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En aparté - Prière au malade

Un lecteur parfaitement indigné a fait parvenir au Devoir cette semaine un extrait du Prions en Église, l'imprimé de chapelle qui circule depuis des lustres chez les catholiques du pays. On y lit ceci, en date du 11 mai 2008: «Prions pour les dirigeants et dirigeantes des grosses compagnies et de nos gouvernements. Que l'Esprit Saint, source de justice et de paix, inspire leur partenariat.» À prier ainsi pour les tout-puissants, peut-être se console-t-on de devoir passer son existence à ramper devant eux. Qui sait?
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  • Florence Mennessier - Abonnée
    16 mai 2008 23 h 09
    Courage
    Monsieur Nadeau,
    merci de rendre public cette lettre que vous adresse un lecteur en effet parfaitement indigné.
    Ce petit mensuel qu'est "Prions en Église" exige ici de ses bons fidèles un maximum d'aveuglement et de soumission, tout en faisant d'eux, comme dirait Freud, "des sujets mineurs par un secret excessif et une censure des communications et des expressions d'opinions, qui met ceux qu'on a ainsi intellectuellement opprimés hors d'état de faire face à toute situation défavorable.(1)"
    On comprend bien que, dans cette logique marchande, et nouvel esclavagisme, l'État et les puissants n'aient guère intérêt à voir les citoyens se passionner pour l'instruction et l'autonomie de pensée.

    Tristesse infinie, face à cette exploitation du coeur des hommes, dissimulée par des simulacres de démocratie.

    Oui lire et relire les grands livres, et en parler aussi.
    Qu'est-ce qui nous forme à l'esprit critique ? L'éducation. C'est le paradoxe d'une bonne éducation que de nous enseigner à être libre. Ce n'est pas une prière, c'est un travail.
    Et ce travail se transmet à des hommes, même si ce sont ceux qui savent déjà lire. Privilégiés !

    Courage.


    (1) S. Freud, "Considérations sur la guerre et sur la mort", 1915, Editions Payot, 2001, p. 17.
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