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Jean Nouvel, lauréat du prix Pritzker d'architecture

31 mars 2008  Actualités culturelles
Jean Nouvel devant une de ses réalisations, la tour Agbar à Barcelone, inaugurée en 2005.
Photo : Agence Reuters
Jean Nouvel devant une de ses réalisations, la tour Agbar à Barcelone, inaugurée en 2005.
Los Angeles — L'architecte français Jean Nouvel, créateur notamment de l'Institut du monde arabe à Paris, a été désigné lauréat de l'édition 2008 du prix Pritzker, la plus prestigieuse récompense mondiale du secteur, a annoncé hier son comité organisateur à Los Angeles.

M. Nouvel, 62 ans, est distingué pour l'ensemble de sa carrière, marquée par «sa poursuite courageuse de nouvelles idées et sa remise en cause des normes acceptées, afin de repousser les limites de son champ d'activité», a déclaré Thomas Pritzker, président de la fondation Hyatt qui décerne ce prix depuis 1979.

Le jury de sept membres, parmi lesquels des architectes de renommée internationale, des historiens et des universitaires, a reconnu «la cohérence, l'imagination et surtout un besoin insatiable d'expérimentations créatives» dans l'oeuvre de Jean Nouvel.

De son côté, le président du jury, le baron Peter Palumbo, a mis en exergue les «nouvelles approches» de l'architecture dont Jean Nouvel a selon lui fait preuve.

«Depuis qu'il a installé son cabinet à Paris dans les années 1970, M. Nouvel s'est efforcé, avec son équipe, d'envisager de nouvelles approches des défis architecturaux habituels», a indiqué Lord Palumbo, collectionneur d'art britannique.

«Pour Nouvel, en architecture il n'y a pas de "style" a priori. C'est plutôt un contexte, interprété dans le sens le plus large pour inclure la culture, l'endroit, le programme et le client, qui le conduit à développer une stratégie différente pour chaque projet», a encore dit le président du jury.

«Si l'essentiel de son oeuvre se trouve en France, il a conçu des projets dans le monde entier, dont le Japon, l'Espagne, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas, l'Autriche, l'Italie, la République tchèque, l'Allemagne, la Belgique, le Luxembourg, la Corée du sud, le Mexique, Israël, le Brésil, le Qatar, le Liban, Chypre, l'Islande, les Émirats arabes unis, Taïwan, la Malaisie, le Portugal, le Koweït, le Maroc, la Russie et les États-Unis, plus de 200 [bâtiments] au total», ont souligné les jurés.

Doté de 100 000 dollars et symbolisé par une médaille de bronze, ce prix qui est parfois surnommé «le Nobel de l'architecture» sera remis à Jean Nouvel lors d'une cérémonie à la Bibliothèque du Congrès à Washington le 2 juin. Parmi ses anciens lauréats figurent l'Américain Frank Gehry, le Sino-Américain Ieoh Ming Pei ou encore l'Italien Renzo Piano.

Né à Fumel (Lot-et-Garonne) le 12 août 1945, Jean Nouvel se destinait d'abord à la peinture. Mais c'est en architecture qu'il s'inscrit en 1964 à l'École des Beaux-Arts de Bordeaux. En 1966, il est admis premier au concours d'entrée de l'École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris dont il est diplômé en 1972.

L'Institut du monde arabe, l'un des «grands travaux» de François Mitterrand, a lancé la carrière internationale de Jean Nouvel en 1987, 17 ans après l'ouverture de sa première agence.

Ce bâtiment en bord de Seine se singularise sur sa façade sud par ses ouvertures à géométrie variable en forme de moucharabiehs, clins d'oeil à la civilisation arabo-musulmane.

Depuis, il a signé la rénovation de l'opéra de Lyon (France), le bâtiment de la Fondation Cartier à Paris, le centre culturel et de congrès de Lucerne (Suisse) ou la tour Agbar de Barcelone (Espagne).

Aux États-Unis, il a conçu une tour à Manhattan et un théâtre à Minneapolis (Minnesota) qui, selon le jury du Pritzker, «se confond et contraste à la fois avec son environnement» et est emblématique du «sens de la mise en scène» dont fait preuve Jean Nouvel, qui n'est que le deuxième Français à décrocher ce prix en 29 ans, après Christian de Portzamparc en 1994.
 
 
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