Pont Charles, à Prague - Une rénovation qui déchaîne les passions
Les inspecteurs reprochent le manque de fidélité à la construction d'origine
27 novembre 2008
Actualités culturelles
La restauration en cours du majestueux pont Charles, orné de statues baroques, qui enjambe la Moldau, au coeur de Prague, déchaîne les passions en République tchèque. Les inspecteurs de la section du patrimoine du ministère de la Culture ont critiqué les travaux de rénovation entrepris depuis 2007 et prévus jusqu'en 2010 sur le monument le plus célèbre de la capitale tchèque, qui vient de célébrer ses 650 ans. «La valeur esthétique et artistique du monument est irrévocablement dévaluée», tout comme «l'authenticité et la fonction documentaire» de la construction, estiment les inspecteurs du ministère.
Une telle critique a provoqué de vives réactions de la part des autorités municipales, qui dirigent et financent les travaux réalisés par une filiale du groupe français Vinci. Le conservateur en chef des Monuments historiques de la Ville de Prague, Jan Knezinek, a récusé ces accusations. Le contrôleur des Monuments historiques, Ondrej Sefcu, chargé du suivi des travaux, estime lui que «l'attitude des inspecteurs a été brutale et leur enquête menée avec des idées préconçues».
L'inspection du ministère reproche en particulier un trop grand taux de remplacement des blocs de pierre du muret qui sert de parapet — la partie la plus visitée du pont — et l'utilisation d'un grès différent et plus blanc que celui d'origine. Par ailleurs, elle a relevé que certains blocs, replacés de travers, dépassent en plusieurs points. «Il y a des erreurs et des petits défauts qui seront réparés au fur et à mesure que le chantier arrivera à son terme», explique M. Sefcu.
Querelle sur l'authenticité
Après quarante ans de communisme pendant lesquels les monuments historiques étaient soit laissés à l'abandon, soit brutalement rénovés, chaque projet concernant un bâtiment de valeur architecturale ou symbolique est mille fois discuté et critiqué. La rénovation du pont Charles, en préparation depuis le milieu des années 1990, a été sans cesse reportée, faute d'argent ou à cause de nouvelles contestations. Presque tous les corps scientifiques ont été amenés à se prononcer sur l'état du pont, endommagé par la circulation automobile, interdite seulement au début des années 1970, par l'utilisation du sel contre la neige et du ciment à la place des joints à la chaux.
La querelle sur l'authenticité du pont Charles semble d'un autre âge. «Trente pour cent seulement des pierres du parapet datent du Moyen Âge, rappelle M. Sefcu. Les autres ont été placées à l'époque baroque ou aux XIXe et XXe siècles. Seule l'armature et le plein des piliers sont à 80 % d'origine et il est important de le conserver, mais c'est la partie invisible.» Quant aux statues qui donnent son caractère au pont, ce sont... des copies.
Une telle critique a provoqué de vives réactions de la part des autorités municipales, qui dirigent et financent les travaux réalisés par une filiale du groupe français Vinci. Le conservateur en chef des Monuments historiques de la Ville de Prague, Jan Knezinek, a récusé ces accusations. Le contrôleur des Monuments historiques, Ondrej Sefcu, chargé du suivi des travaux, estime lui que «l'attitude des inspecteurs a été brutale et leur enquête menée avec des idées préconçues».
L'inspection du ministère reproche en particulier un trop grand taux de remplacement des blocs de pierre du muret qui sert de parapet — la partie la plus visitée du pont — et l'utilisation d'un grès différent et plus blanc que celui d'origine. Par ailleurs, elle a relevé que certains blocs, replacés de travers, dépassent en plusieurs points. «Il y a des erreurs et des petits défauts qui seront réparés au fur et à mesure que le chantier arrivera à son terme», explique M. Sefcu.
Querelle sur l'authenticité
Après quarante ans de communisme pendant lesquels les monuments historiques étaient soit laissés à l'abandon, soit brutalement rénovés, chaque projet concernant un bâtiment de valeur architecturale ou symbolique est mille fois discuté et critiqué. La rénovation du pont Charles, en préparation depuis le milieu des années 1990, a été sans cesse reportée, faute d'argent ou à cause de nouvelles contestations. Presque tous les corps scientifiques ont été amenés à se prononcer sur l'état du pont, endommagé par la circulation automobile, interdite seulement au début des années 1970, par l'utilisation du sel contre la neige et du ciment à la place des joints à la chaux.
La querelle sur l'authenticité du pont Charles semble d'un autre âge. «Trente pour cent seulement des pierres du parapet datent du Moyen Âge, rappelle M. Sefcu. Les autres ont été placées à l'époque baroque ou aux XIXe et XXe siècles. Seule l'armature et le plein des piliers sont à 80 % d'origine et il est important de le conserver, mais c'est la partie invisible.» Quant aux statues qui donnent son caractère au pont, ce sont... des copies.
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