Gibran Khalil Gibran, un «prophète» libanais de tous les temps
18 septembre 2008
Actualités culturelles
Photo : Agence France-Presse
Une femme admire un auto-portrait du poète et artiste libanais Gibran Khalil Gibran en exposition dans son ancienne maison devenue aujourd’hui un musée, dans le village de Bcharré.
Bcharré, Liban — Son oeuvre Le Prophète l'avait propulsé dans la cour des grands. Plus de 70 ans après sa mort, Gibran Khalil Gibran (1883-1931), le poète et penseur libanais le plus connu au monde, continue de fasciner par son humanisme intemporel.
Le Liban célèbre cette année le 125e anniversaire de la naissance de celui qui «représente la facette la plus lumineuse [de ce pays] au monde», affirme à l'AFP le poète libanais Henri Zgheib.
Poète, romancier, peintre, Gibran est issu d'une famille pauvre du village chrétien de Bcharré, dans la montagne libanaise, près des illustres cèdres.
À Boston, où il émigre enfant avec sa mère, son demi-frère et ses deux soeurs, laissant derrière lui un père insouciant, il devient célèbre après la publication, en 1923, du Prophète, poème en prose en anglais, réimprimé depuis en millions d'exemplaires et traduit dans des dizaines de langues.
Ce recueil d'aphorismes et de paraboles est un hymne à la vie et à la liberté reflétant les méditations d'un illuminé sur l'amour, le travail ou la mort. «Aimez-vous l'un l'autre, mais ne faites pas de l'amour une alliance qui vous enchaîne l'un à l'autre», dit-il à propos du mariage.
Son idéalisme aux connotations évangéliques, bien que contraire au courant littéraire dominant de l'entre-deux-guerres, le surréalisme, a fait sensation chez un public avide d'absolu.
Selon un article de l'hebdomadaire américain The New Yorker paru en janvier, c'était «la Bible» de l'époque. Des extraits sont toujours cités dans des mariages et des funérailles aux États-Unis.
La célèbre phrase du président américain John F. Kennedy, «ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous. Demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays», est inspiré d'un texte de l'écrivain, aussi bien anglophone qu'arabophone.
Gibran «avait une vision cosmique, explique M. Zgheib. Il s'est adressé à l'être humain de toute époque et, génération après génération, on aspire à lire ses pensées humanistes».
Mais Gibran n'est pas uniquement l'auteur du Prophète.
Dans Sable et écume, Le Fou, L'Errant ou Jésus fils de l'homme, «tout lecteur sensible et inquiet trouve des réponses à ses questions», explique M. Zgheib.
«Nous ne vivons que pour découvrir la beauté. Tout le reste n'est qu'attente», disait-il. Une beauté qu'il a voulu refléter également par la peinture. Moins connu, Gibran l'artiste se dévoile après deux ans d'études à Paris, où il rencontre Rodin.
Dans son musée, à Bcharré, où il repose derrière un tronc de cèdre, comme il l'avait souhaité, 125 de ses 440 tableaux sont exposés, avec ses livres et les affaires de son atelier de New York.
C'est notamment au New York Metropolitan museum que l'on trouve ses autres toiles, rassemblées par l'Américaine Mary Haskell, sa protectrice, avec qui il a entretenu une liaison amoureuse.
Celui que l'on a comparé au poète et peintre anglais William Blake intrigue les visiteurs par ses tableaux à la fois simples et profonds, sereins mais aussi inquiets, surtout lorsque la malédiction frappe.
En 1902 et 1903, il perd une soeur, sa mère et son frère, emportés par la tuberculose et le cancer.
Une femme morte allaitant un bébé, l'image de sa soeur défunte Sultana qui se dédouble pour devenir esprit: la mort hantera son oeuvre jusqu'à son décès, à 48 ans, d'une cirrhose du foie.
Son oeuvre n'est pas que lyrisme. Dans Esprits rebelles, il dénonce l'hypocrisie sociale, les traditions féodales de son pays natal et l'hégémonie du clergé.
Jugé hérétique par son Église maronite, le roman fut brûlé sur la place publique de Beyrouth, sur ordre des Ottomans dont il contestait la tyrannie.
Malgré son amour profond pour sa patrie, il était très critique envers ses compatriotes: «Votre Liban est un imbroglio politique que le temps tente de dénouer. Mon Liban est fait de montagnes qui s'élèvent, dignes et magnifiques, dans l'azur.»
«Des décennies plus tard, cette citation reste d'actualité», note-t-on au musée.
Le Liban célèbre cette année le 125e anniversaire de la naissance de celui qui «représente la facette la plus lumineuse [de ce pays] au monde», affirme à l'AFP le poète libanais Henri Zgheib.
Poète, romancier, peintre, Gibran est issu d'une famille pauvre du village chrétien de Bcharré, dans la montagne libanaise, près des illustres cèdres.
À Boston, où il émigre enfant avec sa mère, son demi-frère et ses deux soeurs, laissant derrière lui un père insouciant, il devient célèbre après la publication, en 1923, du Prophète, poème en prose en anglais, réimprimé depuis en millions d'exemplaires et traduit dans des dizaines de langues.
Ce recueil d'aphorismes et de paraboles est un hymne à la vie et à la liberté reflétant les méditations d'un illuminé sur l'amour, le travail ou la mort. «Aimez-vous l'un l'autre, mais ne faites pas de l'amour une alliance qui vous enchaîne l'un à l'autre», dit-il à propos du mariage.
Son idéalisme aux connotations évangéliques, bien que contraire au courant littéraire dominant de l'entre-deux-guerres, le surréalisme, a fait sensation chez un public avide d'absolu.
Selon un article de l'hebdomadaire américain The New Yorker paru en janvier, c'était «la Bible» de l'époque. Des extraits sont toujours cités dans des mariages et des funérailles aux États-Unis.
La célèbre phrase du président américain John F. Kennedy, «ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous. Demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays», est inspiré d'un texte de l'écrivain, aussi bien anglophone qu'arabophone.
Gibran «avait une vision cosmique, explique M. Zgheib. Il s'est adressé à l'être humain de toute époque et, génération après génération, on aspire à lire ses pensées humanistes».
Mais Gibran n'est pas uniquement l'auteur du Prophète.
Dans Sable et écume, Le Fou, L'Errant ou Jésus fils de l'homme, «tout lecteur sensible et inquiet trouve des réponses à ses questions», explique M. Zgheib.
«Nous ne vivons que pour découvrir la beauté. Tout le reste n'est qu'attente», disait-il. Une beauté qu'il a voulu refléter également par la peinture. Moins connu, Gibran l'artiste se dévoile après deux ans d'études à Paris, où il rencontre Rodin.
Dans son musée, à Bcharré, où il repose derrière un tronc de cèdre, comme il l'avait souhaité, 125 de ses 440 tableaux sont exposés, avec ses livres et les affaires de son atelier de New York.
C'est notamment au New York Metropolitan museum que l'on trouve ses autres toiles, rassemblées par l'Américaine Mary Haskell, sa protectrice, avec qui il a entretenu une liaison amoureuse.
Celui que l'on a comparé au poète et peintre anglais William Blake intrigue les visiteurs par ses tableaux à la fois simples et profonds, sereins mais aussi inquiets, surtout lorsque la malédiction frappe.
En 1902 et 1903, il perd une soeur, sa mère et son frère, emportés par la tuberculose et le cancer.
Une femme morte allaitant un bébé, l'image de sa soeur défunte Sultana qui se dédouble pour devenir esprit: la mort hantera son oeuvre jusqu'à son décès, à 48 ans, d'une cirrhose du foie.
Son oeuvre n'est pas que lyrisme. Dans Esprits rebelles, il dénonce l'hypocrisie sociale, les traditions féodales de son pays natal et l'hégémonie du clergé.
Jugé hérétique par son Église maronite, le roman fut brûlé sur la place publique de Beyrouth, sur ordre des Ottomans dont il contestait la tyrannie.
Malgré son amour profond pour sa patrie, il était très critique envers ses compatriotes: «Votre Liban est un imbroglio politique que le temps tente de dénouer. Mon Liban est fait de montagnes qui s'élèvent, dignes et magnifiques, dans l'azur.»
«Des décennies plus tard, cette citation reste d'actualité», note-t-on au musée.
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