Musées - Rock and roll au musée
Mick Jagger, 1975, d’Andy Warhol, Museum of Fine Arts, Boston.
La rentrée dans les musées montréalais se fera tard, si l'on se fie aux têtes d'affiche que sont le Musée des beaux-arts et le Musée d'art contemporain. Elle se fera tard, entre la fin de septembre et le début d'octobre, mais avec du bruit et sur un même air: art et musique.
Warhol Live (au MBA dès le 25 septembre) et Sympathy for the Devil: art et rock and roll (au MAC dès le 10 octobre) n'innovent peut-être pas en liant arts visuels et musique — le même MAC présente depuis trois étés Vidéomusique et la fondation DHC inaugurera en novembre une rétrospective sur Christian Marclay, figure mondiale du sujet. Les deux expos ne se répètent pourtant pas.
L'expo Warhol Live, production du MBA et du Andy Warhol Museum de Pittsburgh, explore une avenue encore vierge, aussi surprenant soit-il: le rôle de la musique dans l'oeuvre du maître pop. Des comédies musicales au disco des années 1970, en passant par John Cage et les emblématiques Velvet Underground et Rolling Stones, Andy Warhol aura été un passionné de musique. Son travail en a largement été influencé, comme le démontreront les salles du MBA. Portraits de vedettes (les Marilyn et Elvis), pochettes de disques, vidéos... En tout, 640 (!) objets seront exposés. Reliés, bien sûr, par une riche bande sonore. Le Montréalais Stéphane Aquin dirige l'équipe de commissaires qui comprendra Emma Lavigne, conservatrice au Centre Georges-Pompidou de Paris et spécialiste d'expos au thème musical. À noter que Warhol Live est la seule nouveauté de l'automne au MBA.
Sympathy for the Devil n'est pas une expo locale, le MAC la faisant venir du Museum of Contemporary Art de Chicago. Mais après un été entièrement québécois, il ne fallait pas s'attendre à ce que le musée de Marc Mayer fasse autrement.
Cette expo, qui fait son seul arrêt canadien ici, déborde des années Warhol. En fait, elle aborde les quarante dernières années de création. Ça englobe ce cher Andy, mais ça ne concerne que le rock. Et puis ça reste très anglo-saxon, avec une division thématique orientée vers les scènes new-yorkaise, britannique, californienne, etc.
La centaine d'oeuvres (installations, peinture, vidéo...) permettent d'inclure une soixantaine d'artistes, dont quelques figures encore bien actives, parmi lesquelles Pipilotti Rist, Douglas Gordon, Jason Rhoades et un certain Christian Marclay.
L'autre expo au menu du MAC, prévue pour novembre, est monographique. Elle concerne l'artiste canadienne Lynne Marsh, de qui seront présentées trois installations vidéo. Le musée roulera sinon sur quelques habitudes, dont une expo sur le paysage tirée de sa collection et la série Projections, qui sera consacrée à Mariana Vassileva, artiste bulgare basée à Berlin.
Ailleurs à Montréal, notons une expo de photos documentaires au Musée McCord autour du séjour espagnol de Norman Bethune en 1937. Au Centre canadien d'architecture, la nouvelle aventure critique portera sur nos gestes quotidiens, comme le recyclage et la marche. Actions: comment s'approprier la ville voudra démontrer qu'architectes et citoyens peuvent travailler en harmonie.
Québec et Joliette, incontournables
Les grands rendez-vous à ne pas rater se passent à Québec (C'est arrivé près de chez vous, au Musée national des beaux-arts) et dans Lanaudière (expo de Diane Landry, au Musée d'art de Joliette).
Le MNBAQ, qui voguera encore sur les festivités du 400e, présente un regard, un autre, sur l'art actuel québécois. En fait, C'est arrivé près de chez vous pourrait être vue comme le pendant Québec de la première Triennale du MAC, un peu trop montréalais au goût de certains. Mais l'expo, signée Nathalie de Blois, ne sera inaugurée qu'en décembre, alors il faudra patienter.
Parmi les artistes figurent des incontournables (BGL, Yannick Pouliot, Serge Murphy, Raymonde April), quelques surprises (l'architecte Pierre Thibeault ou les soeurs Couture, dont on n'entendait plus parler), mais aussi des invités de marque (Daniel Buren, Michael Snow).
C'est arrivé près de chez vous suivra deux autres expos «400e» de photo, l'une consacrée au tournant du XXe siècle (Québec et ses photographes. La collection Yves Beauregard), l'autre au rayonnement d'une artiste québécoise en France (Autour d'Angela Grauerholz, oeuvres du Fonds national d'art contemporain).
C'est au musée de Joliette que Diane Landry aura droit à sa première expo rétrospective, et non au MAC, qui aurait été tout destiné à l'accueillir. Mais le musée d'État, comme on le répète souvent, semble fermé à l'idée de défendre les Québécoises. Dès le 21 septembre, Les Défibrillateurs regroupe les pièces majeures de cet incontournable de l'art cinétique canadien. L'expo circulera ensuite à travers le Canada.
Notons aussi que c'est en région (au Musée régional de Rimouski) que Nicolas Baier montrera sa nouvelle production (dès le 18 septembre) autour des miroirs usés comme celui, imposant, dévoilé lors de la Triennale québécoise. Fin novembre, le même musée met à l'affiche une expo au titre alléchant, La photographie hantée par la photographie spirite.
À Ottawa, le Musée des beaux-arts du Canada propose, pour la mi-octobre, une expo survolant l'art contemporain, en particulier celui mettant le spectateur au coeur de l'action. Flagrant délit réunit une dizaine d'artistes, dont Max Dean, Geoffrey Farmer et les Québécois BGL et Massimo Guerrera. Côté histoire de l'art, c'est une exposition autour de Bernini et du portrait sculpté qui est annoncée.
Enfin, en novembre, les yeux seront tournés vers Toronto. C'est à ce moment que rouvrira l'Art Gallery of Ontario, après une cure de jouvence signée Frank Gehry. La nouvelle disposition des collections aura ses attraits: une salle d'art africain, des pièces contemporaines disséminées parmi l'art ancien et la présentation de la monumentale installation que David Altmejd a créée pour la Biennale de Venise.
***
Collaborateur du Devoir
Warhol Live (au MBA dès le 25 septembre) et Sympathy for the Devil: art et rock and roll (au MAC dès le 10 octobre) n'innovent peut-être pas en liant arts visuels et musique — le même MAC présente depuis trois étés Vidéomusique et la fondation DHC inaugurera en novembre une rétrospective sur Christian Marclay, figure mondiale du sujet. Les deux expos ne se répètent pourtant pas.
L'expo Warhol Live, production du MBA et du Andy Warhol Museum de Pittsburgh, explore une avenue encore vierge, aussi surprenant soit-il: le rôle de la musique dans l'oeuvre du maître pop. Des comédies musicales au disco des années 1970, en passant par John Cage et les emblématiques Velvet Underground et Rolling Stones, Andy Warhol aura été un passionné de musique. Son travail en a largement été influencé, comme le démontreront les salles du MBA. Portraits de vedettes (les Marilyn et Elvis), pochettes de disques, vidéos... En tout, 640 (!) objets seront exposés. Reliés, bien sûr, par une riche bande sonore. Le Montréalais Stéphane Aquin dirige l'équipe de commissaires qui comprendra Emma Lavigne, conservatrice au Centre Georges-Pompidou de Paris et spécialiste d'expos au thème musical. À noter que Warhol Live est la seule nouveauté de l'automne au MBA.
Sympathy for the Devil n'est pas une expo locale, le MAC la faisant venir du Museum of Contemporary Art de Chicago. Mais après un été entièrement québécois, il ne fallait pas s'attendre à ce que le musée de Marc Mayer fasse autrement.
Cette expo, qui fait son seul arrêt canadien ici, déborde des années Warhol. En fait, elle aborde les quarante dernières années de création. Ça englobe ce cher Andy, mais ça ne concerne que le rock. Et puis ça reste très anglo-saxon, avec une division thématique orientée vers les scènes new-yorkaise, britannique, californienne, etc.
La centaine d'oeuvres (installations, peinture, vidéo...) permettent d'inclure une soixantaine d'artistes, dont quelques figures encore bien actives, parmi lesquelles Pipilotti Rist, Douglas Gordon, Jason Rhoades et un certain Christian Marclay.
L'autre expo au menu du MAC, prévue pour novembre, est monographique. Elle concerne l'artiste canadienne Lynne Marsh, de qui seront présentées trois installations vidéo. Le musée roulera sinon sur quelques habitudes, dont une expo sur le paysage tirée de sa collection et la série Projections, qui sera consacrée à Mariana Vassileva, artiste bulgare basée à Berlin.
Ailleurs à Montréal, notons une expo de photos documentaires au Musée McCord autour du séjour espagnol de Norman Bethune en 1937. Au Centre canadien d'architecture, la nouvelle aventure critique portera sur nos gestes quotidiens, comme le recyclage et la marche. Actions: comment s'approprier la ville voudra démontrer qu'architectes et citoyens peuvent travailler en harmonie.
Québec et Joliette, incontournables
Les grands rendez-vous à ne pas rater se passent à Québec (C'est arrivé près de chez vous, au Musée national des beaux-arts) et dans Lanaudière (expo de Diane Landry, au Musée d'art de Joliette).
Le MNBAQ, qui voguera encore sur les festivités du 400e, présente un regard, un autre, sur l'art actuel québécois. En fait, C'est arrivé près de chez vous pourrait être vue comme le pendant Québec de la première Triennale du MAC, un peu trop montréalais au goût de certains. Mais l'expo, signée Nathalie de Blois, ne sera inaugurée qu'en décembre, alors il faudra patienter.
Parmi les artistes figurent des incontournables (BGL, Yannick Pouliot, Serge Murphy, Raymonde April), quelques surprises (l'architecte Pierre Thibeault ou les soeurs Couture, dont on n'entendait plus parler), mais aussi des invités de marque (Daniel Buren, Michael Snow).
C'est arrivé près de chez vous suivra deux autres expos «400e» de photo, l'une consacrée au tournant du XXe siècle (Québec et ses photographes. La collection Yves Beauregard), l'autre au rayonnement d'une artiste québécoise en France (Autour d'Angela Grauerholz, oeuvres du Fonds national d'art contemporain).
C'est au musée de Joliette que Diane Landry aura droit à sa première expo rétrospective, et non au MAC, qui aurait été tout destiné à l'accueillir. Mais le musée d'État, comme on le répète souvent, semble fermé à l'idée de défendre les Québécoises. Dès le 21 septembre, Les Défibrillateurs regroupe les pièces majeures de cet incontournable de l'art cinétique canadien. L'expo circulera ensuite à travers le Canada.
Notons aussi que c'est en région (au Musée régional de Rimouski) que Nicolas Baier montrera sa nouvelle production (dès le 18 septembre) autour des miroirs usés comme celui, imposant, dévoilé lors de la Triennale québécoise. Fin novembre, le même musée met à l'affiche une expo au titre alléchant, La photographie hantée par la photographie spirite.
À Ottawa, le Musée des beaux-arts du Canada propose, pour la mi-octobre, une expo survolant l'art contemporain, en particulier celui mettant le spectateur au coeur de l'action. Flagrant délit réunit une dizaine d'artistes, dont Max Dean, Geoffrey Farmer et les Québécois BGL et Massimo Guerrera. Côté histoire de l'art, c'est une exposition autour de Bernini et du portrait sculpté qui est annoncée.
Enfin, en novembre, les yeux seront tournés vers Toronto. C'est à ce moment que rouvrira l'Art Gallery of Ontario, après une cure de jouvence signée Frank Gehry. La nouvelle disposition des collections aura ses attraits: une salle d'art africain, des pièces contemporaines disséminées parmi l'art ancien et la présentation de la monumentale installation que David Altmejd a créée pour la Biennale de Venise.
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Collaborateur du Devoir
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