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Le Moulin à images, deuxième mouture

Le cinquième du contenu a été modifié et le volume... baissé d'un cran

Une scène du Moulin à images de Robert Lepage
Une scène du Moulin à images de Robert Lepage
Québec — Bis repetita pour le Moulin à images de Robert Lepage. Finies les allusions au 400e anniversaire de la ville de Québec, la projection se veut un hommage à l'histoire et aux artistes de la Vieille Capitale. Terre amérindienne devenue ville d'avenir. Toujours des images projetées sur les silos du terminal céréalier de la Bunge, situé dans le vieux port, mais plus de couleurs et de brillance pour un spectacle remodelé.

Fini le décompte du début, le Moulin commence par une plongée dans les profondeurs du Saint-Laurent avec la danse d'une baleine à bosse dont le souffle forme un jet au sommet de l'édifice. Apparaît ensuite la grande tortue sur le dos de laquelle, selon la légende amérindienne huronne-wendat, s'est construit le monde. «Nous proposons un grand voyage dans le temps, confie Robert Lepage. Québec est une ville d'histoire qui a longtemps vécu dans le passé, mais elle est devenue une ville d'avenir et nous allons continuer à nous projeter dans le futur.» L'Institut national d'optique et le quartier Nouvo Saint-Roch trouvent ainsi naturellement leur place dans la projection.

Formidable machine technique, le Moulin à images nécessite 27 projecteurs et 50 serveurs informatiques pour réussir l'exploit de transformer les 81 hideux silos de la Bunge, longs de 600 mètres, hauts de 10 étages et capables d'abriter 230 000 tonnes de grains, en un extraordinaire écran géant. «Le problème, c'est qu'on est maintenant pris avec la Bunge, lance, philosophe, un spectateur lorsque débute la projection. Ils ne pourront plus la détruire.» Quant à la trame sonore, dont l'intensité avait fait des mécontents parmi les habitants du Vieux-Québec en 2008, elle s'est nettement assagie.

Entouré de l'équipe de production d'Ex-Machina, Robert Lepage a réussi le tour de force de faire du terminal de la Bunge et des quais qui l'entourent un lieu de promenade. Malgré la pluie, ils étaient nombreux vendredi, soir de la première, à assister au défilé de l'histoire de la société québécoise. À souligner, l'extraordinaire moment où l'imposant bâtiment prend feu et l'incroyable sensation de ne plus savoir si on se trouve devant des images ou devant la réalité lorsqu'apparaissent le Manège militaire en flammes, l'aéroport Jean Lesage ou un paquebot transportant des touristes. «Environ 20 % du contenu a été modifié, précise Lepage en qualifiant cette oeuvre de 8e art. Les modifications ont été apportées sur la quasi-totalité de la projection, et on a l'impression qu'il y a davantage de changements. On a créé quelque chose qui tient du spectacle en direct, ce que le cinéma n'a pas, et qui, en même temps, a une trame que racontent des images.» Une nouvelle façon de transmettre l'Histoire.

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