Programmes culturels supprimés - Les conservateurs ne bronchent pas
Photo : Agence Reuters
La ministre de la Culture, Christine St-Pierre, n’a pas été convaincue des explications données par Josée Verner.
Le gouvernement Harper réagit à la grogne dans le milieu artistique avec un haussement d'épaules. Il n'a pas l'intention de remettre en place les programmes éliminés en catimini depuis avril dernier. D'ailleurs, un autre programme passe à la hache, ce qui porte le total à 15 et à 41,2 millions de dollars.
En entrevue avec Le Devoir hier, James Moore, le secrétaire d'État aux langues officielles et porte-parole désigné de son parti dans cette controverse qui touche le ministère du Patrimoine, a tenu à rappeler que le gouvernement conservateur consacre 3,4 milliards de dollars par année pour soutenir les arts et les artistes sous différentes formes. «C'est plus d'argent que n'importe quel gouvernement de ce pays. Nous sommes fiers de nos investissements en culture», a-t-il dit.
Mais du même souffle, il précise que les programmes qui ont été éliminés ne seront pas remis sur les rails, contrairement à ce que laisse entendre une rumeur qui circulait. «Notre décision est prise. On est fiers de bien gérer l'argent des contribuables. Dans le futur, tous les programmes devront être efficaces», a soutenu James Moore.
Le gouvernement Harper estime que les 15 programmes qui ont été éliminés ou sensiblement réduits étaient inefficaces et qu'une révision stratégique effectuée par Patrimoine Canada dans les derniers mois le montre clairement. «C'est une révision faite tous les quatre ans», dit James Moore.
Pourtant, une révision stratégique du programme PromArt effectuée en janvier 2006 stipulait plutôt que les 4,7 millions de dollars utilisés étaient bien dépensés et que l'enveloppe budgétaire devrait au contraire être bonifiée. PromArt servait à financer les tournées internationales de certains artistes et organisations, notamment Robert Lepage et les Grands Ballets canadiens.
À ce sujet, la ministre de la Culture et des Communications du Québec, Christine St-Pierre, affirme avoir lu la révision stratégique de janvier 2006. «C'est très positif, dit-elle. À l'étranger, nos artistes sont nos meilleurs ambassadeurs.» Une compilation du gouvernement du Québec montre que 49 % des bénéficiaires du programme PromArt étaient québécois: 116 artistes ou groupes québécois bénéficiaient du programme.
Le gouvernement Harper va-t-il rendre publiques les révisions stratégiques sur lesquelles il s'appuie pour justifier les compressions? «Ce sera un point de débat. Je pense que la ministre Verner s'expliquera au retour de la Chambre des communes ou en comité parlementaire», a simplement soutenu James Moore.
Le député conservateur ne semble pas ému par la mobilisation à venir cet automne des artistes et groupes culturels de partout au pays, tel que le révélait Le Devoir hier. «C'est leur choix. C'est une stratégie intéressante. Mais ils doivent reconnaître que 3,4 milliards par année, c'est beaucoup d'argent de la part de notre gouvernement.»
Un autre programme à la moulinette
Rien pour calmer la grogne des travailleurs culturels, Le Devoir a appris qu'un autre programme sera mis à mal par le gouvernement Harper. Il s'agit du Programme d'aide au développement de l'industrie de l'édition (PADIE). Selon les informations obtenues, ce programme ne serait pas entièrement éliminé, mais plutôt amputé d'un million de dollars par année, soit 50 % de son enveloppe.
Selon le site Internet, le PADIE «a pour principal objectif d'assurer le choix et l'accès à des livres d'auteurs canadiens, qui reflètent la diversité culturelle et la dualité linguistique du Canada tant au pays qu'à l'étranger». Il comprend notamment une aide aux éditeurs.
Depuis le 1er avril, 13 programmes ont été touchés ou éliminés, pour un total de 41,2 millions de dollars. Le grand coup a été porté entre le 8 et le 15 août, alors que sept programmes ont été coupés (23 millions) en quelques jours. Aucune annonce officielle n'a été faite.
Québec insatisfait
À Québec, Christine St-Pierre ne décolère pas. «C'est très important de dire que ces coupes-là sont inacceptables», a répété hier la ministre, de passage à Montréal. Elle presse le gouvernement fédéral de réparer les pots cassés. «Il faut vraiment se battre pour faire en sorte que le gouvernement fédéral revienne sur ses décisions ou qu'il [prévoie] des mesures compensatoires.» Christine St-Pierre entend accentuer les moyens de pression sur le ministère du Patrimoine canadien.
Christine St-Pierre et Josée Verner se sont d'ailleurs entretenues par téléphone la semaine dernière, discussion qui n'a visiblement pas été fructueuse puisque la ministre québécoise souhaite à nouveau s'entretenir avec son homologue fédérale.
«C'est majeur. Il ne faut pas abandonner nos artistes. Ce sont des montants d'argent qui peuvent paraître dans l'ensemble du budget petits, mais ces petits montants d'argent peuvent faire toute la différence dans la carrière de nos artistes.»
Christine St-Pierre et Josée Verner coprésideront la rencontre fédérale-provinciale des ministres de la Culture qui aura lieu à la fin du mois de septembre à Québec. «Je vais faire en sorte que ce sujet-là soit à l'ordre du jour», a affirmé Mme St-Pierre.
Elle n'a toutefois pas l'intention pour l'instant de prendre la relève du fédéral. «Je ne pense pas qu'on en soit rendus là. Ça peut être facile de dire on coupe et, à ce moment-là, les gouvernements provinciaux vont tout simplement combler [la différence]. Mais les Québécois paient également des impôts à Ottawa.»
En entrevue avec Le Devoir hier, James Moore, le secrétaire d'État aux langues officielles et porte-parole désigné de son parti dans cette controverse qui touche le ministère du Patrimoine, a tenu à rappeler que le gouvernement conservateur consacre 3,4 milliards de dollars par année pour soutenir les arts et les artistes sous différentes formes. «C'est plus d'argent que n'importe quel gouvernement de ce pays. Nous sommes fiers de nos investissements en culture», a-t-il dit.
Mais du même souffle, il précise que les programmes qui ont été éliminés ne seront pas remis sur les rails, contrairement à ce que laisse entendre une rumeur qui circulait. «Notre décision est prise. On est fiers de bien gérer l'argent des contribuables. Dans le futur, tous les programmes devront être efficaces», a soutenu James Moore.
Le gouvernement Harper estime que les 15 programmes qui ont été éliminés ou sensiblement réduits étaient inefficaces et qu'une révision stratégique effectuée par Patrimoine Canada dans les derniers mois le montre clairement. «C'est une révision faite tous les quatre ans», dit James Moore.
Pourtant, une révision stratégique du programme PromArt effectuée en janvier 2006 stipulait plutôt que les 4,7 millions de dollars utilisés étaient bien dépensés et que l'enveloppe budgétaire devrait au contraire être bonifiée. PromArt servait à financer les tournées internationales de certains artistes et organisations, notamment Robert Lepage et les Grands Ballets canadiens.
À ce sujet, la ministre de la Culture et des Communications du Québec, Christine St-Pierre, affirme avoir lu la révision stratégique de janvier 2006. «C'est très positif, dit-elle. À l'étranger, nos artistes sont nos meilleurs ambassadeurs.» Une compilation du gouvernement du Québec montre que 49 % des bénéficiaires du programme PromArt étaient québécois: 116 artistes ou groupes québécois bénéficiaient du programme.
Le gouvernement Harper va-t-il rendre publiques les révisions stratégiques sur lesquelles il s'appuie pour justifier les compressions? «Ce sera un point de débat. Je pense que la ministre Verner s'expliquera au retour de la Chambre des communes ou en comité parlementaire», a simplement soutenu James Moore.
Le député conservateur ne semble pas ému par la mobilisation à venir cet automne des artistes et groupes culturels de partout au pays, tel que le révélait Le Devoir hier. «C'est leur choix. C'est une stratégie intéressante. Mais ils doivent reconnaître que 3,4 milliards par année, c'est beaucoup d'argent de la part de notre gouvernement.»
Un autre programme à la moulinette
Rien pour calmer la grogne des travailleurs culturels, Le Devoir a appris qu'un autre programme sera mis à mal par le gouvernement Harper. Il s'agit du Programme d'aide au développement de l'industrie de l'édition (PADIE). Selon les informations obtenues, ce programme ne serait pas entièrement éliminé, mais plutôt amputé d'un million de dollars par année, soit 50 % de son enveloppe.
Selon le site Internet, le PADIE «a pour principal objectif d'assurer le choix et l'accès à des livres d'auteurs canadiens, qui reflètent la diversité culturelle et la dualité linguistique du Canada tant au pays qu'à l'étranger». Il comprend notamment une aide aux éditeurs.
Depuis le 1er avril, 13 programmes ont été touchés ou éliminés, pour un total de 41,2 millions de dollars. Le grand coup a été porté entre le 8 et le 15 août, alors que sept programmes ont été coupés (23 millions) en quelques jours. Aucune annonce officielle n'a été faite.
Québec insatisfait
À Québec, Christine St-Pierre ne décolère pas. «C'est très important de dire que ces coupes-là sont inacceptables», a répété hier la ministre, de passage à Montréal. Elle presse le gouvernement fédéral de réparer les pots cassés. «Il faut vraiment se battre pour faire en sorte que le gouvernement fédéral revienne sur ses décisions ou qu'il [prévoie] des mesures compensatoires.» Christine St-Pierre entend accentuer les moyens de pression sur le ministère du Patrimoine canadien.
Christine St-Pierre et Josée Verner se sont d'ailleurs entretenues par téléphone la semaine dernière, discussion qui n'a visiblement pas été fructueuse puisque la ministre québécoise souhaite à nouveau s'entretenir avec son homologue fédérale.
«C'est majeur. Il ne faut pas abandonner nos artistes. Ce sont des montants d'argent qui peuvent paraître dans l'ensemble du budget petits, mais ces petits montants d'argent peuvent faire toute la différence dans la carrière de nos artistes.»
Christine St-Pierre et Josée Verner coprésideront la rencontre fédérale-provinciale des ministres de la Culture qui aura lieu à la fin du mois de septembre à Québec. «Je vais faire en sorte que ce sujet-là soit à l'ordre du jour», a affirmé Mme St-Pierre.
Elle n'a toutefois pas l'intention pour l'instant de prendre la relève du fédéral. «Je ne pense pas qu'on en soit rendus là. Ça peut être facile de dire on coupe et, à ce moment-là, les gouvernements provinciaux vont tout simplement combler [la différence]. Mais les Québécois paient également des impôts à Ottawa.»
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