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    Arts médiatiques - Un « centre de services » impose le pas... numérique

    Au Groupe Molior, « on encadre, on aiguille »

    Une oeuvre de Philomène Longpré, une artiste parrainée par le Groupe Molior
    Photo: Une oeuvre de Philomène Longpré, une artiste parrainée par le Groupe Molior
    Un centre de services. C'est ainsi qu'Andrée Duchaine, directrice du Groupe Molior («mettre en mouvement», en latin), désigne l'organisme à but non lucratif qu'elle a fondé il y a sept ans. Services offerts? Production, diffusion et promotion des oeuvres en arts médiatiques, aide aux créateurs, aux chercheurs et aux commissaires d'exposition.

    À raison d'une ou deux expos par année, ce centre à la fine pointe de la technologie est devenu un joueur majeur des arts médiatiques. C'est pour souligner sa contribution dans ce domaine que le Conseil des arts de Montréal (CAM) l'a retenu comme un des finalistes à son

    23e Grand Prix.

    «Dès sa fondation en 2001, lit-on dans le communiqué émis par le CAM, le Groupe Molior s'est imposé comme un centre original et dynamique de production et de diffusion des pratiques artistiques liées aux nouvelles technologies: installation vidéo interactive, robotique, lutherie numérique, oeuvres multimédias, environnement immersif, performance cybernétique.»

    Andrée Duchaine ne se fait pas prier pour abonder dans le même sens. «Molior a sûrement contribué, dit-elle, au rayonnement des artistes de la relève. Il les a aidés à obtenir la reconnaissance.»

    De la technique devenue un art « noble »

    Ça semble facile à dire; reste un fait: la micro-électronique, la programmation, «même l'utilisation d'un micro», se souvient Andrée Duchaine, n'étaient pas perçus comme matériaux artistiques et il fallait — il le faut encore — les expliquer.

    «On encadre, on aiguille. On fait du mentorat», conclut celle qui se bat depuis des lunes pour des formes novatrices. Aujourd'hui les arts numériques, interactifs, hier la vidéo: Andrée Duchaine a, entre autres, appuyé des jeunes apprentis vidéastes (François Girard, Barbara Steinman, Bill Vazan) et lancé, en 1984, les Rencontres vidéo internationales de Montréal.

    «Je fais pour les nouveaux médias ce que j'ai fait en vidéo, dit celle qui défend les Philomène Longpré et Valérie Lamontagne d'aujourd'hui. En pionnière, je dois enfoncer des portes.»

    Âme du Groupe Molior, Andrée Duchaine reste discrète, effacée. Le site Internet ne dit pas un mot sur elle. Elle refuse d'ailleurs qu'on la voie comme si elle dirigeait sa maison d'édition, sa galerie. Elle a ses coups de coeur, peut se montrer fidèle, mais n'a pas une liste de happy few.

    «On signe des contrats avec l'oeuvre, pas avec l'artiste», dit Andrée Duchaine.

    Depuis sa fondation, le Groupe Molior a promu une cinquantaine de créateurs et organisé une trentaine d'expos. Ici et ailleurs: présences au Brésil (Festival international du langage électronique 2004 et 2005), en Chine (2006) et au Pérou (2007).

    Parmi ses faits marquants locaux, soulignons la production de deux oeuvres. D'abord en 2003, Bulbes, du collectif Artificiel, une installation sonore et lumineuse composée de 64 ampoules présentée au Musée d'art contemporain (MAC). Puis, en 2005, les automates rotatifs Rotoscopic Machines, de Bill Vorn, qui intègrent une expo au Centre des sciences.

    Ces deux cas sont, aux yeux d'Andrée Duchaine, l'enfer et le paradis sur le plan de la diffusion. Elle ne s'y attardera pas pendant l'entrevue, mais l'expérience au MAC lui a laissé un goût amer, avec un gros zéro en matière de couverture critique.

    S'ouvrir à l'ailleurs

    Aujourd'hui, le Groupe Molior fonde son avenir sur les projets à l'étranger où, somme toute, il serait plus facile d'exposer. Les présences au Brésil, au Pérou et en Chine sont d'ailleurs sur le point de se traduire par des partenariats à long terme. Là-bas, Montréal est perçu comme

    une terre fertile en savoir-faire numérique.

    «Au Brésil, il y a une masse critique et théorique, mais ils n'ont pas d'oeuvres. On arrive avec les nôtres», explique la directrice du groupe montréalais. En fait, croit-elle, il existe un signe qui ne trompe pas: les universités récupèrent les artistes comme professeurs. «On voit des écoles [de pensée] se former.»

    L'année 2008 ne sera pas très calme. Le Groupe Molior enverra sa petite délégation à Synthetic Times, une manifestation à Beijing en marge des Jeux olympiques. Il sera aussi à Sao Paulo en mai et accueillera à l'automne des artistes péruviens.

    Collaborateur du Devoir












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