Québec doit redresser la barre du financement de la culture
Québec — Sans un changement de cap dans le financement des arts, le gouvernement Charest devra se résoudre à assister, impuissant, au déclin de la culture québécoise.
Cela vaut particulièrement à Montréal, où le nombre d'immigrants ne parlant pas français est important.
Cette prédiction troublante ne provient pas de l'opposition péquiste, mais bien d'un fonctionnaire du ministère de la Culture, qui a produit un rapport étoffé et inédit sur l'état du financement public de la culture au Québec, dont La Presse canadienne a obtenu copie.
Les conclusions de cet expert, Claude Edgar Dalphond, sont claires: le Québec a bien changé en 40 ans, et l'État ne peut plus maintenir le modèle de financement de la culture privilégié actuellement.
Le vieillissement accéléré de la population et la hausse du nombre d'immigrants non francophones font partie des nombreux «défis» à relever pour espérer maintenir la vitalité culturelle du Québec, soutient l'auteur.
«Si rien n'est fait pour adapter les politiques culturelles aux réalités contemporaines, il faut envisager pour l'avenir un affaiblissement de la culture au Québec», écrit ce fonctionnaire, aujourd'hui à la retraite, dans un rapport d'une centaine de pages produit en décembre dernier.
Il rappelle notamment qu'à Montréal «la moitié de la population ne parle pas français à domicile et que les allophones ont des pratiques culturelles qui se déploient davantage à domicile que dans les lieux publics». Comme la population de souche vieillit et a tendance à ne pas se renouveler, le Québec devra trouver le moyen de séduire les immigrants, afin d'espérer maintenir une demande pour son offre culturelle, largement subventionnée, plaide-t-il.
À l'avenir, le ministère de la Culture «n'aura d'autre choix que d'adapter ses programmes à cette réalité», selon le chercheur. Et c'est sans compter le fait que les immigrants arrivent avec des codes culturels différents des nôtres, ce qui n'est pas sans compliquer les choses. «À moins de considérer le public non francophone dans leurs plans, tous risquent d'être confrontés à un marché dont la taille, déjà réduite de 50 %, pourrait encore diminuer», écrit M. Dalphond. Cette situation menace carrément «l'avenir des organismes soutenus par le ministère», et celui-ci «devra tôt ou tard revoir ses programmes pour en maximiser l'efficacité dans la métropole», selon l'auteur de l'étude, intitulée Le Système culturel québécois en perspective.
Le contexte démographique signifie que, désormais, l'accès de la culture au plus grand nombre — un des grands objectifs depuis la Révolution tranquille — se fera à un «coût extrêmement élevé».
À la difficulté de conserver une demande élevée pour les produits culturels, s'ajoutera celle de payer les factures, dans ce secteur où les coûts de production croissent plus rapidement que le nombre de spectateurs.
Dans ce contexte, l'État pourra-t-il faire davantage? Difficilement, répond l'auteur, en notant que le gouvernement est déjà le principal pourvoyeur, assumant 53 % des dépenses faites en culture.
Cela vaut particulièrement à Montréal, où le nombre d'immigrants ne parlant pas français est important.
Cette prédiction troublante ne provient pas de l'opposition péquiste, mais bien d'un fonctionnaire du ministère de la Culture, qui a produit un rapport étoffé et inédit sur l'état du financement public de la culture au Québec, dont La Presse canadienne a obtenu copie.
Les conclusions de cet expert, Claude Edgar Dalphond, sont claires: le Québec a bien changé en 40 ans, et l'État ne peut plus maintenir le modèle de financement de la culture privilégié actuellement.
Le vieillissement accéléré de la population et la hausse du nombre d'immigrants non francophones font partie des nombreux «défis» à relever pour espérer maintenir la vitalité culturelle du Québec, soutient l'auteur.
«Si rien n'est fait pour adapter les politiques culturelles aux réalités contemporaines, il faut envisager pour l'avenir un affaiblissement de la culture au Québec», écrit ce fonctionnaire, aujourd'hui à la retraite, dans un rapport d'une centaine de pages produit en décembre dernier.
Il rappelle notamment qu'à Montréal «la moitié de la population ne parle pas français à domicile et que les allophones ont des pratiques culturelles qui se déploient davantage à domicile que dans les lieux publics». Comme la population de souche vieillit et a tendance à ne pas se renouveler, le Québec devra trouver le moyen de séduire les immigrants, afin d'espérer maintenir une demande pour son offre culturelle, largement subventionnée, plaide-t-il.
À l'avenir, le ministère de la Culture «n'aura d'autre choix que d'adapter ses programmes à cette réalité», selon le chercheur. Et c'est sans compter le fait que les immigrants arrivent avec des codes culturels différents des nôtres, ce qui n'est pas sans compliquer les choses. «À moins de considérer le public non francophone dans leurs plans, tous risquent d'être confrontés à un marché dont la taille, déjà réduite de 50 %, pourrait encore diminuer», écrit M. Dalphond. Cette situation menace carrément «l'avenir des organismes soutenus par le ministère», et celui-ci «devra tôt ou tard revoir ses programmes pour en maximiser l'efficacité dans la métropole», selon l'auteur de l'étude, intitulée Le Système culturel québécois en perspective.
Le contexte démographique signifie que, désormais, l'accès de la culture au plus grand nombre — un des grands objectifs depuis la Révolution tranquille — se fera à un «coût extrêmement élevé».
À la difficulté de conserver une demande élevée pour les produits culturels, s'ajoutera celle de payer les factures, dans ce secteur où les coûts de production croissent plus rapidement que le nombre de spectateurs.
Dans ce contexte, l'État pourra-t-il faire davantage? Difficilement, répond l'auteur, en notant que le gouvernement est déjà le principal pourvoyeur, assumant 53 % des dépenses faites en culture.
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