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Le cabinet du ministre Moore ne voit pas de contradictions à financer Scene BC

Le cabinet du ministre du Patrimoine canadien James Moore affirme que le soutien financier accordé à l'événement Scene BC est tout à fait «en ligne» avec les autres mesures prises par le gouvernement Harper et que la visibilité donnée ainsi aux artistes canadiens leur permettra «de faire concurrence avec les meilleurs au monde».

Telle est la réponse officielle fournie hier par la directrice des communications au ministère du Patrimoine canadien, Deirdra McCraken, aux nombreuses questions soulevées par le soutien important accordé par le gouvernement fédéral à l'événement Scene BC.

Dans son édition d'hier, Le Devoir soulignait l'apparence de contradiction entre les sommes de plus de deux millions investies par Ottawa dans une vitrine culturelle de 13 jours destinée à promouvoir les artistes de Colombie-Britannique auprès de diffuseurs étrangers. Le ministère des Affaires étrangères fournit pour sa part environ 250 000 $ pour assurer la venue d'une délégation d'une soixantaine de diffuseurs de toutes les régions du monde.

Or, cet investissement survient au moment même où le même gouvernement vient de supprimer tous les programmes d'aide à la tournée aux artistes, réduisant d'autant leurs chances de pouvoir à l'avenir répondre aux offres d'éventuels diffuseurs.

Les programmes abolis depuis le 1er avril, Prom'Art et Routes commerciales, étaient la première source de financement des tournées de la plupart des orchestres, des troupes de danse, de théâtre, de cirque, bref de tous les arts de la scène confondus. Ces programmes aidaient également à assurer la promotion à l'étranger de livres et de films canadiens.

Le ministre Moore n'a pas répondu aux questions du Devoir hier, et a plutôt chargé sa directrice des communications de clarifier le paradoxe dans lequel semble s'être plongé son ministère.

«Le support [sic] de notre gouvernement pour Scène Colombie-Britannique est tout à fait en ligne avec [sic] les actions concrètes déjà prises par notre gouvernement pour supporter [sic] les arts et la culture. Avec notre niveau de financement sans précédent, notre gouvernement est en train d'aider et d'encourager les artistes canadiens de [sic] faire concurrence avec les meilleurs au monde», a répondu Mme Deirdra McCraken, dans un courriel faisant la promotion de diverses annonces disparates faites récemment par son ministre.

Mme McCraken est restée muette sur l'apparence de contradiction entre les politiques du ministère du Patrimoine canadien, et s'est abstenue de toute réponse quand nous lui avons demandé si son ministère avait des suggestions à faire aux artistes qui se verront proposer des offres de contrats pour des tournées outre-mer.

La directrice des communications du ministre Moore affirme que Patrimoine canadien s'attarde plutôt à aider les artistes «dès le début», notamment en investissant 20 millions de plus dans «les étoiles de demain» par l'intermédiaire de son Programme national de formation dans le secteur des arts.

Mme McCracken objecte aussi que son gouvernement injectera plus de 60 millions d'ici deux ans dans le programme Espaces culturels destinés aux infrastructures culturelles, et 100 millions dans les événements touristiques, dont les grands festivals comme Luminato ou le Festival international de jazz de Montréal. Autant de mesures qui n'ont pas de lien direct avec l'enjeu de la diffusion des artistes à l'étranger, et qui ont été annoncées il y a plusieurs mois dans la foulée du dernier budget Flaherty.

Invitée à commenter, la critique du Bloc québécois en matière de Patrimoine, la députée Carole Lavallée, juge que cette situation prouve parfaitement que «le ministre Moore ne comprend rien à la dynamique du milieu culturel». «Le ministre ne comprend pas les structures de l'industrie et ne comprend pas non plus qu'il a créé un trou béant dans l'aide aux tournées. Avec Scene BC, il met la charrue avant les boeufs!», déplore-t-elle.
 
 
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  • Michel Simard
    Abonné
    mercredi 15 avril 2009 09h14
    Qualité du français au ministère du Patrimoine
    La piètre qualité du français dans les communications du ministère du Patrimoine (sic) reflète bien le peu d'importance accordée au français par le gouvernement canadien.

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