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Anthony Kavanagh.com - Le retour de l'enfant prodige

Après cinq ans d’éloignement, Anthony Kavanagh était attendu cette année à Montréal. Et il n’a pas déçu les 3000 personnes qui hier soir ont fait vibrer avec des vagues successives de rire la Place des Arts où il se produisait.
Après cinq ans d’éloignement, Anthony Kavanagh était attendu cette année à Montréal. Et il n’a pas déçu les 3000 personnes qui hier soir ont fait vibrer avec des vagues successives de rire la Place des Arts où il se produisait.
Le destin, pour qui court après la gloire, peut être fabuleux. Depuis cinq ans, l'humoriste Anthony Kavanagh est dans les étoiles, en France, où il mène une carrière du tonnerre de dieu. Adulé par les foules, médiatisé en prime time, le p'tit gars de Brossard qui, dans les années 90, a sévi sur les ondes de CKOI dans des «Midis fous» grimpe et il aime ça, même s'il est désormais loin du public qui l'a mis au monde.

Forcément, après cinq ans d'éloignement, le retour de l'enfant prodige était attendu cette année à Montréal. Et une fois de plus, il n'a pas déçu les 3000 personnes qui hier soir ont fait vibrer avec des vagues successives de rire la Place des Arts où le drôle a ramené sa fraise.

Sur le thème de l'absence et du temps qui passe, l'amorce de ce spectacle réglé au quart de tour donne rapidement le ton de l'ensemble. Il y est question de Britney Spears, vierge et pure à son départ du Québec et qui aujourd'hui n'est que «drogue et vergetures», du prix de l'essence, des baby-boomers obsédés par la jeunesse, de la recherche de l'âme soeur sur Internet et de Mario Dumont devenu chef de l'opposition officielle: «Vous faites vraiment n'importe quoi quand je ne suis pas là», lance-t-il.

C'est l'apéritif, un concept propre à la France, sa nouvelle réalité.

Et puis, très vite, Kavanagh renoue avec les fondamentaux de l'humour populaire qui ne perdent personne et qui ont fait sa renommé: les différences entre les hommes et les femmes, les stéréotypes, la jalousie, le sens d'orientation de la gent féminine, le magasinage avec sa blonde, alouette. La salle Wilfrid-Pelletier tremble... de bonheur. Derrière, un jeune trentenaire rigole généreusement en interpellant sa femme: «C'est ben trop vrai!»

La bête de scène savoure chaque instant et en rajoute avec une maîtrise incontestable des planches, de la petite craque sans conséquence qui déride et de l'humour gestuel qui accompagne avec une subtilité relative une série de blagues en dessous de la ceinture, dont plusieurs prennent les toilettes comme décor. Après tout, ça fait partie de la vie.

Cette vie, Kavanagh semble d'ailleurs la trouver drôle avec ses guerres de clochers qui l'amènent à rire des chicanes ville-banlieue, avec une redondance calculée. Il se moque aussi des incohérences du comportement humain qui lui permettent de pigmenter ce tout franchement fédérateur de fines pointes critiques tranchant forcément avec le reste: l'intolérance, la rectitude politique, l'inertie du Québec, la surconsommation et même les effets pervers du syndicalisme forment ces quelques poches d'engagement qu'une autre déferlante de rire, induite par une blague sur une série télé à la mode, écrasent finalement très vite.






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