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Québec, la plus belle ville du monde?

Jean-Claude Labrecque prenant une lecture de la lumière au cours du tournage du documentaire Infinimement Québec. Photo: Yan Turcotte, ONF
Jean-Claude Labrecque prenant une lecture de la lumière au cours du tournage du documentaire Infinimement Québec. Photo: Yan Turcotte, ONF
Le documentaire de Jean-Claude Labrecque sur Québec sera projeté ce soir dans le port, après un concert de Jorane et de l'OSQ.

Quebec — Jeune écolier chez les soeurs grises, le cinéaste Jean-Claude Labrecque se serait fait dire par une religieuse que Québec était «la plus belle ville du monde», et il a trouvé qu'elle avait bien raison. Son documentaire montre que six décennies plus tard, il n'en pense pas moins.

«Cette ville, je ne savais pas que je l'aimais autant», lance-t-il dans ce film en forme de berceuse. Un film qui, on le comprend, a été le prétexte d'un beau retour aux sources pour lui. Après avoir fait carrière à Montréal, le cinéaste revient dans sa ville natale, sur les traces de ses premiers coups de foudre visuels. Et le voilà qui retrouve «le regard amoureux de ses dix ans».

Intitulé «Infiniment Québec», ce documentaire de moins d'une heure a été lancé hier soir dans le Vieux-Port de Québec. On le projettera également ce soir dans un agora du Vieux-Port fraîchement rénové, avec en prime une prestation live de la bande sonore par Jorane et l'Orchestre symphonique de Québec (OSQ).

Présenté plus tôt aux journalistes dans la petite salle du cinéma Cartier, le film se dévoilait dans un contexte tout autre, mais il laissait présager de beaux frissons pour l'événement du soir.

En prélude, une longue séquence nous fait visiter la ville à vol d'oiseau en plein hiver. Aux bruits de la tempête se mêlent les chants mystérieux et envoûtants du violoncelle de Jorane. Mais comme le répète souvent le narrateur Gilbert Sicotte, la beauté est un plaisir difficile à décrire et on n'oserait trop décrire les images magnifiques captées par la caméra.

En fait, ces dernières sont d'autant plus étonnantes qu'elles s'attardent aux sujets les plus «touristiques», comme le Château Frontenac, le fleuve, les courses de canots, les voyages en calèche et même les vendeurs d'aquarelle de la rue du Trésor.

Et dans ce domaine, les résidants de Québec ont souvent l'impression d'avoir tout vu, voire d'en avoir trop vu. Or, guidés par la caméra de Labrecque, on finit même par observer le passage des touristes avec quelque chose qui s'apparente à de la... tendresse.

Un petit miracle qui tient au soin apporté aux détails. Dans la calèche qui s'aventure à l'intérieur des fortifications, un chien est confortablement assis à côté du cocher. La caméra prend son temps, assez pour croquer toute la spontanéité de deux amoureux installés en haut de la porte Saint-Jean.

Même chose dans le recours aux archives. Labrecque n'hésite pas à fixer sa caméra sur le détail révélateur d'une gravure, d'un champ de bataille, du visage de Montcalm au moment de mourir.

À ce titre, le cinéaste ne manque pas une occasion de souligner l'importance du passé français de la ville. On ne se surprendra donc pas qu'il participe aujourd'hui à l'événement Commémoration Québec, au Parc de l'Amérique française, en compagnie de Marie Tifo, de Luck Mervil, de Raymond Lévesque et de Bizz, de Loco Locass. Leur but? Rappeler le passé français et le caractère distinctif du Québec, et dénoncer le fait que ces thèmes n'aient «pas été exploités à leur juste valeur par les organisateurs officiels [du 400e]».

En fait, la trame même d'Infiniment Québec est un dialogue entre la France et le Québec. Tout au long du film, Labrecque s'adresse à un jeune noble français avec qui il s'était lié d'amitié pendant la Deuxième Guerre. Irrité par l'arrogance de ce «petit prince», il tient à lui dire, six décennies plus tard, que «son ancêtre Louis XV a eu bien tort de nous bazarder pour les Antilles.»

Appuyant le point de vue d'une des religieuses qui lui avait enseigné, il va jusqu'à soutenir que Québec est plus belle que Paris et Versailles. Un débat qu'on espère ne pas voir lancé bientôt dans le Paris Match...

Ainsi, dans ce documentaire, en cet été du 400e, l'heure n'est pas à la modestie. Et avec ce film amoureux, Jean-Claude Labrecque - comme Robert Lepage avant lui - vient donner des arguments supplémentaires très inspirés à ceux qui seront tentés par de belles joutes verbales avec leurs cousins français.

***

Jorane et l'OSQ, ce soir, de 19h30 à 21h30, à l'Agora du Vieux-Port.

Projection du film Infiniment Québec à 21h au même endroit.






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  • Denis Beaulé
    Abonné
    jeudi 3 juillet 2008 01h30
    En effet...
    « Mieux vaut que ça ne se retrouve pas dans Paris Match. »

  • jacques noel
    Inscrit
    jeudi 3 juillet 2008 06h58
    Plus belle ville en Amérique en tout cas
    « Si Québec n'est pas la plus belle ville au monde, elle est certainement la plus belle du continent. Et jamais dans toute son histoire elle n'a été aussi belle.
    A part le Pont de Québec, huitième merveille du monde, abandonné par Ottawa qui tombe en ruines, toute la ville est nickel, impeccable.
    Merci M. L'Allier. Le plus grand maire de l'histoire de Québec. Merci à M. Parizeau pour avoir créé la Commission de la Capitale nationale. Deux politiciens qui ont vu plus loin que leur mandat de 4 ans... »

  • ethan solal
    Inscrit
    jeudi 3 juillet 2008 09h25
    Pffff ce qu'il ne faut pas entendre!
    « Mais les Québécois ne voyagent-ils donc jamais? C'est évident que lorsqu'on passe ses vacances au bord d'une piscine dans un resort à Cuba ou en République Dominicaine, bourré à la vodka ou à la bière du matin au soir... He bien on trouve effectivement que Québec est l'une des plus belles villes du monde!

    L'alcool n'est pas que dangereux au volant. »

  • andré michaud
    Inscrit
    jeudi 3 juillet 2008 10h34
    Merci à Lord Dufferin et Lord Grey
    « Merci à Lord Dufferin d'avoir préservé la vieille ville lorsque un mouvement francophone voulait détruire la vieille ville pour bâtir une ville "moderne"à l'américaine. Si M.Dufferin n'avait pas réussi, notre ville ville ne serait plus une des plus belle villes (je déteste les "la plus ceci ou la plus cela"), ne ferait pas partie du patrimoine de l'UNESCO..et ne serait qu'une ville à l'américaine comme l'exigeait une élite francophone!!

    Sans la vieille ville préservée par M.Dufferin et les Plaines d'Abraham ,le projet de Lord Grey pour le 300iè, Québec serait une ville très banale, et peu visitée...Ces deux cas démontrent clairement que les anglais ont aussi contribués à faire de Québec ce qu'elle est aujourd'hui. »

  • Pierre Samuel
    Abonné
    jeudi 3 juillet 2008 11h24
    VIve la ville de Québec!
    « Montréalais "de souche", je n'ai jamais véritablement compris cette présumée rivalité Québec-Montréal. La vieille capitale a ce charme particulier de "vieille France", d'ailleurs reconnu par l'UNESCO,que tous peuvent leur envier mais que nul ne peut leur contester! »

  • Michel Simard
    Abonné
    jeudi 3 juillet 2008 11h24
    Encore les superlatifs
    « Je ne comprends pas cette propension des Québécois (de Québec et du Québec) à toujours affirmer qu'ils vivent dans le plus ... du monde pour tout et pour rien. Qui a établi ces palmarès et quelle est la deuxième plus belle ville du monde ?

    Pourquoi ne pas se contenter de dire que Québec est une très belle ville, même une très très belle ville. Il me semble plus constructif de travailler à réaliser nos objectifs, sans toujours avoir le besoin de se comparer à toute la terre entière. C'est symptômatique de notre complexe d'infériorité de Canadien français, qui n'existe pas par lui-même.

    Cela n'empêche pas la valeur de cette production artistique. »

  • Jacques Lalonde
    Abonné
    jeudi 3 juillet 2008 13h52
    Même en ce jour de célébration du 400ième anniversaire de notre capitale nationale...
    « ...faut-il s'enfarger dans les fleurs du tapis du protocole ?

    Jacques Lalonde
    Gatineau
    jlalonde@ca.inter.net »

  • Roland Berger
    Abonné
    jeudi 3 juillet 2008 17h14
    Surtout maintenant
    « Québec, la plus belle ville du monde ? Certes, surtout maintenant qu'elle a été resituée dans l'histoire comme l'endroit où débuta le Canada, grâce au premier gouverneur Samuel de Champlain. Je crains seulement que les Canadians, fiers de Québec, envahissent les lieux avec leur drapeau canadien.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • Stéphane Martineau
    Abonné
    jeudi 3 juillet 2008 17h28
    Faut pas charrier !!!
    « Originaire de Québec, j'adore toujours cette ville où je retourne quelques fois par année...mais de là à dire que c'est la plus belle ville au monde...c'est vraiment charrier !!! à moins qu'on ne prenne cette expression dans le même sens que le discours de parents pour qui leurs enfants sont les plus beaux au monde....mais, en ce cas, ils veulent moins dire qu'ils sont les plus beaux au sens esthétique que les plus précieux...Dans ce cas, on peut bien faire de Québec qu'elle est la ville la plus chère à ses yeux....mais elle n'est assurément pas la ville la plus esthétique du monde ! »

  • Denis Beaulé
    Abonné
    samedi 28 février 2009 09h07
    Peut-être pourrait-on dire...
    « ... Québec A les plus Belles du monde ? »

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