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Día de Muertos

Fête culinaire et retrouvailles avec les défunts, le Día de Muertos n’est pas macabre, mais joyeux.
Photo : Jacques Grenier
Fête culinaire et retrouvailles avec les défunts, le Día de Muertos n’est pas macabre, mais joyeux.
Marre de l'Halloween? Ou en mal d'exotisme? Quatre amis mexicains, épris de leur culture et du goût du partage, proposent en cette période macabre et festive de célébrer la mort autrement que sous les traits de Frankenstein.

Frida revient souper ce soir. Ce soir, demain et dimanche. Frida Kahlo (1907-1954), pour être précis. Une bande de Mexicains convie en effet la célèbre peintre à déguster des mets traditionnels. Détrompez-vous, ces quatre âmes, associées, ou presque, derrière l'enseigne Mestiza, fine épicerie mexicaine, ne sont pas des adeptes de spiritisme. Et ils sont plus sensés que bien des marchands «ethniques».

Aujourd'hui, soir d'Halloween, ces Mexicains désormais Montréalais tiennent un Día de Muertos, une fête des morts typiquement mexicaine. Leur épicerie, coin de la Roche et Saint-Zotique, offrira de quoi se mettre sous la dent: du mole, l'incontournable plat au poulet, au pan de muertos, et son chocolat chaud de mise. Et, bien sûr, les uniques calaveras, crânes en sucre blanc aux yeux colorés.

La soirée, sucrée et épicée, donc, ne se caractérisera pas par la récolte de bonbons mais par une bouffe autour d'une icône commune. «Vous n'êtes pas tenu de vous déguiser», précise Nadia Roldán, tête dirigeante de Mestiza. Même pas en Frida.

Fixé le 2 novembre, dans la pratique célébrée aussi le 1er (question de mixer ça à la Toussaint) et souvent, comme dans ce cas, amorcé la veille, voire une semaine avant, le Día de Muertos est une fête païenne prenant racine dans le Mexique précolombien.

Jadis, dans la culture mexica, c'était à la déesse Mictecacihuatl, dite la Dame de la Mort, qu'on offrait les morts. Aujourd'hui, c'est un autel de plats, d'eau, de fleurs, de photos... qui est monté en honneur d'un cher disparu. Pour qu'il revienne, on l'attire avec ses plats préférés.

«La question n'est pas de savoir si le mort mangera ou non. Il s'agit de célébrer la vie en rappelant ce que la personne disparue aimait», résume Nadia Roldán.

Non costumée, la fête mexicaine. Et sans visite du voisinage. Quoique... Enfant, Adriana Aranda, l'historienne du groupe, adorait ce moment pour ses tournées de dégustation qui en faisaient partie. «On allait chez les uns et les autres. De retour à la maison, chacun avait son meilleur plat.»

Les quatre comparses de Mestiza ont choisi de dresser leur autel, en honneur non pas d'un proche mais d'un personnage rassembleur. «Frida, disent-ils d'une seule voix, est l'ambassadrice culturelle du Mexique. Elle en est la tradition, un symbole, brut, véritable métisse. L'image même du Mexique.»

Profane, le Día de muertos n'en est pas moins sacré. À une époque où l'Halloween prend de plus en plus le dessus, ou justement à cause de cette séduction nord-américaine, la fête mexicaine devient... politique. À Mestiza, négoce fondé sur le partage avec ses ateliers de cuisine, organiser une telle célébration est un énoncé social. Comme tous les produits authentiques et bio qu'elle vend, c'est un appel à la culture maison, au slow food.

«On aime manger, au Mexique. Chaque fête de l'année a sa cuisine. On mange tout le temps, et il n'est pas étonnant qu'on trouve des kiosques de bouffe à chaque coin de rue», lance Adriana Aranda, pour qui parler alimentation est la meilleure vitrine d'un pays où autrefois le cacao servait de monnaie.

Fête culinaire et retrouvailles avec les défunts, le Día de Muertos n'est pas macabre. Son aspect joyeux repose en partie sur l'oeuvre du graveur et caricaturiste José Guadalupe Posada (1852-1913). Sa Catrina, figure féminine de la mort et satire de la société, est devenue emblème national. «Elle est la démocratisation de la mort, dit Nadia Roldán. Que tu sois riche ou pauvre, tu meurs.»

Frida, elle, ne s'en plaindra pas. Pourvu qu'on lui prépare un repas. À vous de venir le partager.

***

Día de muertos

Mestiza, épicerie fine mexicaine

6699, rue de la Roche

Ce soir, de 18h à 22h, et jusqu'à dimanche

www.mestiza.ca

***

Collaborateur du Devoir






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  • Marc Lapointe
    Abonné
    vendredi 31 octobre 2008 09h16
    Étrange...
    « Cela m'étonne toujours d'apprendre que de tout temps et de toutes cultures, on avait les mêmes fêtes qu'en nos temps modernes. J'habite trop loin de Montréal pour participer à votre fête mais j'y serai virtuellement. Bonne Dìa de Muertos. »

  • Normand Chaput
    Abonné
    vendredi 31 octobre 2008 12h05
    pives
    « C'est le nom d'un plat qu'on ne fait qu'une fois par année. On fait un autel avec des photos et des souvenirs des disparus de l'année. Puis les femmes préparent un plat (qu'elles ne font que ce jour-là) qui s'appelle pives. Puis là, c'est le party, avec pépé sur sa tombe. Et ce n'est nullement macabre même si, dans certaines régions, on déterre les ossements, le temps d'une nuit. Si el dia de los muertos pouvait, tranquillement remplacer l'halloween, ce serait bien. Parce que el dia de los muertos apporte un exercice de mémoire que n'a pas l'autre fête »

  • Cristina Garcia Islas
    Inscrite
    samedi 1 novembre 2008 00h42
    El dia de los muertos, plus qu'une fête c'est un rituel.
    « Savez-vous que la fête des morts, vieille d'environ 3500 ans?
    Elle découle de nos jours de plusieurs traditions!!

    Ce jour de la fête des morts, les familles vont rendre visite aux tombes de leurs ancêtres et les nettoient, les décorent, leurs mettent des fleurs (spécialement des fleurs oranges appelées zempaxuchitl, ci contre) ainsi que des bougies. Les âmes des défunts reviennent sur Terre suivant un certain ordre. Il convient alors de leur donner les offrandes appropriées.

    Pour plus d'information, je vous ai laissez ce site web en français que j'ai trouvé assez claire pour expliquer un peu plus l'histoire de "El dia de muertos"

    http://www.mexique-fr.com/muertos.php

    D'autre part, à mon avis, il faut faire bien attention lorsqu'on parle de remplacer l'Halloween par El dia de los muertos, car les deux sont dans un paradigme complètement différent!!!
    Avant de penser à cela, il faut connaître bien l'histoire de chaque célébration.

    Cristina Garcia Islas. »

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