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Censure: la proposition de Verner est accueillie froidement

4 avril 2008  Actualités culturelles
Ottawa — Le milieu de la production cinématographique et télévisuelle accueille froidement l'invitation de la ministre du Patrimoine, Josée Verner, de l'aider à élaborer les paramètres d'une future censure. Si certains groupes étudient son offre avec circonspection, d'autres la rejettent d'emblée.
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  • Yv Bonnier Viger
    Abonné
    vendredi 4 avril 2008 03h13
    La censure, une paresse de l'esprit qui tue la démocratie
    Nous admettons que la prise de parole, par quelque média que ce soit, est porteuse d'une énergie qui peut guérir, réconforter, enthousiasmer mais aussi blesser, humilier et tuer. Nous admettons aussi que le droit de parole est une liberté fondamentale de toute personne, un droit qui fonde notre société démocratique. Pour baliser ce droit nous nous sommes donnés des codes de valeurs, des codes d'éthique et d'étiquette, des chartes, etc. Lorsque que ces codes sont enfreints, c'est aussi avec la prise de parole que l'on peut ramener le discours à l'intérieur des balises socialement convenues. Censurer, c'est-à-dire retirer le droit de parole à une personne, devrait être le dernier recours face à une personne qui refuse toute contrainte, tout code, et qui, de ce fait, brime le droit de parole des autres. Censurer devient ainsi un recours judiciaire qui appartient exclusivement au domaine de la justice, en toute indépendance de la sphère gouvernementale ou politique.
    Autrement, tout recours à la censure est une démission, une paresse intellectuelle, un refus de débattre, un déni de la vie démocratique.
    Le glissement moral, fondamentalement antidémocratique introduit par la loi proposée doit s'arrêter ici. J'en appelle à la conscience de tous les députés et tous les sénateurs pour qu'ils refusent d'entériner pareil projet. Je salue tous les groupes qui refusent de s'y associer.

    Yv Bonnier Viger, yv@sympatico.ca

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