Des musiques et du monde - La richesse des cultures
Un festival à l'écoute des musiciens a l'oreille du public
Depuis treize ans, le Festival des musiques et du monde ne cesse de se renouveler, émerveillant le public et les artistes par le métissage des genres et des musiques. Il dresse un portrait fascinant et saisissant du tissu culturel de la ville de Montréal et de toute la planète.
À Montréal, on ne compte plus les festivals qui égaient les rues de la métropole et attirent de nombreux touristes. La popularité internationale des gros événements estivaux rejaillit sur les plus petits qui, cherchant leur place au soleil, s'ingénient à trouver des concepts différents. Amalgame de musiques, d'instruments et d'artistes, le Festival des musiques et du monde tente de se démarquer en regroupant divers artistes sur une même scène, laissant place à l'improvisation, aux moments magiques et aux fusions sonores inespérées.
Naissance d'une grande aventure
Le Festival des musiques et du monde est né de l'idée folle de Liette Gauthier. La jeune femme, qui habitait dans le quartier Côte-des-Neiges, a eu envie de faire découvrir des artistes et instruments de musique qu'elle voyait dans les parcs du coin. L'aventure a donc commencé à Radio Centre-ville où, avec quelques collègues, elle diffusait de la musique multiculturelle en direct. «La première année, nous n'étions que deux ou trois personnes impliquées dans le projet. Nous nous contentions de présenter des groupes qui jouaient gratuitement, juste pour le plaisir», se rappelle la directrice artistique du festival.
Elle se souvient aussi des premières années de vache maigre, sans subvention, sans lieu de diffusion. «Depuis cinq ou six ans, les subventions du Conseil des arts du Québec ou du Patrimoine canadien permettent enfin de payer décemment les artistes et de faire des commandes d'oeuvres pour créer de nouvelles musiques bien de chez nous.»
Le Festival des musiques et du monde a longtemps erré entre le Patro Le Prévost, le cégep Maisonneuve, le Centre Pierre-Péladeau, le Gésu et la maison de la culture Frontenac. «La grande nouveauté cette année, c'est que le festival a cessé d'être SDF [sans domicile fixe] et a enfin, à notre plus grand bonheur, trouvé un lieu de diffusion stable et facilement accessible», commente Liette Gauthier en faisant allusion à la maison de la culture d'Ahuntsic.
Métissage
À chaque année, le festival s'embarque dans une nouvelle aventure, à la recherche de thématiques pour amalgamer les artistes. «Nous voulons rassembler les artistes du monde sur un dénominateur commun autre qu'ethnique. La partie la plus dure est de trouver ce lien et à chaque année, je me dis que je n'y arriverai pas, mais finalement, on se renouvelle toujours.» Ce travail de création axé sur le risque permet d'assortir des artistes ou des formations de différentes origines.
«Parfois, on propose des mariages qui semblent impossibles autour d'une thématique qui guide l'artiste. Il y a beaucoup de rencontres, de répétitions; les artistes échangent leurs démos, apprennent à se connaître. Nous prenons toujours des risques et c'est ce qui fait que chaque spectacle est original, que le festival est si fou et amusant», souligne la directrice artistique. Elle ajoute que le festival est l'occasion pour plusieurs de se découvrir des nouveaux styles, des affinités ou même de reconstruire leurs groupes suite à des métissages concluants.
Pour Carlos Placeres, musicien cubain établi à Montréal depuis plusieurs années, le festival a été une vraie école et lui a permis de réaliser un rêve. «Je connaissais la Bottine souriante depuis longtemps et, grâce au festival, j'ai eu la chance de pouvoir jouer avec Yves Lambert trois chansons de la Bottine, sur lesquelles on a ajouté des rythmes afro-cubains. C'était merveilleux, le mélange des sons et des rythmes», raconte le troubadour.
Selon lui, ce qui distingue ce festival, c'est avant tout sa convivialité: «C'est toujours un petit festival qui garde son côté bonne franquette; on s'y sent en famille, c'est franchement amical et c'est ce qui le rend si sympathique.»
Faire connaître les artistes
Pour Liette Gauthier, la différence majeure se situe sur le plan artistique: «Contrairement aux autres festivals, nous ne faisons pas du placement d'artiste ou du booking. Nous ne nous intéressons pas qu'aux gros noms et nous donnons une chance à tous les artistes professionnels de se produire en faisant fi de leurs origines et de leur statut.»
Le rayonnement du festival permet aux musiciens d'ici jouant de la musique d'ailleurs de se tailler une place sur le marché québécois. «Depuis les dix dernières années, le portrait du Québec en matière de diffusion des cultures diverses a nettement évolué», constate la fondatrice du festival et de Musique Multi-Montréal (MMM), un organisme de production et de diffusion des musiques de toutes origines.
Les artistes apprécient cette opportunité de se faire connaître: «Le festival est toujours une bonne occasion de se faire voir et de présenter la richesse de notre culture d'Europe de l'Est aux gens d'ici», soutient Boris Bartula des Gitans de Sarajevo. «C'est sûr que le festival permet aux artistes moins connus de se faire entendre, mais il y a plus que ça; le MMM sert d'intermédiaire entre les artistes et le public, il aide ceux qui sont moins familiers avec le monde du show-business à commencer une carrière», commente Carlos Placeres, qui chemine avec l'organisme depuis 1997.
À l'écoute du public
Selon Liette Gauthier, il y a de plus en plus de citoyens qui cherchent ce genre de festival: «Il y a les mordus de musique du monde, mais il y a surtout monsieur et madame Tout-le-monde.» Les organisateurs du festival tentent de rejoindre tous les publics en gardant des prix raisonnables. Les grands concerts sont un peu plus dispendieux (25 $), mais le Cabaret des festivaliers présente tous les jours des spectacles à 2 $. Le concept du cabaret est venu un peu plus tard pour répondre à la musique et aux demandes du public. «L'idée était de donner une place aux musiques qui bougent.»
Ces représentations, plus rythmées et populaires, se donnent dans une autre salle de la maison de la culture et permettent des rencontres entre les artistes et le public dans une ambiance conviviale, comme en témoigne la directrice artistique: «Généralement, les gens viennent au cabaret en sortant du concert pour continuer la soirée tout en buvant un verre. Les artistes du concert s'y retrouvent, discutent avec le public et découvrent de nouveaux sons. C'est vraiment un lieu de rencontres culturelles, artistiques et personnelles.»
Liette Gauthier est convaincue que le festival est là pour rester car il représente bien le tissu social et culturel de la ville. De son côté, elle ne manque pas d'imagination pour concocter de nouveaux métissages: «Tant et aussi longtemps que nous serons à l'écoute des musiciens, le festival va marcher.»
Pour information: www.musiquemultimontreal.com
À Montréal, on ne compte plus les festivals qui égaient les rues de la métropole et attirent de nombreux touristes. La popularité internationale des gros événements estivaux rejaillit sur les plus petits qui, cherchant leur place au soleil, s'ingénient à trouver des concepts différents. Amalgame de musiques, d'instruments et d'artistes, le Festival des musiques et du monde tente de se démarquer en regroupant divers artistes sur une même scène, laissant place à l'improvisation, aux moments magiques et aux fusions sonores inespérées.
Naissance d'une grande aventure
Le Festival des musiques et du monde est né de l'idée folle de Liette Gauthier. La jeune femme, qui habitait dans le quartier Côte-des-Neiges, a eu envie de faire découvrir des artistes et instruments de musique qu'elle voyait dans les parcs du coin. L'aventure a donc commencé à Radio Centre-ville où, avec quelques collègues, elle diffusait de la musique multiculturelle en direct. «La première année, nous n'étions que deux ou trois personnes impliquées dans le projet. Nous nous contentions de présenter des groupes qui jouaient gratuitement, juste pour le plaisir», se rappelle la directrice artistique du festival.
Elle se souvient aussi des premières années de vache maigre, sans subvention, sans lieu de diffusion. «Depuis cinq ou six ans, les subventions du Conseil des arts du Québec ou du Patrimoine canadien permettent enfin de payer décemment les artistes et de faire des commandes d'oeuvres pour créer de nouvelles musiques bien de chez nous.»
Le Festival des musiques et du monde a longtemps erré entre le Patro Le Prévost, le cégep Maisonneuve, le Centre Pierre-Péladeau, le Gésu et la maison de la culture Frontenac. «La grande nouveauté cette année, c'est que le festival a cessé d'être SDF [sans domicile fixe] et a enfin, à notre plus grand bonheur, trouvé un lieu de diffusion stable et facilement accessible», commente Liette Gauthier en faisant allusion à la maison de la culture d'Ahuntsic.
Métissage
À chaque année, le festival s'embarque dans une nouvelle aventure, à la recherche de thématiques pour amalgamer les artistes. «Nous voulons rassembler les artistes du monde sur un dénominateur commun autre qu'ethnique. La partie la plus dure est de trouver ce lien et à chaque année, je me dis que je n'y arriverai pas, mais finalement, on se renouvelle toujours.» Ce travail de création axé sur le risque permet d'assortir des artistes ou des formations de différentes origines.
«Parfois, on propose des mariages qui semblent impossibles autour d'une thématique qui guide l'artiste. Il y a beaucoup de rencontres, de répétitions; les artistes échangent leurs démos, apprennent à se connaître. Nous prenons toujours des risques et c'est ce qui fait que chaque spectacle est original, que le festival est si fou et amusant», souligne la directrice artistique. Elle ajoute que le festival est l'occasion pour plusieurs de se découvrir des nouveaux styles, des affinités ou même de reconstruire leurs groupes suite à des métissages concluants.
Pour Carlos Placeres, musicien cubain établi à Montréal depuis plusieurs années, le festival a été une vraie école et lui a permis de réaliser un rêve. «Je connaissais la Bottine souriante depuis longtemps et, grâce au festival, j'ai eu la chance de pouvoir jouer avec Yves Lambert trois chansons de la Bottine, sur lesquelles on a ajouté des rythmes afro-cubains. C'était merveilleux, le mélange des sons et des rythmes», raconte le troubadour.
Selon lui, ce qui distingue ce festival, c'est avant tout sa convivialité: «C'est toujours un petit festival qui garde son côté bonne franquette; on s'y sent en famille, c'est franchement amical et c'est ce qui le rend si sympathique.»
Faire connaître les artistes
Pour Liette Gauthier, la différence majeure se situe sur le plan artistique: «Contrairement aux autres festivals, nous ne faisons pas du placement d'artiste ou du booking. Nous ne nous intéressons pas qu'aux gros noms et nous donnons une chance à tous les artistes professionnels de se produire en faisant fi de leurs origines et de leur statut.»
Le rayonnement du festival permet aux musiciens d'ici jouant de la musique d'ailleurs de se tailler une place sur le marché québécois. «Depuis les dix dernières années, le portrait du Québec en matière de diffusion des cultures diverses a nettement évolué», constate la fondatrice du festival et de Musique Multi-Montréal (MMM), un organisme de production et de diffusion des musiques de toutes origines.
Les artistes apprécient cette opportunité de se faire connaître: «Le festival est toujours une bonne occasion de se faire voir et de présenter la richesse de notre culture d'Europe de l'Est aux gens d'ici», soutient Boris Bartula des Gitans de Sarajevo. «C'est sûr que le festival permet aux artistes moins connus de se faire entendre, mais il y a plus que ça; le MMM sert d'intermédiaire entre les artistes et le public, il aide ceux qui sont moins familiers avec le monde du show-business à commencer une carrière», commente Carlos Placeres, qui chemine avec l'organisme depuis 1997.
À l'écoute du public
Selon Liette Gauthier, il y a de plus en plus de citoyens qui cherchent ce genre de festival: «Il y a les mordus de musique du monde, mais il y a surtout monsieur et madame Tout-le-monde.» Les organisateurs du festival tentent de rejoindre tous les publics en gardant des prix raisonnables. Les grands concerts sont un peu plus dispendieux (25 $), mais le Cabaret des festivaliers présente tous les jours des spectacles à 2 $. Le concept du cabaret est venu un peu plus tard pour répondre à la musique et aux demandes du public. «L'idée était de donner une place aux musiques qui bougent.»
Ces représentations, plus rythmées et populaires, se donnent dans une autre salle de la maison de la culture et permettent des rencontres entre les artistes et le public dans une ambiance conviviale, comme en témoigne la directrice artistique: «Généralement, les gens viennent au cabaret en sortant du concert pour continuer la soirée tout en buvant un verre. Les artistes du concert s'y retrouvent, discutent avec le public et découvrent de nouveaux sons. C'est vraiment un lieu de rencontres culturelles, artistiques et personnelles.»
Liette Gauthier est convaincue que le festival est là pour rester car il représente bien le tissu social et culturel de la ville. De son côté, elle ne manque pas d'imagination pour concocter de nouveaux métissages: «Tant et aussi longtemps que nous serons à l'écoute des musiciens, le festival va marcher.»
Pour information: www.musiquemultimontreal.com
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