La Ville de Montréal et la culture - Un maire confiant que sa ville soit à la hauteur de ses ambitions
Photo : Pascal Ratthé
«Plusieurs personnes, dont des jeunes souvent, viennent à Montréal à cause de la culture», soutient le maire Gérald Tremblay, photographié ici au sommet Montréal, métropole culturelle, en novembre dernier.
Montréal peut-il véritablement prétendre au titre de métropole culturelle? Sinon, comment le devenir? La réponse ne se fait pas attendre. «Montréal n'a pas à le devenir, il l'est, affirme d'emblée Gérald Tremblay, piqué par la question. C'est une métropole culturelle d'envergure internationale.» Pour le maire de Montréal, là-dessus, il n'y a pas de doute.
Sur quoi repose alors la réputation de Montréal comme métropole culturelle? «C'est d'abord la qualité de ses créateurs, répond le maire de la plus grande ville francophone d'Amérique. Que ce soit en chant, en danse, peu importe la discipline, les créateurs montréalais rayonnent un peu partout dans le monde. Si Kent Nagano a accepté la direction de l'OSM, c'est aussi parce qu'il considère Montréal comme une grande ville de créateurs.»
Culture et économie
Une idée aujourd'hui largement acceptée dans le milieu municipal, et qui tranche avec la perception passée, c'est que l'on comprend maintenant que la culture est aussi un moteur de développement économique. «Une ville où la culture est foisonnante attire le talent. Plusieurs personnes, dont des jeunes souvent, viennent à Montréal à cause de la culture.» Sans compter que la présence de la culture à Montréal n'attire pas que des artistes. Il est bien connu que les chercheurs et intellectuels de haut vol apprécient une vie culturelle riche et variée. Aucune ville voulant prétendre à l'économie du savoir ne peut se passer de culture.
Gérald Tremblay se réjouit que ces idées soient de plus en plus répandues dans les milieux montréalais. Il donne en exemple le dernier Rendez-vous de la culture. «Les gens d'affaires étaient présents et j'ai senti beaucoup d'ouverture de leur part. Il y a beaucoup d'entreprises qui sont prêtes à faire des choses avec Montréal dans le domaine de la culture. Je sens que l'on fait des progrès.»
De plus, la culture est aussi une industrie et, à ce titre, figure parmi les grappes industrielles montréalaises autant que les technologies de l'information, les sciences de la vie et l'aérospatiale. On estime qu'environ 90 000 personnes travaillent dans le milieu culturel, engendrant des retombées économiques de quelque cinq milliards de dollars.
Les initiatives de la Ville
En 2005, Montréal se dotait d'une Politique culturelle qui vise à guider les actions de la Ville dans le domaine culturel. Cela a aussi permis de mettre en place certains axes de développement et d'action. Au premier chef, les bibliothèques municipales. «Les bibliothèques sont pour nous une priorité. D'abord, nous avons assuré la gratuité pour tous, et ensuite, on a augmenté les heures d'ouverture à 53 heures par semaine. Maintenant, il faut investir et c'est ce que nous ferons. On investira 125 millions de dollars dans les dix prochaines années.»
Le Quartier des spectacles est sans doute le projet de développement le plus ambitieux du lot. Déjà, la démolition du 222, Sainte-Catherine en est le signe avant-coureur. «Ce qui est intéressant dans le projet du Quartier des spectacles, c'est qu'il est piloté par l'ensemble des intervenants.» Ce projet, d'un coût de 120 millions de dollars, sera défrayé également par les trois ordres de gouvernement. «Pour une fois, dans le domaine de la culture, les trois gouvernements parlent d'une seule voix.»
La construction de la salle de concert de l'OSM sera évidemment le point fort du Quartier des spectacles. La Ville y aménagera aussi un Parc des festivals. D'autres projets verront bientôt le jour. «Nous avons des projets pour l'îlot Balmoral, l'îlot Clark et les alentours de la station de métro Saint-Laurent.»
Le patrimoine culturel ne sera pas en reste puisque le gouvernement du Québec entend investir 140 millions de dollars dans les édifices et monuments patrimoniaux à Montréal. «Cela va nous permettre, entre autres, de rénover la place d'Armes, le square Dorchester et la place du Canada. Si l'on compte aussi les bibliothèques et le Quartier des spectacles, c'est 395 millions de dollars qui seront investis dans la vie culturelle montréalaise au cours des prochaines années.»
Un budget indexé pour le Conseil
De plus, la Ville de Montréal a choisi d'indexer le budget du Conseil des arts de Montréal, gelé depuis des années à 10 millions par année. «Cela représente trois millions et demi de plus en cinq ans.» Montréal pourrait-il en faire plus? Déjà, la contribution de la Ville de Montréal au chapitre des arts est beaucoup plus élevée per capita que celles des autres ordres de gouvernement. «Tant que la fiscalité municipale sera basée uniquement sur la taxe foncière, il sera difficile d'en faire plus, en culture comme ailleurs.»
Montréal accuse-t-il des faiblesses en matière culturelle? Par exemple, le projet d'une salle de concert pour l'OSM ne date pas d'hier. Optimiste de nature, Gérald Tremblay hésite à parler de faiblesses. Il préfère le mot défi. «Oui, un des défis que nous avons à relever, c'est d'accélérer les choses. Mais ce n'est pas le seul. Par exemple, le Quartier des spectacles est un énorme développement immobilier. Comment y intégrer des ateliers d'artistes?»
Gérald Tremblay demeure confiant que Montréal est à la hauteur de ses ambitions. «L'argent, ça compte, mais n'est pas tout; c'est la création qui est importante. Et c'est l'ensemble des citoyens qui doivent être fiers de leur métropole culturelle.» D'où la conclusion s'impose: une métropole culturelle, au fond, ce sont surtout les créateurs et les citoyens qui la façonnent.
Collaborateur du Devoir
Sur quoi repose alors la réputation de Montréal comme métropole culturelle? «C'est d'abord la qualité de ses créateurs, répond le maire de la plus grande ville francophone d'Amérique. Que ce soit en chant, en danse, peu importe la discipline, les créateurs montréalais rayonnent un peu partout dans le monde. Si Kent Nagano a accepté la direction de l'OSM, c'est aussi parce qu'il considère Montréal comme une grande ville de créateurs.»
Culture et économie
Une idée aujourd'hui largement acceptée dans le milieu municipal, et qui tranche avec la perception passée, c'est que l'on comprend maintenant que la culture est aussi un moteur de développement économique. «Une ville où la culture est foisonnante attire le talent. Plusieurs personnes, dont des jeunes souvent, viennent à Montréal à cause de la culture.» Sans compter que la présence de la culture à Montréal n'attire pas que des artistes. Il est bien connu que les chercheurs et intellectuels de haut vol apprécient une vie culturelle riche et variée. Aucune ville voulant prétendre à l'économie du savoir ne peut se passer de culture.
Gérald Tremblay se réjouit que ces idées soient de plus en plus répandues dans les milieux montréalais. Il donne en exemple le dernier Rendez-vous de la culture. «Les gens d'affaires étaient présents et j'ai senti beaucoup d'ouverture de leur part. Il y a beaucoup d'entreprises qui sont prêtes à faire des choses avec Montréal dans le domaine de la culture. Je sens que l'on fait des progrès.»
De plus, la culture est aussi une industrie et, à ce titre, figure parmi les grappes industrielles montréalaises autant que les technologies de l'information, les sciences de la vie et l'aérospatiale. On estime qu'environ 90 000 personnes travaillent dans le milieu culturel, engendrant des retombées économiques de quelque cinq milliards de dollars.
Les initiatives de la Ville
En 2005, Montréal se dotait d'une Politique culturelle qui vise à guider les actions de la Ville dans le domaine culturel. Cela a aussi permis de mettre en place certains axes de développement et d'action. Au premier chef, les bibliothèques municipales. «Les bibliothèques sont pour nous une priorité. D'abord, nous avons assuré la gratuité pour tous, et ensuite, on a augmenté les heures d'ouverture à 53 heures par semaine. Maintenant, il faut investir et c'est ce que nous ferons. On investira 125 millions de dollars dans les dix prochaines années.»
Le Quartier des spectacles est sans doute le projet de développement le plus ambitieux du lot. Déjà, la démolition du 222, Sainte-Catherine en est le signe avant-coureur. «Ce qui est intéressant dans le projet du Quartier des spectacles, c'est qu'il est piloté par l'ensemble des intervenants.» Ce projet, d'un coût de 120 millions de dollars, sera défrayé également par les trois ordres de gouvernement. «Pour une fois, dans le domaine de la culture, les trois gouvernements parlent d'une seule voix.»
La construction de la salle de concert de l'OSM sera évidemment le point fort du Quartier des spectacles. La Ville y aménagera aussi un Parc des festivals. D'autres projets verront bientôt le jour. «Nous avons des projets pour l'îlot Balmoral, l'îlot Clark et les alentours de la station de métro Saint-Laurent.»
Le patrimoine culturel ne sera pas en reste puisque le gouvernement du Québec entend investir 140 millions de dollars dans les édifices et monuments patrimoniaux à Montréal. «Cela va nous permettre, entre autres, de rénover la place d'Armes, le square Dorchester et la place du Canada. Si l'on compte aussi les bibliothèques et le Quartier des spectacles, c'est 395 millions de dollars qui seront investis dans la vie culturelle montréalaise au cours des prochaines années.»
Un budget indexé pour le Conseil
De plus, la Ville de Montréal a choisi d'indexer le budget du Conseil des arts de Montréal, gelé depuis des années à 10 millions par année. «Cela représente trois millions et demi de plus en cinq ans.» Montréal pourrait-il en faire plus? Déjà, la contribution de la Ville de Montréal au chapitre des arts est beaucoup plus élevée per capita que celles des autres ordres de gouvernement. «Tant que la fiscalité municipale sera basée uniquement sur la taxe foncière, il sera difficile d'en faire plus, en culture comme ailleurs.»
Montréal accuse-t-il des faiblesses en matière culturelle? Par exemple, le projet d'une salle de concert pour l'OSM ne date pas d'hier. Optimiste de nature, Gérald Tremblay hésite à parler de faiblesses. Il préfère le mot défi. «Oui, un des défis que nous avons à relever, c'est d'accélérer les choses. Mais ce n'est pas le seul. Par exemple, le Quartier des spectacles est un énorme développement immobilier. Comment y intégrer des ateliers d'artistes?»
Gérald Tremblay demeure confiant que Montréal est à la hauteur de ses ambitions. «L'argent, ça compte, mais n'est pas tout; c'est la création qui est importante. Et c'est l'ensemble des citoyens qui doivent être fiers de leur métropole culturelle.» D'où la conclusion s'impose: une métropole culturelle, au fond, ce sont surtout les créateurs et les citoyens qui la façonnent.
Collaborateur du Devoir
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