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Entretien - Rencontre avec un artisan star

Ken Follett parle de son rôle d'écrivain comme d'un travail et d'un métier

Paul Cauchon   22 novembre 2008  Actualités culturelles
Ken Follett a fait un voyage éclair à Montréal, arrivé jeudi, repartant hier soir, le temps de rencontrer quelques médias et de signer des livres pendant quelques heures au Salon du livre de Montréal.
Photo : Jacques Nadeau
Ken Follett a fait un voyage éclair à Montréal, arrivé jeudi, repartant hier soir, le temps de rencontrer quelques médias et de signer des livres pendant quelques heures au Salon du livre de Montréal.
Peu d'écrivains peuvent se vanter d'avoir vendu 100 millions d'exemplaires dans le monde. Ken Follett est donc une star de l'édition, et son nouveau titre, Un monde sans fin, caracole au sommet des palmarès depuis un an. Déjà près de quatre millions d'exemplaires vendus dans le monde, et six mois en tête des listes du New York Times. Paru en traduction française au début de l'automne, il en était déjà à 230 000 exemplaires vendus à la fin d'octobre. En Italie, des séances de signatures ont viré à l'émeute, la police devant intervenir pour calmer les lecteurs qui faisaient la file.

Ken Follett est donc un citoyen britannique très millionnaire, et très distingué, dont la femme, Barbara Follett, députée travailliste d'un district de l'est de l'Angleterre, vient tout juste d'être nommée ministre de la Culture en octobre par Gordon Brown.

Pourtant, Ken Follett se définit comme un artisan, et il parle de son rôle d'écrivain comme d'un travail et d'un métier. «Nous devons, nous les écrivains de métier, offrir quelque chose de plus, offrir quelque chose que le lecteur ne trouve pas à la télévision. Le lecteur veut de l'émotion, et je dois travailler très fort pour que le récit soit prenant, mais il doit aussi fermer le livre en se disant qu'il a vraiment appris quelque chose.»

Ken Follett a fait un voyage éclair à Montréal, arrivé jeudi, repartant hier soir, le temps de rencontrer quelques médias et de signer des livres pendant quelques heures au Salon du livre de Montréal. Dans sa suite d'hôtel où il reçoit Le Devoir, l'homme a une indéniable distinction britannique polie, et il s'efforce de répondre à toutes les questions en français.

D'abord journaliste, ce Gallois d'origine recevait le prix Edgar du roman policier de l'année dès son premier titre, L'Arme à l'oeil, en 1978. Auteur de thrillers et de romans d'espionnage (dont plusieurs récits situés pendant la Seconde Guerre mondiale et s'appuyant sur des faits historiques peu connus), il surprend ses fans en 1989 avec un projet totalement différent, Les Piliers de la terre, une grande et extraordinaire saga sur la construction d'une cathédrale dans une petite ville d'Angleterre au XIIe siècle, en plein Moyen Âge, une saga où les histoires individuelles s'entremêlent avec les grands enjeux de l'Histoire. Le succès est mondial. «J'avais toujours refusé de faire une suite, explique-t-il, parce que tous les personnages étaient morts ou avaient disparu à la fin! Mais on me demandait constamment une suite. Je me suis dit, qu'est-ce que les lecteurs ont tant aimé? Je crois que c'est vraiment le fait de se plonger dans un roman total, qui couvre toute une vie, qui englobe la société entière.»

En rédigeant Les Piliers de la terre, Ken Follett voulait écrire «un grand roman populaire, comme Autant en emporte le vent». Pourquoi cet intérêt pour le Moyen Âge? «Je me posais les mêmes questions que n'importe quel touriste se pose en visitant des cathédrales: comment a-t-on pu les construire? Les cathédrales sont énormes, belles, chères, ce sont les plus beaux édifices du monde, et elles ont été construites par des gens qui habitaient des maisons de bois et qui couchaient sur le plancher. Cela démontre comment les gens peuvent faire des choses extraordinaires.»

Un monde sans fin, publié chez Robert Laffont, se situe donc dans la même ville britannique de Kings bridge, mais environ 150 ans plus tard, dans un monde ravagé par les guerres, les famines et la peste.

Ken Follett ne livre pas de recettes permettant d'écrire un best-seller. Il explique humblement vouloir à la fois «peindre avec les mots» et «décrire le plus exactement possible». Quel que soit le sujet choisi, espionnage contemporain ou Moyen Âge, «je cherche toujours le drame». Mais avec une telle renommée internationale, comment parvient-il à écrire? «Deux mois de promotion, et dix mois par année de travail d'écriture intensif», répond-il...
 
 
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