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Entre la Grèce et la Finlande - Un été multidimensionnel dans les musées outaouais

Vaeltava Metsa est le fruit d'une collaboration entre neuf graveurs finlandais et 30 artistes de l'Atelier de l'Île de Val-David

Source :  Musée d’art de Joliette
L’installation Calumny de Macià est une oeuvre à la fois visuelle et olfactive.
Source : Musée d’art de Joliette L’installation Calumny de Macià est une oeuvre à la fois visuelle et olfactive.
La région d'Ottawa offre un séduisant équilibre entre plein air et activités culturelles. Au niveau muséal notamment, l'offre s'avère généreuse et diversifiée, depuis le Muséoparc Vanier jusqu'au Musée de l'aviation. Quelques pistes pour s'instruire et s'extasier dans la région de la capitale canadienne.

Ouvrons le bal outaouais avec trois nouvelles expositions au Musée des civilisations.

La pensée et la culture grec-ques ont eu une influence déterminante sur le monde occidental. C'est afin de rendre compte de l'évolution de cette civilisation que l'institution de Gatineau présente, du 30 mai au 28 septembre, Les Grecs. Une exclusivité en Amérique du Nord, cette exposition comprend 180 artefacts datés entre 7000 avant J.-C. et le début du XlXe siècle.

À l'instar de moult musées canadiens, on commémore à Gatineau le 400e anniversaire de la ville de Québec. Du 9 mai au 7 septembre, Jamestown, Québec, Santa Fe — Trois berceaux nord-américains, retrace l'évolution des foyers de colonisation britannique, français et espagnol en Amérique du Nord et leur impact sur l'identité du continent. Le Musée des civilisations est le seul établissement au Canada à accueillir cette exposition regroupant 130 artefacts liés à la cartographie, au commerce, à l'architecture et à l'agriculture, aux relations avec les autochtones. Dans une même optique, passez Du coq à l'âme — L'art populaire au Québec, 400 pièces exposées pour 400 ans de créativité. Anciennes ou contemporaines, du 24 juin 2008 (tiens donc!) au 22 mars 2009, elles témoignent d'une inventivité immanente et souvent pittoresque.

Avec sa multiplicité d'artefacts dépassant de beaucoup le cadre de la peinture, à laquelle on limite trop souvent les musées, le Musée des civilisations possède tout ce qu'il faut pour séduire ceux et celles qui seraient rébarbatifs à ce type d'institution. Mais son pouvoir de séduction ne s'arrête pas là puisqu'il abrite de surcroît en son sein le Musée canadien des enfants! Du 21 juin au 8 septembre, le populaire Bob le bricoleur, dans Mission: nature, invite parents et enfants à joindre son équipe pour une série de tâches instructives: réparer des éviers dans la maison mobile de Bob et apprendre à se servir d'outils, dessiner un plan, etc. Qui a dit que musée et action étaient incompatibles?

Musée des beaux-arts du Canada

Le Musée canadien de la photographie contemporaine est fermé jusqu'à nouvel ordre en raison de travaux majeurs. Les amateurs pourront néanmoins savourer deux expositions consacrées à ce médium. L'Architecture au Québec (7 mai-29 août) se compose d'une sélection de photographies documentaires sur l'architecture religieuse et laïque, provenant notamment du fonds de l'Inventaire des oeuvres d'art de Gérard Morisset, des archives de Gérard Lavallée, ainsi que des photographies originales de Jean-Paul Morisset. L'oeuvre de Geoffrey James est également consacrée à l'architecture, mais encore aux jardins à la française, à l'étalement urbain, aux aménagements paysagers. Utopie/Dystopie (du 30 mai au 19 octobre) se veut une rétrospective de son oeuvre en quelque 80 photographie étalées sur 40 ans de travail.

En apparence, il n'y a aucun lien de parenté entre les Inuits et les Sámis. Ces deux peuples partagent toutefois un habitat nordique et leurs rencontres avec d'autres cultures a produit chez l'un et chez l'autre des effets similaires dans l'éducation, la langue, le mode de vie. À l'ombre du soleil de minuit (du 23 mai au 17 août) esquisse affinités et oppositions entre ces groupes autochtones par des sculptures, peintures, estampes, art textile et photographies créés entre 2000 et 2005.

Hommeries

2008 souligne vraisemblablement l'anniversaire d'un événement dont la nature m'échappe. Chacun à leur manière effectivement, le Musée des beaux-arts et celui de la guerre commentent cet été la montée du fascisme au début du siècle dernier. Au MBA, Les années 1930 — La fabrique de «l'homme nouveau» réunit 200 oeuvres explorant les liens entre l'art et la biologie. Cette époque, c'est celle où émergent en Europe les concepts de surhomme, d'art dégénéré. Au programme et en exclusivité canadienne, du 6 juin au 7 septembre 2008, des oeuvres de Kandinsky, Dalí, Picasso et Max Ernst; de Jackson Pollock, Alex Colville et Walker Evans. Au Musée canadien de la guerre, on s'attache plus précisément aux théories eugénistes des nazis et aux horreurs perpétrées par le régime hitlérien dans le but d'épurer la race: Médecine mortelle — Créer la «race supérieure» est présentée du 13 juin au 11 novembre.

Natures

Pour se reposer de la mégalomanie et de l'anthropocentrisme délirant, on rejoint les Mammifères venus du froid au Musée canadien de la nature, du 20 juin au 1er septembre. À l'époque glaciaire, les chameaux bossaient en Amérique du Nord, les rugissements des lions résonnaient dans les forêts de l'Arctique. Cette exposition, orchestrée par des paléontologues de renommée internationale, fait la lumière sur l'ère glaciaire et ses profonds bouleversements.

Le Musée des sciences et de la technologie d'Ottawa est la plus grande institution du genre au Canada. Avec son haut degré d'interactivité, il permet une expérience concrète des différentes incarnations de la science et joue un rôle prépondérant dans l'acquisition de la culture scientifique.

On y présente cet été deux expositions liées à l'univers sylvicole. Entre les branches (1er février-1er septembre) donne un aperçu du patrimoine scientifique et technologique associé à l'industrie forestière. Les visiteurs peuvent par exemple expérimenter des instruments tels le stéréoscope et la sonde de Pressler, utilisés pour inventorier les divers peuplements forestiers, l'âge et la croissance des arbres. L'exposition comporte une centaine d'artefacts. Vaeltava Metsä (Forêt nomade, du 9 mai au 7 septembre) tient davantage de la réflexion à caractère environnemental et artistique sur la précarité de la forêt. Ici, ce sont les arts imprimés qui sont à l'honneur, depuis l'eau-forte jusqu'au prototypage par ordinateur, en passant par la xylographie et l'estampe numérique. Vaeltava Metsä est le fruit d'une collaboration entre neuf graveurs finlandais et 30 artistes du fameux Atelier de l'Île de Val-David.

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  • Gabriel RACLE
    Inscrit
    samedi 10 mai 2008 15h23
    Québec, Jamestown, Santa Fe
    Le 400e anniversaire de la fondation de Québec par Champlain est l'occasion, au-delà de toute polémique politique, de jeter un regard sur l'histoire du peuplement de l'Amérique du Nord par les grandes puissances européennes. En effet, le début du XVIIe siècle est marqué par trois centres d'occupation différents, tant sur les plans géographique, économique que sociaux, religieux et relationnel avec les Autochtones : Jamestown avec les Anglais en 1607, Québec par les Français en 1608 et Santa Fe avec les Espagnols en 1609.

    Pour qui s'intéresse à cette histoire - et qui ne s'intéresserait pas aux fondements de notre implantation dans cette Amérique du Nord - il vaut la peine d'aller jusqu'à Gatineau et de visiter l'exposition intitulée «Jamestown, Québec, Santa Fe - Trois berceaux nord--américains» au Musée canadien des Civilisations.

    Cette exposition internationale originale qui vient d'ouvrir ses portes et se prolongera jusqu'au 7 septembre, présentée pour souligner le 400e anniversaire de la fondation de Québec, retrace le développement de chacun des trois premiers établissements européens en Amérique du Nord et décrit comment ces évènements ont modifié à jamais le paysage de tout un continent. Comme le précise Jean-Pierre Hardy, historien du Québec au Musée des civilisations : «À l'heure où Québec célèbre ses 400 ans de présence sur le continent, cette exposition vient à propos rappeler les débuts de notre existence dans ce coin du monde »

    Outre plus de 130 objets, tableaux, cartes, documents et objets cérémoniels, d'origine tant autochtone qu'européenne, provenant de collections royales et de musées des deux côtés de l'Atlantique, l'exposition se penche sur le développement du commerce, de l'agriculture et de l'organisation sociale et religieuse dans les trois établissements, ainsi que sur leurs relations avec les peuples autochtones, dont les Powhatans, les Algonquins, les Hurons et les Pueblos.

    Et c'est certainement là un des plus grands intérêts de la présentation de cette exposition, qui ne sépare pas géographiquement ou chronologiquement les trois établissements, mais les juxtapose par thèmes. Il suffit aux visiteurs de lire des panneaux fort bien faits pour comparer les façons de voir et de faire, les intérêts et les comportements différents et parfois complètement opposés des Anglais, des Français et des Espagnols, et en particulier leurs relations avec les populations autochtones.

    Alors que les Anglais, implantés dans la région de la Chesapeake n'ont pas tardé à se trouver en opposition avec les Autochtones et provoqué des années de conflit, les Français ont utilisé une approche quelque peu différente en créant des alliances avec certains peuples et des tentatives d'intégration, tant pas des mariages mixtes que par une conversion à la même religion.

    Il ne faut pas oublier qu'à l'époque, il n'y avait pas de frontières entre des États et les Français de la Nouvelle-France, dont Québec était le centre, ont poussé jusqu'en Louisiane, afin d'accaparer de nouveaux territoires, avant que les Anglais ou les Espagnols ne s'en emparent.

    Quant aux Espagnols, ils avaient oublié qu'ils seraient inférieurs en nombre aux divers groupes aborigènes locaux et que leur domination ne se ferait pas sans mal. Et l'avancée des Français vers le golfe du Mexique allait encore compliquer la situation.

    C'est donc toute uen histoire que cette exposition présente de fort belle façon et qui a l'avantage de situer historiquement la place de Québec dans le développement par les Européens de l'Amérique du Nord et la contribution particulière des Français dans cette aventure, qui aura - et a eu - des répercussions considérables sur toute la région. Comme l'expliquait Victor Rabinovitch, président de la Société du Musée canadien des civilisations, à l'ouverture de l'exposition : «C'est une histoire qui foisonne de grandes réussites et de tragédies, de conflits et d'alliances. Ce long travail d'installation et de conquête a profondément modifié l'ordre du monde et façonné la civilisation moderne.» Il vaut donc l peine de se rendre jusqu'à Gatineau, en complément des célébrations qui se déroulent à Québec. On ne peut que s'y instruire sur notre histoire.

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