Vers un lock-out au Journal de Montréal
Québec — Les négociations sont «suspendues» au Journal de Montréal et tout indique qu'un lock-out pourrait être décrété dès dimanche, selon ce que Le Devoir a appris. Le 6 décembre, le Syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal (STIJM) et la direction avaient entamé une période de négociation intensive en présence du conciliateur Pierre-Marc Bédard, nommé à la mi-décembre par le ministre du Travail. Pendant celle-ci, les deux parties avaient convenu d'une trêve: d'une part, pas de moyens de pression; d'autre part, promesse de ne pas décréter un lock-out.
Ainsi, lundi, quatre jours avant le terme (fixé au 23 janvier) de cette négociation intensive, les deux parties ont constaté l'«impasse totale». Hier, le syndicat a convoqué ses membres aujourd'hui à Montréal afin de faire un rapport de la négociation. Théoriquement, la trêve et l'embargo concernant les pourparlers sont maintenus jusqu'à vendredi. Le président du STIJM, Raynald Leblanc, s'est d'ailleurs refusé à tout commentaire hier.
Mais plusieurs à l'interne confiaient n'avoir plus aucun espoir quant à la possibilité d'un règlement avant vendredi et entrevoyaient un scénario à la Journal de Québec, lequel a été en lock-out une quinzaine de mois en 2007-08; un conflit qui s'est soldé à l'avantage de l'employeur, selon le spécialiste en droit du travail de l'Université Laval Alain Barré. Aux yeux de ce dernier, Quebecor aurait plus de facilité à contourner le régime antibriseur de grève à Montréal grâce à son quotidien gratuit 24 heures.
Du côté du Journal de Montréal, la vice-présidente aux affaires publiques de Quebecor média, Isabelle Dessureault, s'est dite hier «extrêmement surprise» de recevoir un appel du Devoir au sujet de la suspension des négociations. Elle y a vu une potentielle violation des conditions de l'entente de début décembre. «Nous, on se sent toujours liés par l'entente et nous ne ferons aucune déclaration.» L'assemblée des membres du STIJM pourrait bien décider de la façon de «mettre fin à l'impasse» aujourd'hui, a-t-elle dit. «Nous étions encore à la table hier!» À la question «Est-ce qu'un lock-out se prépare au Journal de Montréal?», Mme Dessureault a répondu que «toute entreprise responsable a un plan de contingence et se prépare à toute éventualité».
Les demandes de Quebecor portent sur 233 points et impliqueraient un plan que le syndicat qualifie de «convergence illimitée». Quebecor réclame aussi la possibilité d'utiliser la sous-traitance pour les employés de bureau et des petites annonces, ce qui impliquerait 87 mises à pied à court terme. Le Journal de Montréal n'est pourtant pas en mauvaise posture financière, argue le syndicat, lequel estime que l'entreprise a dégagé des profits de quelque 50 millions en 2008, sur 200 millions de chiffre d'affaires. Dans ce contexte, «pourquoi recourir à la sous-traitance? Pourquoi diminuer la qualité rédactionnelle?», s'interrogeait hier Louis-Serge Houle, responsable des communications à la Confédération des syndicats nationaux (CSN). M. Houle soutient que, depuis l'arrivée de Pierre Karl Péladeau à la tête de l'entreprise fondée par son père Pierre il y a 13 ans, 12 lock-out ont été décrétés. «Ce n'est pas ainsi que Péladeau père a construit son journal», a lancé M. Houle.
Ainsi, lundi, quatre jours avant le terme (fixé au 23 janvier) de cette négociation intensive, les deux parties ont constaté l'«impasse totale». Hier, le syndicat a convoqué ses membres aujourd'hui à Montréal afin de faire un rapport de la négociation. Théoriquement, la trêve et l'embargo concernant les pourparlers sont maintenus jusqu'à vendredi. Le président du STIJM, Raynald Leblanc, s'est d'ailleurs refusé à tout commentaire hier.
Mais plusieurs à l'interne confiaient n'avoir plus aucun espoir quant à la possibilité d'un règlement avant vendredi et entrevoyaient un scénario à la Journal de Québec, lequel a été en lock-out une quinzaine de mois en 2007-08; un conflit qui s'est soldé à l'avantage de l'employeur, selon le spécialiste en droit du travail de l'Université Laval Alain Barré. Aux yeux de ce dernier, Quebecor aurait plus de facilité à contourner le régime antibriseur de grève à Montréal grâce à son quotidien gratuit 24 heures.
Du côté du Journal de Montréal, la vice-présidente aux affaires publiques de Quebecor média, Isabelle Dessureault, s'est dite hier «extrêmement surprise» de recevoir un appel du Devoir au sujet de la suspension des négociations. Elle y a vu une potentielle violation des conditions de l'entente de début décembre. «Nous, on se sent toujours liés par l'entente et nous ne ferons aucune déclaration.» L'assemblée des membres du STIJM pourrait bien décider de la façon de «mettre fin à l'impasse» aujourd'hui, a-t-elle dit. «Nous étions encore à la table hier!» À la question «Est-ce qu'un lock-out se prépare au Journal de Montréal?», Mme Dessureault a répondu que «toute entreprise responsable a un plan de contingence et se prépare à toute éventualité».
Les demandes de Quebecor portent sur 233 points et impliqueraient un plan que le syndicat qualifie de «convergence illimitée». Quebecor réclame aussi la possibilité d'utiliser la sous-traitance pour les employés de bureau et des petites annonces, ce qui impliquerait 87 mises à pied à court terme. Le Journal de Montréal n'est pourtant pas en mauvaise posture financière, argue le syndicat, lequel estime que l'entreprise a dégagé des profits de quelque 50 millions en 2008, sur 200 millions de chiffre d'affaires. Dans ce contexte, «pourquoi recourir à la sous-traitance? Pourquoi diminuer la qualité rédactionnelle?», s'interrogeait hier Louis-Serge Houle, responsable des communications à la Confédération des syndicats nationaux (CSN). M. Houle soutient que, depuis l'arrivée de Pierre Karl Péladeau à la tête de l'entreprise fondée par son père Pierre il y a 13 ans, 12 lock-out ont été décrétés. «Ce n'est pas ainsi que Péladeau père a construit son journal», a lancé M. Houle.
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