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Brésil - Avec la démission de Gil, le ministère de la Culture perd son côté pop

1 août 2008  Actualités culturelles
Rio de Janeiro — Le chanteur populaire brésilien Gilberto Gil, qui a démissionné mercredi de ses fonctions de ministre de la Culture, a donné une dimension sans précédent à ce ministère au budget réduit.

Le musicien, de renommée internationale, âgé de 66 ans, a annoncé sa démission à l'issue d'une réunion avec le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, sans cacher qu'il se sentait «asphyxié» en tant qu'artiste par les fonctions de ministre qu'il exerçait depuis 2003.

Le secrétaire exécutif du ministère, Juca Ferreira, 59 ans, membre du Parti Vert brésilien (PV), comme Gil, assumera la relève.

«Je ressentais une énorme pression exercée par mes activités artistiques, qui s'amoncelaient», a déclaré M. Gil, qui avait déjà demandé à partir à deux reprises mais que Lula avait convaincu de rester au gouvernement.

La popularité de Gil, dont la discographie est forte de 40 albums, et son look pop, avec ses dreadlocks attachés en queue de cheval, ont donné une visibilité au ministère de la Culture «jamais vue en 20 ans d'existence», selon les analystes, et en ont fait une des personnalités marquantes du gouvernement Lula à l'étranger.

Néanmoins, M. Gil «qui s'est efforcé de donner un plus grand dynamisme à la politique culturelle», selon le président de l'Académie des Lettres, Cicero Sandroni, a avoué lors d'un bref bilan de sa gestion sa «frustration» de ne pas avoir réussi à obtenir «un budget plus généreux».

Cette année encore, 427 millions de dollars ont été destinés à la Culture, soit 0,6 % seulement du budget total de l'Union, loin des 1 % recommandés par l'UNESCO. Plusieurs cambriolages ont ainsi eu lieu dans les musées faute de moyens adéquats pour en garantir la sécurité.

Gilberto Gil a remporté ses principales victoires dans la «démocratisation» de la culture avec la création de centres culturels pour encourager la production dans les favelas et les réserves indigènes, et dans la définition de critères clairs pour la commandite de projets par les entreprises publiques, afin d'éviter le «piston» politique.

«Il a créé une ligne culturelle moderne, liée à la culture populaire. C'est la "popularcyber"», a déclaré à la presse le dramaturge brésilien José Celso Martinez.

Gilberto Gil, critiqué pour avoir cumulé les fonctions de chanteur et de ministre, a dit que ces «critiques ne le gênaient pas beaucoup» car il y avait une «synergie» entre les deux fonctions.
 
 
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