces contes, c'est Shéhérazade qui les raconte au cours de ces mille et une nuits d'amour et de paroles qu'elle passe avec le roi avant que ce dernier ne renonce définitivement à faire exécuter sa belle.
Aux yeux d'Anne Létourneau, Shéhérazade, c'est la parole qui vainc la violence, c'est une femme épanouie sexuellement et intellectuellement, c'est le nom d'un spectacle qu'elle a créé à Magog il y a plus de dix ans et dont elle reprendra deux chansons le 2 mai, alors qu'elle agira comme présentatrice du spectacle Shéhérazade dans le cadre du Festival des musiques et du monde. Ce soir-là, Anne Létourneau ne racontera pas les Aventures d'Ali Baba et des quarante voleurs, mais présentera au public quatre «trésors musicaux» issus du mélange des races et des cultures — Galitcha, Juan José Carranza, Les Gitans de Sarajevo et Syncope.
Anne Létourneau est connue des Québécois. Artiste, comédienne, chanteuse, danseuse, animatrice, mère adoptive, elle a été vue dans de nombreux films — 15 en tout dont Taureau (1974), Parlez-nous d'amour (1976), Les Plouffe (1980), Le Crime d'Ovide Plouffe (1983) —, des comédies musicales, des pièces de théâtre, des téléfilms, des émission de télévision... La carrière d'Anne Létourneau s'étale, superbe, dans son curriculum vitae. Mais si l'on veut connaître la véritable Anne Létourneau, il faut plonger dans le récit autobiographique publié il y a quelques mois chez Publistar et dont le titre est particulièrement explicite: La Folie des douceurs. À l'automne prochain, elle animera à Canal Vie Le Monde est sexe, une série de treize documentaires sur «l'influence qu'exerce la sexualité sur l'actualité et le monde qui nous entoure». Mais, pour un soir, au Festival des musiques et du monde, elle présente une soirée aux couleurs de l'Orient et de l'Occident. Alors place à la musique, avec Galitcha d'abord.
Galitcha
Le groupe Galitcha — un mot qui signifie tapisserie en punjabi —, c'est l'Inde et l'Occident... L'agence Musique Multi-Montréal (MMM), qui s'est occupée du lancement de presse du Festival des musiques et du monde, dit de Galitcha dans un communiqué: «Si la musique du chanteur et compositeur Kuljit Sodhi reste intimement liée à l'esthétique du folklore indien, elle témoigne également de ses fortes influences nord-américaines [...]. Sa musique utilise agréablement la beauté des mélodies folkloriques indiennes, les harmonies occidentales et les rythmes du Moyen-Orient.»
Kuljit Sodhi n'est pas seul, car il est accompagné de Jeremy Moyer au erhu (violon à une corde très populaire en Chine), de Jagjeet Sing au tabla (ensemble de deux tambours), de Chris MacLean à l'harmonium, de Linsey Wellman au saxophone et de Narinder Bhalesar au dhol (tambour traditionnel de l'Inde du Nord).
Autre trésor, andalou et gitan cette fois, incarné par Juan José Carranza, dont on peut entendre l'une de ses interprétations de flamenco sur le site de l'agence Musique Multi-Montréal. «Originaire du Costa Rica, indique MMM, il dédie sa vie à ce style musical issu de la rencontre des cultures andalouse et gitane. Son bagage latino-américain imprègne sa musique d'agréables surprises qui jettent une tout autre lumière sur les côtés obscurs de l'âme, la douleur, l'amour, la passion, thèmes si chers au flamenco. Il est accompagné du bassiste Sylvain Lafrance et du percussionniste Miguel Medina.»
Carmen
La musique — superbe, vive, tranchante — de Juan José Carranza n'est pas sans rappeler celle du film Carmen de Carlos Saura, le premier d'une trilogie consacrée au flamenco. Shéhérazade, Carmen... une parenté certaine unit ces deux femmes «virtuelles» nées de l'imagination créatrice d'auteurs masculins et incarnant à la fois la séduction, la passion et la liberté. Shéhérazade, Carmen: même combat!
Carmen est une bohémienne qui se retrouverait dans la musique des Gitans de Sarajevo, un groupe de six musiciens originaires de l'ancienne Yougoslavie dont la constitution en groupe est peu banale. Goran Jezdimir et Boris Bartula se sont connus à l'Académie de musique de Sarajevo, puis se retrouvent un jour à... Montréal. C'est ainsi que commence l'aventure musicale des Gitans, dont l'amour de la musique tzigane est tel qu'il constitue un ciment infiniment plus fort que l'animosité héréditaire qui oppose les Serbes et les Croates, les deux groupes dont ils sont issus. Leur musique est à l'image des paroles de Shéhérazade: elle abolit la violence.
Dernier trésor: le groupe «maghrébin-montréalais» Syncope*, dont MMM indique qu'il «puise dans l'immense richesse des cultures arabe et occidentale avec des éléments de la musique kabyle, du raï oranais, du chaabi algérien, du reggae et du hip-hop. Des textes en français, sur des musiques originales, écrits par le chanteur Abbdelkarim Benzaïd». Cela promet. Et c'est Syncope qui accompagnera Anne Létourneau dans La Sultane rouge et Shéhérazade, qui dit: «Après l'amour, je réinventais / Puisant dans l'or de mes secrets / Des histoires à faire damner les rois...» Et tous les hommes, pourrait-on ajouter, si Shéhérazade était comme Anne Létourneau...
Shéhérazade, à 20h. le vendredi 2 mai.
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