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Prix du Canada - Le fondateur de Luminato fait son mea-culpa

L'instigateur du «Nobel des arts» avoue n'avoir jamais approché ses partenaires potentiels

Isabelle Paré   12 février 2009  Actualités culturelles
Un extrait de Bellafigura par les Grands Ballets canadiens. Photo: Serguei Endinian,  Grands Ballets canadiens
Un extrait de Bellafigura par les Grands Ballets canadiens. Photo: Serguei Endinian, Grands Ballets canadiens
L'instigateur des prix du Canada et fondateur du festival Luminato, David Pecaut, fait son mea-culpa et admet n'avoir contacté aucun des «partenaires» du milieu des arts utilisés pour promouvoir son idée auprès du gouvernement Harper. Prêt à présenter ses excuses, il n'en pense pas moins qu'un «Nobel des arts» demeure une idée brillante, a-t-il déclaré au Devoir.

«C'était une liste de partenaires potentiels, mais nous n'avons pas approché les gens, car ce n'était à l'époque qu'un document de travail. C'était trop tôt pour que les gens se commettent», a-t-il défendu, en entrevue téléphonique.

M. Pecaut a commenté longuement le document présenté par son organisation dont faisait état hier La Presse et qui est à l'origine de la création des prix du Canada dans le dernier budget du gouvernement Harper. Ce document révèle que les promoteurs n'y sont pas allés de main morte pour faire mousser leur projet, qualifiant de «partenaires» plusieurs noms prestigieux, dont le Cirque du Soleil, les Grands Ballets canadiens de Montréal (GBCM), et plusieurs autres troupes de théâtre, de danse et de musique. Le Metropolitan Opera, le Ballet de l'Opéra de Paris, le Musée d'art moderne de New York (MoMA) et le musée Guggenheim figuraient aussi à titre de partenaires internationaux.

Or, M. Pecaut a admis hier que ce n'était que des «exemples» du genre de partenaires souhaités pour donner de l'étoffe aux prix du Canada, mais qu'aucun n'avait réellement donné son aval à ce partenariat. Des appels faits hier à New York et ailleurs au Canada ont confirmé ces dires, personne n'ayant eu vent de leur association avec ces fameux prix.

M. Pecaut s'est dit désolé que des gens aient été choqués de voir leurs compagnies associées à ce «document de travail». «Si tout le monde pense que c'est une mauvaise idée, passons à autre chose. Mais je continue de croire que c'est une idée brillante», a-t-il insisté.

Interrogé sur l'éthique douteuse de ce procédé, David Pecaut soutient que l'importance de consulter le milieu des arts avant d'instaurer ces prix avait toujours été évoquée lors de la présentation faite aux ministres des Finances, Jim Flaherty, et du Patrimoine canadien, James Moore.

Les faux partenaires en furie

Hier, l'un des prétendus «partenaires» des prix du Canada, Alain Dancyger, directeur général des Grands Ballets canadiens de Montréal, était littéralement furieux. Il a exigé une rétractation et des excuses formelles de la part des promoteurs du projet.

«Avec tous les efforts que l'on fait, c'est kafkaïen. Ce qui me met en furie, c'est d'être associé à ces prix, qui sont une véritable honte, alors que les programmes de tournée [annulés par le gouvernement Harper] soutenaient plus de 300 compagnies au Canada. Je m'attends à ce que Luminato fasse des excuses officielles et une rétractation», a-t-il fulminé hier, joint au Caire.

Cette fausse association ajoute l'injure à l'outrage, insiste M. Dancyger, en Égypte pour trouver des fonds pour financer une tournée des GBCM au Moyen-Orient, hautement fragilisée par l'abolition des programmes d'aide aux tournées par le gouvernement Harper.

De 16 destinations, la tournée a dû être réduite à quatre villes, dont Le Caire et Tel-Aviv, où les Grands Ballets ont été invités aux festivités des 100 ans de Tel-Aviv. «Ce projet démontre une inconscience totale. Pendant que 25 millions dorment à Toronto, j'essaie de sauver une tournée et une présence historique du Canada au Moyen-Orient, c'est ça le pire!», a-t-il dit.

Le directeur de Culture Montréal, vice-président du Conseil des arts du Canada et directeur de l'École nationale de théâtre (ENT), faussement associée au projet, Simon Brault, était tout aussi chaviré. «L'ironie de cela, c'est qu'on a utilisé les noms de plusieurs des compagnies qui sont les principales victimes des coupes du gouvernement Harper», dit-il.

Simon Brault juge que le gouvernement va à l'encontre de ses propres discours. «Mes collègues de Toronto sont encore à terre! On donne 25 millions à un projet mal ficelé, alors qu'il y a urgence de réinstaurer des programmes d'aide à la tournée, abolis sous prétexte d'inefficacité administrative», plaide-t-il.

La polémique entourant le document s'est répercutée à la Chambres des communes, hier après-midi, où le premier ministre Harper et le ministre du Patrimoine, James Moore, ont essuyé les tirs des partis d'opposition.

«Le premier ministre réalise-t-il que son ministre du Patrimoine canadien [...] nous a dit exactement le contraire de la vérité?», a tonné le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe. «Tous les groupes qu'il affirme avoir consultés [...] ont dit que c'était faux. Ce n'est pas de la consultation, c'est de la manipulation de l'opinion publique.»

Attaqué sur tous les fronts, le ministre Moore a soutenu que le document controversé n'émanait pas de son gouvernement, mais était plutôt la proposition d'hommes d'affaires. «C'est absolument faux. La proposition dont le Bloc est en train de parler n'est pas une proposition de notre politique. Nous faisons nos consultations dans l'idée de créer un prix canadien [...]. Ce dont il parle ici, c'est une proposition qui n'est pas nôtre [sic]», a répliqué M. Moore.

Pablo Rodriguez, critique libéral en matière de patrimoine, a déclaré: «C'est totalement inacceptable. Ils ont créé ce prix-là sur de fausses prémisses et de fausses informations. Les instigateurs du projet et le ministre devront répondre.»

Le premier ministre Harper s'est porté à la défense du ministre Moore en rappelant que ce dernier était toujours en consultation pour développer les modalités de ces prix. En réponse à Carole Lavallée, critique du BQ en matière de patrimoine, qui l'a pressé d'entendre raison et de réinstaurer les programmes d'aide à la tournée, le ministre Moore a soutenu que cela est déjà chose faite puisque le budget prévoit 22 millions «pour aider les artistes sur la scène internationale».
 
 
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  • Sylvain Racine - Abonné
    12 février 2009 12 h 54
    "Showbizz"
    Mais au Québec, y'a Star Académie et l'empire Quebecor pour faire la promotion de la culture et des arts, non? Pourquoi se plaindre. L'art et la culture va très bien. Y'a même une excellente émission du nom de "Showbizz" à TQS pour bien informer les Québécois sur l'art et la culture.
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  •  
  • Jocelyne Brunet - Inscrite
    12 février 2009 13 h 51
    Sournois ces gens d'affaires
    Si des gens d'affaires comme M. Pecaut voulaient instaurer un « Nobel » des arts dont ils auraient la gestion, ils n'avaient qu'à trouver le financement nécessaire dans le privé. Que n'allaient-ils pas frapper à la porte des multinationales comme Wal-Mart pour réaliser leurs rêves de grandeur?

    Que le gouvernement soit prêt non seulement à prendre l'argent de mes impôts pour récompenser des artistes étrangers, mais qu'il confie de surcroît la gestion de ces fonds publics à un groupe d'hommes d'affaires de Toronto, c'est d'une effronterie stupéfiante.

    Jocelyne Brunet
    Gatineau
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  • mhglrnu@gmail.com - Abonné
    12 février 2009 13 h 57
    Cluture,sante les plaine et patatita.
    Si vous vous occupiez de vos affaires.Mais non on aimentça,laisseée l'institue éconmique de Montréal radotter le même message... Vous pouriez règler un problème à la fois comme payer vos impots chez-vous, c'est un bon départ.
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