Bienvenue, Sir Paul!
En soi phénoménale, la venue de Paul McCartney à Québec demain a tout pour déclencher les vivats; mais quelques trouble-fêtes ont voulu transformer cet exploit du 400e en joute politique. Un membre des Fab Four pour chanter Québec? Il n'y a là nul outrage mais plutôt un joyeux dérapage.
Le (faux) débat politique qui s'est joué cette semaine au sujet de la venue à Québec de Sir Paul McCartney embarrasse davantage qu'il ne dérange. Allons donc! Associer la venue de l'ex-Beatle sur les plaines d'Abraham à un affront porté au bastion francophone en Amérique plutôt que d'y voir le plus grandiose des cadeaux offerts à une foule en liesse? C'est James Wolfe qui doit se retourner dans son tombeau.
Daniel Gélinas, directeur général de la Société du 400e, avait annoncé la venue de Sir Paul le sourire aux lèvres, visiblement fier de son coup de maître. Pour honorer 400 ans d'existence, rien de moins que la crème de la crème, une légende bien en chair, un monument musical. Certains se pincent pour y croire: un Beatle à Québec, sans avoir à débourser la moindre prune?
Tout comme ceux qui l'ont invité, Sir Paul se tient loin des escarmouches politiques qui déshonorent le sens véritable de la fête et outragent la langue universelle qui se chante sur une scène. «Je suis un étranger, certes, mais je serai ici pour célébrer avec vous votre anniversaire!», a-t-il affirmé en entrevue à Radio-Canada. D'humeur débonnaire, il semble bien déterminé à faire la fête malgré l'accueil polaire que certains lui réservent.
L'artiste Luc Archambault est l'instigateur d'un bien mince mouvement de rébellion joyeusement présenté comme un immense cri national par des médias en manque de controverses. Il peut assurément déplorer, comme il le fait, la «canadianisation» des fêtes du 400e. Il est vrai que, depuis l'invitation fantôme faite à la reine Élisabeth II jusqu'à l'omniprésence de la gouverneure générale Michaëlle Jean — comme ambassadrice des fêtes de Québec en France puis comme dignitaire lors du coup d'envoi à Québec —, rien n'a été épargné pour irriter les ardeurs nationalistes.
La fête de Québec, disent les disciples d'Archambault, ne rime pas qu'avec l'arrivée de Samuel de Champlain sur les berges de l'actuelle place Royale. Elle souligne 400 ans de survivance francophone envers et contre tous les soufflets essuyés au fil des siècles.
Cette affirmation, si vibrante de vérité soit-elle, doit-elle pour autant faire de tous les Britanniques virtuoses de la chanson des fripouilles maniant le micro comme jadis les troupes de James Wolfe le mousquet? Portée quelques (trop longues) heures par le député de Borduas Pierre Curzi, rapidement désavouée avec tact par la chef du Parti québécois Pauline Marois, cette association malsaine fait de l'ombre au prétendu sens de la fête des Québécois. Parions d'ailleurs que dans la population, hors des tranchées, plusieurs se préparent avec enthousiasme à être célébrés par McCartney! Ceux-là ont compris qu'on peut entonner Gens du pays main sur le coeur et vibrer au son de Come Together sans se transformer en traîtres.
En l'espace de quelques jours, cette escarmouche aura nourri l'appétit des médias. Satisfait la conscience de ceux qui croient que le 400e n'est qu'un immense outrage à la nation. Ravi quelque presse anglophone qui n'attendait que ces hauts cris abusifs pour ressusciter la xénophobie à la mode québécoise.
Mais lorsque les projecteurs se braqueront demain sur Sir Paul, qu'il risquera peut-être quelques mots dans la langue de... Montcalm avant de laisser la musique porter la fête, la controverse sera étouffée. Et les détracteurs? Totalement charmés.
Le (faux) débat politique qui s'est joué cette semaine au sujet de la venue à Québec de Sir Paul McCartney embarrasse davantage qu'il ne dérange. Allons donc! Associer la venue de l'ex-Beatle sur les plaines d'Abraham à un affront porté au bastion francophone en Amérique plutôt que d'y voir le plus grandiose des cadeaux offerts à une foule en liesse? C'est James Wolfe qui doit se retourner dans son tombeau.
Daniel Gélinas, directeur général de la Société du 400e, avait annoncé la venue de Sir Paul le sourire aux lèvres, visiblement fier de son coup de maître. Pour honorer 400 ans d'existence, rien de moins que la crème de la crème, une légende bien en chair, un monument musical. Certains se pincent pour y croire: un Beatle à Québec, sans avoir à débourser la moindre prune?
Tout comme ceux qui l'ont invité, Sir Paul se tient loin des escarmouches politiques qui déshonorent le sens véritable de la fête et outragent la langue universelle qui se chante sur une scène. «Je suis un étranger, certes, mais je serai ici pour célébrer avec vous votre anniversaire!», a-t-il affirmé en entrevue à Radio-Canada. D'humeur débonnaire, il semble bien déterminé à faire la fête malgré l'accueil polaire que certains lui réservent.
L'artiste Luc Archambault est l'instigateur d'un bien mince mouvement de rébellion joyeusement présenté comme un immense cri national par des médias en manque de controverses. Il peut assurément déplorer, comme il le fait, la «canadianisation» des fêtes du 400e. Il est vrai que, depuis l'invitation fantôme faite à la reine Élisabeth II jusqu'à l'omniprésence de la gouverneure générale Michaëlle Jean — comme ambassadrice des fêtes de Québec en France puis comme dignitaire lors du coup d'envoi à Québec —, rien n'a été épargné pour irriter les ardeurs nationalistes.
La fête de Québec, disent les disciples d'Archambault, ne rime pas qu'avec l'arrivée de Samuel de Champlain sur les berges de l'actuelle place Royale. Elle souligne 400 ans de survivance francophone envers et contre tous les soufflets essuyés au fil des siècles.
Cette affirmation, si vibrante de vérité soit-elle, doit-elle pour autant faire de tous les Britanniques virtuoses de la chanson des fripouilles maniant le micro comme jadis les troupes de James Wolfe le mousquet? Portée quelques (trop longues) heures par le député de Borduas Pierre Curzi, rapidement désavouée avec tact par la chef du Parti québécois Pauline Marois, cette association malsaine fait de l'ombre au prétendu sens de la fête des Québécois. Parions d'ailleurs que dans la population, hors des tranchées, plusieurs se préparent avec enthousiasme à être célébrés par McCartney! Ceux-là ont compris qu'on peut entonner Gens du pays main sur le coeur et vibrer au son de Come Together sans se transformer en traîtres.
En l'espace de quelques jours, cette escarmouche aura nourri l'appétit des médias. Satisfait la conscience de ceux qui croient que le 400e n'est qu'un immense outrage à la nation. Ravi quelque presse anglophone qui n'attendait que ces hauts cris abusifs pour ressusciter la xénophobie à la mode québécoise.
Mais lorsque les projecteurs se braqueront demain sur Sir Paul, qu'il risquera peut-être quelques mots dans la langue de... Montcalm avant de laisser la musique porter la fête, la controverse sera étouffée. Et les détracteurs? Totalement charmés.
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