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Le Soleil et La Presse en mode compressions

Les grands journaux du groupe Gesca mettent de la pression sur leurs employés pour obtenir des concessions. Pendant que ceux du Soleil se font proposer un programme de «départs volontaires», la haute direction du petit empire médiatique convoque tous ceux de La Presse à une grande réunion qui aura lieu lundi après-midi, au Palais des congrès de Montréal.

Selon les informations obtenues par Le Devoir, Guy Crevier, président et éditeur de La Presse et président de Gesca, s'adressera aux salariés à 15h, après avoir rencontré les dirigeants syndicaux à 13h. Les deux parties poursuivent la négociation de conventions collectives. Gesca Ltée est une propriété de Power Corporation.

Une rumeur persistante depuis plusieurs jours laisse penser que Guy Crevier va annoncer l'abandon de l'édition papier du dimanche de La Presse. Le National Post cessera de paraître le lundi, au moins pour l'été, à compter du 29 juin.

La rencontre de lundi organisée par Gesca pourrait aussi porter sur l'élimination de la semaine de travail de quatre jours (au lieu de cinq) dont bénéficient les employés de la rédaction, un acquis dans lequel souhaite sabrer la direction. Ou encore sur un programme de «départs volontaires» concocté pour l'abolition de certains postes moyennant le versement d'une indemnité équivalant à un an de salaire.

La direction du Soleil fait circuler depuis mercredi une offre semblable auprès de ses employés permanents à temps plein, cadres ou syndiqués. L'indemnité proposée correspond à trois semaines de salaire de base par année complète de service, jusqu'à un maximum de 52 semaines. Les personnes intéressées ont jusqu'au 19 juin pour se manifester et devront quitter l'entreprise au plus tard le 31 août. La convention collective de la rédaction du Soleil arrive à échéance à la fin de l'année. Les négociations doivent débuter à l'automne.

Les journaux subissent les contrecoups de la crise économique, combinés à la mutation du modèle d'affaires du secteur des médias, qui est en train de basculer vers une diffusion gratuite via Internet. Sans nier ce contexte économique, un porte-parole d'un syndicat de Gesca interviewé hier a plutôt mis l'accent sur la conjoncture des négociations en cours. «La direction cherche à créer un climat d'incertitude», a-t-il dit.






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