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La CSST souhaite prévenir les blessures liées au monde du spectacle

Selon la CSST, il y a eu 274 accidents dans le milieu culturel en 2007, dont la moitié ont touché des travailleurs de moins de 30 ans.
Photo : Agence Reuters
Selon la CSST, il y a eu 274 accidents dans le milieu culturel en 2007, dont la moitié ont touché des travailleurs de moins de 30 ans.
Au Québec, où le milieu culturel emploie 27 000 personnes, la réduction des blessures est nécessaire pour la survie de l'industrie. C'est pourquoi la CSST a lancé cette semaine un guide visant à rendre l'environnement de ces travailleurs plus sécuritaire.

La vie des acteurs, artistes du cirque, chanteurs, danseurs et autres professionnels de la scène n'est pas que strass et paillettes. Les chevilles fracturées, les dos barrés, les genoux fracassés et même, parfois, les carrières brisées sont le lot de plusieurs d'entre eux.

Au Québec, où le milieu culturel emploie 27 000 personnes, la réduction des blessures est nécessaire pour la survie de cette importante industrie. C'est pourquoi la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) a lancé cette semaine un guide visant à rendre l'environnement de ces travailleurs plus sécuritaire.

«Le guide contient de l'information pratique adaptée aux besoins de la scène, a expliqué la porte-parole de la Commission, Julie Melançon. Il souligne les obligations juridiques en matière de prévention, les étapes à suivre pour prévenir les blessures s'appliquant à tous les secteurs de la scène, et 33 recommandations pratiques qui aideront les employeurs à faire leurs devoirs [...] et à éliminer les risques.»

Le guide de 96 pages explique aux producteurs, promoteurs, exploitants de salles et autres employeurs du milieu culturel comment s'assurer que les environnements de travail sont sécuritaires. On y suggère notamment de privilégier les masques hypoallergènes et un éclairage adéquat, et on y demande de laisser aux artistes suffisamment de temps pour les changements de costumes et les échauffements.

L'objectif de cette initiative est de «faciliter l'intégration de la prévention dans la gestion quotidienne des entreprises des arts de la scène, a ajouté Mme Melançon. Et de rappeler aux employeurs leurs obligations en ce qui concerne la santé et la sécurité».

Selon la Commission, il y a eu 274 accidents dans le milieu culturel en 2007, dont la moitié ont touché des travailleurs de moins de 30 ans. La même année, la Commission a versé près de 1,3 million en indemnisations pour les travailleurs de la scène, une donnée qui demeure stable année après année, a indiqué Mme Melançon.

Les techniciens de scène et les danseurs sont ceux qui risquent le plus de subir des blessures, a-t-elle ajouté. Les blessures les plus communes touchent les jambes et le dos.

Pour une ex-ballerine des Grands Ballets canadiens qui souhaite garder l'anonymat, le guide arrive toutefois un peu trop tard. La jeune femme de 30 ans a fait une chute lors d'une répétition, il y a quelques années, et la blessure à l'épaule qui en a résulté l'a rendue incapable de se vêtir elle-même pendant un certain temps. Elle a alors dû mettre un terme à sa carrière.

L'ex-danseuse affirme que trois de ses collègues ont subi des blessures semblables. Elle croit que ses anciens employeurs devraient lire le guide de la CSST. «Ça ne semble pas être la faute des danseurs lorsque ça se répète ainsi, a-t-elle dit. Je crois qu'il faut sensibiliser les employeurs.»

Selon elle, la prévention, bien plus que l'indemnisation, devrait être le mandat de la CSST, et le guide ne va pas assez loin. «Idéalement, la CSST se rendrait sur les lieux de travail une fois par année, pendant une semaine, pour voir ce qui se passe en studio et pour offrir ses recommandations aux employeurs.»

Jean-Pierre Leduc, président de l'organisation Rideau, qui représente les théâtres et autres salles de spectacle, croit lui aussi qu'il est essentiel que la santé et la sécurité deviennent des priorités. Il a bon espoir que le guide, auquel il a collaboré, ne fera pas de la sécurité une «obsession» qui «entravera l'expression artistique». Mais il croit que le document apportera les clarifications nécessaires en matière de responsabilité.

Raymond Legault, président de l'Union des artistes, confirme que le monde du spectacle semble fascinant, mais que ce n'est pas toujours le cas. Plusieurs acteurs et artistes travaillent malgré des blessures, souvent à leur détriment, a-t-il dit. Il espère que le guide aidera à prévenir ces blessures.

«L'objectif est qu'il y ait de moins en moins d'accidents, a-t-il souligné. Il faut reconnaître que certains éléments du décor, des costumes et de l'éclairage peuvent mettre les gens en danger et causer des accidents.»
 
 
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