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Bilan de session parlementaire - Christine St-Pierre défend sa gestion

Beaucoup de travail à faire, mais aussi beaucoup de tâches accomplies: Christine St-Pierre se dit satisfaite de la dernière session parlementaire, malgré l'affaire Chaput.

Une session de «réalisations concrètes»: Christine St-Pierre a défendu hier sa gestion ministérielle de la dernière session parlementaire, rejetant en particulier toutes critiques en lien avec le dossier Jean-Guy Chaput.

En mode promotion — au lendemain de la clôture de la session, jeudi, Mme St-Pierre a diffusé un long communiqué de presse détaillant toutes ses récentes décisions et activités —, la ministre de la Culture et des Communications a affirmé hier au Devoir être «très satisfaite» de son travail des derniers mois.

«On a avancé beaucoup», a-t-elle soutenu en parlant notamment de l'adoption du projet de loi 32 (qui étend le champ d'application de la Loi sur le statut de l'artiste aux techniciens et artisans qui participent à des productions audiovisuelles), du sommet Québec horizon culture, du projet de l'Adresse symphonique et de diverses mesures contenues dans le dernier budget.

Selon Mme St-Pierre, la prochaine session sera quant à elle marquée par la présentation d'un projet de loi modernisant la Loi sur les biens culturels, pour y inclure une définition plus large et moderne de ce qu'est le patrimoine culturel (us et coutumes, biens immatériels). «La rédaction est terminée», indique la ministre.

L'automne de Mme St-Pierre sera aussi occupé par une réflexion sur l'avenir des médias, encore que la forme de celle-ci n'a pas été déterminée. La ministre parle d'un groupe de travail qui sera chargé d'étudier la question et de faire des recommandations au gouvernement: l'ancienne journaliste de Radio-Canada n'a toutefois pas précisé hier quel rôle Québec pourrait jouer dans ce dossier.

On travaille...

Rien n'indique par ailleurs qu'il y aura des avancées significatives dans les questions de l'abolition de la TVQ pour les produits culturels québécois («on a toujours dit qu'on le ferait dans le mandat [de cinq ans], alors on continue à travailler là-dessus», ni de la souveraineté culturelle.

En avril 2008, Mme St-Pierre et l'ancien ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes, Benoit Pelletier, avaient écrit à Ottawa pour réclamer que soient ouvertes des «discussions relatives à la conclusion d'une entente Canada-Québec» dans le secteur des communications et de la culture.

Pour toute réponse, Ottawa n'a jamais accusé réception de cette lettre. Et lorsqu'il fut interrogé à ce sujet, le ministre du Patrimoine canadien, James Moore, a catégoriquement fermé la porte devant toute possibilité de céder des pouvoirs à Québec.

Christine St-Pierre maintient toutefois que c'est «un dossier sur lequel on continue à travailler très fort. On veut vraiment réussir à aller chercher cet accord. Mais ce n'est pas un dossier qu'on va étaler sur la place publique.»

Mme St-Pierre sent même «qu'il y a une écoute et une ouverture» du côté fédéral. «Quand M. Moore fermait la porte, c'était à la notion de souveraineté culturelle, pas à celle d'un accord, dit-elle. Or, nous ne demandons pas de négociations constitutionnelles.»

Chaput

Interrogée sur sa gestion du dossier de l'ancien président de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), Jean-Guy Chaput, Christine St-Pierre affirme avoir agi pour le mieux. M. Chaput a été congédié après qu'un rapport du vérificateur général eut révélé des anomalies dans sa gestion.

Si la rapidité avec laquelle Mme St-Pierre a réclamé la tête de M. Chaput a pu faire croire qu'il y avait du règlement de comptes politique dans l'air, la principale intéressée s'en défend. «Je n'ai jamais eu ce genre de pensée dans ma tête. On avait des informations faisant état d'un certain laxisme concernant les dépenses à la direction générale de la SODEC [...]. Quand le président du c. a. m'a informé qu'il voulait faire appel au vérificateur général, je lui ai dit de faire son devoir.»

Selon elle, le rapport était suffisamment incriminant pour justifier le renvoi de M. Chaput. «En culture, chaque dollar compte. Je ne demande pas aux dirigeants des sociétés d'État de dormir sur des bancs de parcs, ni d'éviter les représentations à l'international. Mais il y a des barèmes à respecter», dit-elle.
 
 
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