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La pipolisation de l'État

La logique du star-système finit par s'infiltrer là où on ne l'attendrait pas. Quand le radiojournaliste Louis Martin est décédé fin janvier, ses anciens collègues ont salué son professionnalisme, sa grande culture, son sens de l'éthique. «Louis Martin ne prenait jamais la place de la nouvelle. Il ne se mettait jamais en avant», a ajouté Jean Dussault, de la Première Chaîne de Radio-Canada.

Les temps changent. Maintenant, les animateurs-vedettes de la radio d'État donnent leur nom à leur émission: Christiane Charette, Maisonneuve en direct, Désautels. Quand Sophie Durocher, animatrice à la chaîne culturelle, femme de l'omnicommentateur Richard Martineau, est tombée enceinte, le téléjournal de Radio-Canada en a parlé. En passant de la grande maison à Télé-Québec, Marie-France Bazzo a troqué Indicatif présent pour bazzo.tv.

«La radio et la télé d'État font de la convergence à bouche que veux-tu, ajoute le sociologue Guy Bellavance, de l'Institut national de la recherche scientifique (INRS-culture et société). On y entend toujours les mêmes commentateurs refilés d'une émission à l'autre. [...] Je ne dis pas que les vedettes qui passent à la télévision ne sont pas bons: je déplore l'uniformisation de l'offre et l'absence de mécanisme pour résister à ce formatage, alors que ce serait à l'État de soutenir la diversité.»

Jean-François Dumas, d'Influence Communication, rappelle que, dans les nouvelles les plus médiatisées au Québec en 2007, on retrouve au sixième rang l'attaque du convoi militaire en Afghanistan dans lequel se trouvait le journaliste de Radio-Canada Patrice Roy. Le conflit a déjà fait plus de 75 morts parmi les soldats canadiens. «Le drame de la guerre a été vécu à travers M. Roy, dit l'analyste des médias. La personnification amplifie l'impact d'une nouvelle.»

Aucun secteur ne semble à l'abri. «Une campagne électorale, c'est devenu une guerre de personnalités, un show de télé-réalité, au détriment des idées, poursuit Jean-François Dumas. Au Québec, on aurait pu rebaptiser la dernière campagne "Occupation triple".»

La part du lion de la couverture de ce grand jeu électoral n'a pas favorisé la santé, l'environnement, la famille ou l'éducation, mais bien, dans l'ordre, les sondages, la Constitution et les «élément de controverse» (concernant la vie délurée d'André Boisclair par exemple). Et la culture? «On en a parlé une journée, quand le président de l'UDA a reproché aux politiciens de ne pas en parler.»
 
 
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  • L'ex-Canard
    Inscrit
    samedi 8 mars 2008 12h26
    Bravo au Devoir pour avoir échappé à cette tendance
    Le Devoir résistera-t'il encore longtemps à ce "branding" malsain ou culte de la personnalité?

  • camelot
    Inscrit
    samedi 8 mars 2008 12h37
    Connerie
    Non mais, êtes-vous obligé de suivre le troupeau médiatique? Vous auriez pu choisir un autre mot que "pipolisation", dernière ineptie de la presse française. Il est facinant de voir à quel point ces gens sont déconnectés du réel pour s'aglutiner autour d'une petite mode très parisienne. Il y avait eu "flaveur" autre élucubration qui ne dit rien de plus que saveur.Voyez Rey.

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