Pitié pour les trésors du Proche-Orient !
Le Bouclier bleu demande grâce et protection pour le patrimoine de l'humanité
Le Proche-Orient s'embrase et les organismes internationaux de protection du patrimoine multiplient les appels pour la sauvegarde des biens culturels dans cette région du monde, berceau de civilisations depuis des millénaires.
Coup sur coup, le Comité international du Bouclier bleu (ICBS) vient de prendre position pour la protection des biens culturels en cas de guerre en Irak et pour une immunité semblable dans le cadre du conflit Israélo-palestinien. L'organisme demande aussi à la communauté internationale de respecter ses engagements de reconstruction patrimoniale en Afghanistan.
Le Bouclier bleu, fondé en 1996, se veut l'équivalent de la Croix-Rouge ou du Croissant-Rouge dans le domaine culturel. Le comité international rassemble quatre grands organismes internationaux de défense des musées (ICOM), des archives (ICA), des bibliothèques (IFLA) et du patrimoine (ICOMOS).
L'ICBS a écrit la semaine dernière à toutes les instances dirigeantes mêlées au conflit, aux chefs d'État américain, britannique et irakien, à leur ambassadeur ou représentant (dans le cas des États-Unis) auprès de l'UNESCO, mais aussi au secrétaire général de l'ONU. «Nous leur demandons, en cas de guerre, de faire tout en leur pouvoir pour protéger les archives, les bibliothèques, les monuments et les sites ainsi que les musées», explique Ross Shimmon, président de l'ICBS, joint hier au bureau de La Haye de la Fédération internationale des associations de bibliothécaires et des bibliothèques. «Nous leur demandons aussi de s'engager à restaurer les biens qui seraient affectés par le conflit.»
Les signataires
La lettre reprend les termes d'un communiqué émis au début du mois pour demander «instamment à tous les gouvernements concernés d'oeuvrer dans l'esprit de la Convention de La Haye pour la protection du patrimoine culturel en cas de conflit armé». Contrairement à l'Irak, le Royaume-Uni et les États-Unis n'ont pas signé la Convention de La Haye. En 1991, lors de la guerre du Golfe, la coalition internationale avait forcé les états-majors à protéger autant que possible le patrimoine irakien (voir Le Devoir du 14 mars 2003).
«C'est tout de même une obligation morale pour un État de ne pas s'en prendre au patrimoine en cas de guerre», juge le président Shimmon, qui reconnaît ne pas avoir reçu de réponses à ses missives. «Je comprends, d'après ce qu'affirme l'Association américaine d'archéologie, que le Pentagone possède des cartes culturelles du territoire irakien. J'espère qu'elles seront utilisées.»
Le Bouclier bleu rappelle aussi à la communauté internationale les promesses d'aide et de reconstruction qui attendent toujours de se concrétiser dans le domaine patrimonial en Afghanistan. Ces déclarations peuvent être éclairées par les promesses similaires faites maintenant par Washington et Londres au sujet de la reconstruction éventuelle d'un Irak libéré de son dictateur.
Le régime taliban a dévasté des pans entiers de la culture afghane — on se rappellera la destruction des bouddhas géants de Bamyian. Le Musée national, à Kaboul, a été pillé, pilonné et laissé à l'abandon. «La Grèce s'était engagée à fournir les fonds pour mettre l'établissement à l'abri des intempéries, avant le dernier hiver, explique Ross Shimmon. L'argent n'a pas été versé. Beaucoup d'autres gouvernements ont fait des promesses pour la restauration de biens culturels mais n'ont jamais payé l'UNESCO pour ce faire. Nous disons simplement qu'une chose promise est une chose due.»
Le comité international rappelle finalement les destructions et les dommages infligés à des biens culturels dans les territoires sous le contrôle d'Israël ou de l'Autorité palestinienne. «L'ICBS demande à toutes les parties de prendre des actions communes pour protéger le riche patrimoine culturel de la région», dit un communiqué émis le 14 mars. Le document prend le soin d'ajouter que «par cette déclaration, le Comité international du Bouclier bleu ne prend aucunement position par rapport aux autres problèmes au coeur de ce conflit».
L'ICBS souligne qu'une récente décision de la Cour suprême d'Israël a rejeté un décret de l'armée israélienne ordonnant la destruction de maisons dans la cité historique d'Hébron. Dans le dernier rapport annuel Patrimoine en péril (Heritage@Risk) mis en ligne par l'ICOMOS, le comité palestinien souligne qu'au moins 64 édifices ou groupes d'édifices ont été fortement endommagés dans la cité historique de Naplouse, dont une mosquée et divers sites de l'époque ottomane.
Coup sur coup, le Comité international du Bouclier bleu (ICBS) vient de prendre position pour la protection des biens culturels en cas de guerre en Irak et pour une immunité semblable dans le cadre du conflit Israélo-palestinien. L'organisme demande aussi à la communauté internationale de respecter ses engagements de reconstruction patrimoniale en Afghanistan.
Le Bouclier bleu, fondé en 1996, se veut l'équivalent de la Croix-Rouge ou du Croissant-Rouge dans le domaine culturel. Le comité international rassemble quatre grands organismes internationaux de défense des musées (ICOM), des archives (ICA), des bibliothèques (IFLA) et du patrimoine (ICOMOS).
L'ICBS a écrit la semaine dernière à toutes les instances dirigeantes mêlées au conflit, aux chefs d'État américain, britannique et irakien, à leur ambassadeur ou représentant (dans le cas des États-Unis) auprès de l'UNESCO, mais aussi au secrétaire général de l'ONU. «Nous leur demandons, en cas de guerre, de faire tout en leur pouvoir pour protéger les archives, les bibliothèques, les monuments et les sites ainsi que les musées», explique Ross Shimmon, président de l'ICBS, joint hier au bureau de La Haye de la Fédération internationale des associations de bibliothécaires et des bibliothèques. «Nous leur demandons aussi de s'engager à restaurer les biens qui seraient affectés par le conflit.»
Les signataires
La lettre reprend les termes d'un communiqué émis au début du mois pour demander «instamment à tous les gouvernements concernés d'oeuvrer dans l'esprit de la Convention de La Haye pour la protection du patrimoine culturel en cas de conflit armé». Contrairement à l'Irak, le Royaume-Uni et les États-Unis n'ont pas signé la Convention de La Haye. En 1991, lors de la guerre du Golfe, la coalition internationale avait forcé les états-majors à protéger autant que possible le patrimoine irakien (voir Le Devoir du 14 mars 2003).
«C'est tout de même une obligation morale pour un État de ne pas s'en prendre au patrimoine en cas de guerre», juge le président Shimmon, qui reconnaît ne pas avoir reçu de réponses à ses missives. «Je comprends, d'après ce qu'affirme l'Association américaine d'archéologie, que le Pentagone possède des cartes culturelles du territoire irakien. J'espère qu'elles seront utilisées.»
Le Bouclier bleu rappelle aussi à la communauté internationale les promesses d'aide et de reconstruction qui attendent toujours de se concrétiser dans le domaine patrimonial en Afghanistan. Ces déclarations peuvent être éclairées par les promesses similaires faites maintenant par Washington et Londres au sujet de la reconstruction éventuelle d'un Irak libéré de son dictateur.
Le régime taliban a dévasté des pans entiers de la culture afghane — on se rappellera la destruction des bouddhas géants de Bamyian. Le Musée national, à Kaboul, a été pillé, pilonné et laissé à l'abandon. «La Grèce s'était engagée à fournir les fonds pour mettre l'établissement à l'abri des intempéries, avant le dernier hiver, explique Ross Shimmon. L'argent n'a pas été versé. Beaucoup d'autres gouvernements ont fait des promesses pour la restauration de biens culturels mais n'ont jamais payé l'UNESCO pour ce faire. Nous disons simplement qu'une chose promise est une chose due.»
Le comité international rappelle finalement les destructions et les dommages infligés à des biens culturels dans les territoires sous le contrôle d'Israël ou de l'Autorité palestinienne. «L'ICBS demande à toutes les parties de prendre des actions communes pour protéger le riche patrimoine culturel de la région», dit un communiqué émis le 14 mars. Le document prend le soin d'ajouter que «par cette déclaration, le Comité international du Bouclier bleu ne prend aucunement position par rapport aux autres problèmes au coeur de ce conflit».
L'ICBS souligne qu'une récente décision de la Cour suprême d'Israël a rejeté un décret de l'armée israélienne ordonnant la destruction de maisons dans la cité historique d'Hébron. Dans le dernier rapport annuel Patrimoine en péril (Heritage@Risk) mis en ligne par l'ICOMOS, le comité palestinien souligne qu'au moins 64 édifices ou groupes d'édifices ont été fortement endommagés dans la cité historique de Naplouse, dont une mosquée et divers sites de l'époque ottomane.
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