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Un festival de la coupe à Ottawa

Au moins six programmes ont été supprimés en une semaine. D'autres suivront.

Le cabinet de la ministre Josée Verner s’est refusé à tout commentaire hier
Le cabinet de la ministre Josée Verner s’est refusé à tout commentaire hier
À défaut de médailles à Pékin, le gouvernement fédéral se fait le champion de la coupe en culture à Ottawa. La liste des programmes supprimés s'est ainsi encore allongée hier. Et les réactions ont afflué, concert unanime de protestations restées sans réponse.

Selon un décompte fait par Patrimoine canadien en fin de journée, au moins six programmes de soutien aux artistes et aux compagnies culturelles ont été abolis depuis la semaine dernière. Une situation qui fait dire au directeur général du théâtre Les Deux Mondes, Pierre MacDuff, que les conservateurs «ont le sens du festival».

Avec PromArt (4,7 millions) et Routes commerciales (neuf millions) disparaissent donc le Programme national de formation dans le secteur du film et de la vidéo, le Fonds canadien du film et de la vidéo indépendants (1,5 million), le Trust pour la préservation de l'audiovisuel (300 000 $) et celui pour la préservation de la musique.

À ces annulations confirmées, il faudra vraisemblablement ajouter le Fonds des réseaux de recherche sur les nouveaux médias, le Programme national des écoles de formation (2,5 millions) et l'Observatoire culturel canadien.

À Ottawa, c'est le silence complet: exception faite de PromArt, aboli parce que certains de ses bénéficiaires n'étaient pas jugés aptes à représenter le Canada à l'étranger, aucune explication n'a été donnée pour justifier la fin des autres programmes.

Le cabinet de la ministre Josée Verner s'est refusé à tout commentaire hier, et directive a été donnée au service des communications du ministère de ne pas répondre aux questions des médias. Il est toutefois «probable» qu'un porte-parole soit désigné aujourd'hui.

Le mutisme observé par Mme Verner depuis le début de la série d'annonces (qui n'ont en réalité fait l'objet d'aucune communication) a fait bondir le porte-parole libéral en matière de patrimoine, Denis Coderre. «Elle mérite l'Oscar de la figurante de l'année, catégorie "Je sers à rien", dit-il. On dirait qu'elle et le gouvernement cherchent à réinventer la définition du mot pathétique.»

M. Coderre trouve «révoltante» l'attitude d'Ottawa dans ce dossier. «On nous dit que la culture est une dépense inacceptable. C'est abject.» Le député estime plutôt que chaque dollar versé à ce secteur «est un investissement». «Mais là, on vient de laisser tomber des dizaines d'années d'investissements qui avaient un impact réel et démontraient la profondeur et la diversité de notre culture.»

Sa collègue au Bloc québécois, Claude DeBellefeuille, se disait aussi «choquée» hier, tant par l'attitude de la ministre Verner que par les décisions d'Ottawa. «C'est bien la manière conservatrice, dit-elle, de procéder ainsi en catimini, en plein été, durant les Jeux olympiques. Ça dénote beaucoup de mépris du gouvernement envers les artistes.»

Concernant la suppression du programme PromArt pour des raisons essentiellement idéologiques, Mme DeBellefeuille indique «qu'il ne faut rien comprendre à la culture pour penser pouvoir juger ainsi ce qui est bon ou mauvais».

Milieu en colère

La consternation est aussi grande dans les milieux culturels québécois et canadien. «Nous sommes de plus en plus perplexes devant ce qui se passe, indique Alain Pineau, président de la Conférence canadienne des arts. Il y a une inquiétude croissante dans le milieu. On regarde les panneaux tomber et on ne comprend pas ce qui se passe.»

Le Mouvement pour les arts et les lettres (MAL) — qui représente environ 14 000 artistes — s'est dit «littéralement catastrophé» par les nouvelles.

Dans un communiqué, le porte-parole Stanley Péan indique que ces décisions «appliqueront un terrible coup de frein à un secteur ayant considérablement contribué au rayonnement du Canada à l'étranger. On comprend mal que le gouvernement canadien veuille se priver d'un formidable outil de relations publiques qui l'a pourtant si bien servi depuis des décennies».

L'Association canadienne de production de films et de télévision (ACPFT) et l'Association des producteurs de films et de télévision du Québec (APFTQ) ont aussi réagi hier, se disant «très préoccupées» par des «réductions qui risquent de ternir la réputation du Canada à l'étranger», selon Sandra Cunningham, présidente du conseil de l'ACPFT.

«Faire valoir la culture canadienne sur la scène internationale ne profite pas uniquement aux artistes, cela contribue aussi à stimuler le tourisme, l'immigration, les affaires et l'investissement au Canada», dit-elle.

À l'ACPFT, on craint un «effritement» de l'industrie si Ottawa ne revient pas sur sa décision et si le financement n'est pas renouvelé au Fonds canadien de télévision et au Fonds des nouveaux médias du Canada.

À la tête d'un théâtre qui a joué dans 32 pays et quelque 200 villes depuis 30 ans, Pierre MacDuff estime «difficile d'analyser rationnellement des décisions qui semblent tout à fait irrationnelles». «Pour nous, chaque dollar [de subvention] nous permet d'aller chercher 5,72 $ ailleurs. Ce sont des devises qu'on dépense en partie en tournée, mais aussi beaucoup chez nous, dans notre économie. En bout de piste, ce sont des programmes qui ne coûtaient rien [aux contribuables].»

M. MacDuff trouve d'autant plus étonnante l'attitude d'Ottawa que la «culture sert souvent de lien diplomatique à l'étranger. Nous avons été la première troupe occidentale à jouer à Hanoï, au Vietnam, après la guerre, dit-il en parlant d'une tournée réalisée en 1994. Ce genre d'événement permet de consolider les liens entre les pays, d'ouvrir le chemin à de nouvelles relations commerciales».

L'ensemble des intervenants politiques et culturels à qui Le Devoir a parlé depuis mardi ont indiqué être en période de réflexion et de concertation pour déterminer quelle réplique donner à la situation. La ministre québécoise de la Culture, Christine St-Pierre, a demandé mardi des explications à Mme Verner.

Les conséquences des coupes dans les programmes touchent l'ensemble du secteur culturel québécois (Robert Lepage, les Grands Ballets canadiens, l'Institut national de l'image et du son, la Société des arts technologiques, les compagnies de théâtre, de danse...), première victime de ce ras-de-marée de compressions.
 
 
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  • Lorien Routhier - Abonné
    14 août 2008 00 h 40
    Ça se fait, ça?
    Il n'y a pas une loi quelque part dans notre appareil étatique qui dit qu'on doit au moins justifier des changements du genre dans l'administration des fonds publics? (je pose la question)

    Je ne comprends pas pourquoi un gouvernement qui représente les intérêts de ses citoyens ne ferait-il même pas de commentaires quand on lui demande ce qu'il fait. C'est quoi l'affaire? Des décisions du genre ne devraient-elles pas être réfléchies? Est-ce même trop demander que de savoir quelles étaient les réflexions qui ont menés à de telles décisions?

    Ce silence est véritablement incroyable.
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  • Jean St-Jacques - Abonné
    14 août 2008 04 h 22
    Encore le Québec...
    C'est encore le Québec qui subit les foudres du fédéral.
    Qu'est-ce qu'on attend pour devenir un vrai pays?
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  • Jean-Pierre Dupuis - Inscrit
    14 août 2008 06 h 31
    Scrutin
    Vivement des élections qu'on se débarasse de ce gouvernement réactionnaire.
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  • Caroline Moreno - Inscrite
    14 août 2008 07 h 21
    LA CULTURE NE SERT À RIEN...
    Raison de plus pour que le Québec se donne un pays !
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  • Normand Babin - Inscrit
    14 août 2008 08 h 43
    Pour qui voterez-vous?
    Les Québécois en colère de ces coupes vont-ils encore une fois jeter leur vote aux poubelles lors des prochaines élections? Quel parti politique s'engagera à rétablir ces programme? Quel parti politique sera réellement en mesure de rétablir ces programmes?

    Depuis des années, les Québécois votent massivement pour le Bloc Québécois. Ça permet de râler sans jamais avoir aucun espoir d'agir. Ça permet de dire un peu ce qu'on pense tout en étant certain de ne pouvoir jamais rien changer.

    Le parti Conservateur du Canada est, a toujours été et sera probablement toujours trop à droite pour la grande majorité des Québécois, si cette majorité n'accepte pas de faire certains compromis, d'élire un parti qui a les idées un peu plus à gauche, nous risquons fort de se retrouver avec une bande d'idiots au pouvoir majoritaire, qui pourront prendre des décisions, comme celles qu'on nous annoncent aujourd'hui, en toute impunité. Honnêtement, j'en ai des frissons dans le dos. En tant qu'artiste je ne peux que songer à l'émigration (comme tant et tant d'autres) et soyons fous, je pense même m'inscrire comme espèce Canadienne en voie de disparition.
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  • Steve Fortin - Abonné
    14 août 2008 08 h 44
    Dans le Canada de Stephen Harpeur...
    La culture est un plat qui se mange froid, ou réchauffé, préparé de main de maître pour servir les hauts idéaux de la droite conservatrice; la représentation du Canada à l'étranger obéit à la logique de l'improvisation (Bernier, Emerson, Verner [quelle farce!]et Rona Ambrose!!!), de l'amateurisme et, en fin de compte, du comique, du risible; dans le Canada de Stephen Harpeur, les artistes sont de dangereux collabos qu'il faut taire, enterrer, combattre et subjuguer; dans ce Canada, seul l'art à la gloire caustique du célébrissime pays a droit de citer, seul l'art compréhensible par la base conservatrice a droit de paraître, seul l'art qui fait gloire au Canada a droit d'être fondé.

    Voilà qui fera plaisir au petit peuple nourri d'excréments réactionnaires intellectuels, voilà qui fera plaisir aux gorges chaudes, ces nostalgiques du "Cheuf" qui avalisent la dérive de la droite tels des bêtes cocus contentes de l'abattoir des idéaux et des projets sociaux rassembleurs; toujours enclines à virer plusse à drette, enwaille mon Elvis...

    Comment le Québec a-t-il pu s'enfoncer de la sorte ? Comment cet esprit d'initiative qui a défini la génération de mes parents et de mes grand-parents a-t-il pu se moudre en cette bouette réactionnaire de boomers peureux et renfermés sur eux-mêmes, sur le monde ? Dire que nous venons de mettre au monde une merveilleuse fille de 8 mois, comment lui signifier l'espoir ? Comment lui aprrendre le sourire hors de nos murs douillet dans le Canada de Stephen Harpeur... J'ai si honte de ce monde, et honte de notre peur congénitale à espérer mieux, à mettre les voiles sur un pays qui nous rassemble...
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  • Daniel Francoeur - Inscrit
    14 août 2008 09 h 16
    Les Conservateurs et la Culture
    Le gouvernement fédéral a déjà subventionné le vol d'une banane géante sur le Texas, ceci témoigne bien de la place qu'il accorde à la Culture au Canada... Les seuls expositions qu'il aime sont celles d'équipements militaires où les contrats se signent en secret, sans que les canadiens, ou le Parlement, ne soient consultés. Sa Culture est guerrière.
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  • May West - Abonnée
    14 août 2008 09 h 21
    Que restera-t-il de nos «mamours» ...?
    La seule culture qui restera désormais à Patrimoine Canada, sera-elle celle de la propagande fédéraliste - canadienne - qui continuera de cibler tout particulièrement le Québec?
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  • André Chamberland - Inscrit
    14 août 2008 11 h 30
    L'art de se défiler des conservateurs
    L'art est ce qu'il y a plus de plus utile aux conservateurs. Ils s'en servent très souvent : L'art de se défiler de leurs responsabilités envers la culture et les arts, l'art de faire la guerre et de financer des Tatoo militaires, l'art de financer leurs campagnes électorales, l'art de contrôler l'information, et j'en passe.
    Je vous laisse l'art de compléter cette liste artistique bleue !
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  • Michel Simard - Abonné
    14 août 2008 11 h 36
    Un gouvernement de rétrogrades
    Harper et sa bande d'incultes veulent ramener une société obscurantiste, intolérante et bigote. Tout cela n'est qu'idéologie qui dépasse tout entendement. On retourne au Moyen-Âge, ainsi en ont décidé les électeurs dans leur grande sagesse.
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  • Pelletier,Jacques - Abonné
    14 août 2008 15 h 41
    Ministre de la culture dites-vous!
    Quelle abbération, Josée Verner, une incompétente gravissimo!
    Un premier ministre dont les canadiens doivent mettre dehors au prochain scrutin et ça presse.
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  • Nicolas Letarte - Inscrit
    14 août 2008 17 h 13
    Et hop !
    23 million$ de plus pour les croisades militaires de M. Harpeur !
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  • Paul Lafrance - Inscrit
    14 août 2008 18 h 51
    Vous appelez ça de la culture
    Je veux bien que mes taxes servent à financer des activités culturelles, encore faut-il que les activités financées soient vraiment culturelles.Si vous approuvez les subventions à des groupes comme les Holy fuck et autres amuseurs publics qui se prennent pour des artistes, je préférerais que ces sommes servent à remettre des bourses à nos vrais artistes, pianistes, violonistes, chanteurs et chanteuses À VOIX, compositeurs qui ont autre choses à dire que des niaiseries. Il y a trop de 'performers' qui se prennent pour des artistes et qui n'ont rien d'autre à faire que se référer aux plus bas instincts de la population.Je ne veux pas que mes taxes servent à financer des activités remplies de vulgariés, de sacres et d'un langage 'joual' ou de petites phrases à l'eau de rose,alors que les vrais artistes crèvent de faim.Ce n'est pas une question d'argent et de censure, c'est une question de bien utiliser l'argent de nos taxes. Bravo, madame Verner, utilisez notre argen à bon escient.
    Paul Lafrance
    Québec
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  • Pierre-S Lefebvre - Inscrit
    14 août 2008 20 h 48
    Josée et son coiffeur
    Si j`étais au Cabinet fédéral je voterais pour éliminer la dépense de coiffeur de Josée Verner. Comme ça on sauverait suffisamment de fonds pour financer les arts au Canada. Car sa politique est soit belle et tais-toi!
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  • Jean-Pierre Caissie - Inscrit
    15 août 2008 00 h 15
    Holy Fuck
    Holy Fuck est un excellent groupe musical de Toronto. Je suppose que le monsieur qui critique leur nom n'a même pas entendu leur musique. C'est dommage qu'on critique sans connaissance de cause.

    C'est sans parler des coupures dans les programmes des arts: ça sent le Brian Mulroney des années 1990. Rien de bon n'est sorti de son gouvernement...
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  • Jacques Bérubé - Abonné
    18 août 2008 09 h 49
    Mettre les conservateurs hors d'état de nuire
    Il n'y a rien de surprenant à ce que les rednecks conservateurs coupent dans les "inutiles arts". Aux prochaines élections, je voterai pour un parti qui pourra vraiment sortir les conservateurs, quitte à me boucher le nez.

    Jacques Bérubé, Rimouski
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  • Louise Girouard - Abonnée
    28 août 2008 18 h 10
    Les stratèges politiques de Stephen Harper fument des joints...
    Wow. Comment se tirer dans le pied... royalement.

    On a déjà vu un premier ministre comparaître dans la commission royale qu'il avait créé, on a déjà un député se faire blanchir par ses collègues malgré un vol de bague, mais là, nous venons d'établir des exploits...

    Pourquoi couper des programmes qui représentent si peu dans les dépenses déjà très réduites de ce gouvernement?

    Je me demande sérieusement comment les stratèges conservateurs vont colmater cette brèche énorme qu'ils viennent de créer dans leur bilan de mandat, étant donné que les élections sont immimentes aujourd'hui. Pour moi, ils ont tellement confiance en leurs moyens que cela est devenu ridicule. Ils doivent sûrement prendre des bons joints ces temps-ci...

    Je pose la question qui est sur toute les lèvres: pourquoi couper des programmes qui ne représentent absolument rien dans les dépenses d'un gouvernement? Qu'est-ce que cela va franchement changer dans la vie des canadiens si le gouvernement va de l'avant avec cette démarche?

    S'il a suivi (Harper), le cours 101 «Comment être un bon gouvernement», c'est certain qu'il a loupé quelques parties de la leçon... voire les trois quarts...

    Lorsque les gens iront voter au mois d'octobre, ils ne retiendront pas l'assainissement des dépenses que Harper à faites (et fera encore dans les prochains mois s'il est réélu), ils retiendront plutôt les choses suivantes:

    1) Coupures inutiles dans les programmes de subventions
    2) Que faisons-nous en Afghanistan?
    3) Est-ce que ça m'intéresse d'avoir encore des coupures ou de laisser les choses commes telles?

    Même si j'ai manqué la manif des artistes, je pense sérieusement en organiser une avec les étudiants de mon association étudiante, tellement ça à pas de bon sens!
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