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L'usine artistique

Patrick Caux   7 décembre 2007  Actualités culturelles
Sérigraphie, bricolage, menuiserie, peinture, couture... Toutes les interventions seront permises pour donner une nouvelle vie aux articles soumis aux artistes.
Photo : Agence France-Presse
Sérigraphie, bricolage, menuiserie, peinture, couture... Toutes les interventions seront permises pour donner une nouvelle vie aux articles soumis aux artistes.
Le jeu est simple: vous apportez un objet, vous le glissez dans une fente prévue à cet effet (Input) et, après un certain laps de temps, il emprunte la chute (Output) pour vous revenir modifié. Entre les deux, et c'est là tout l'intérêt de l'affaire, une vingtaine d'artistes membres de L'Oeil de poisson se seront acharnés à la transformer, à le recycler, à lui faire subir divers sévices... bref, à le pimper — comme on dit à Musique Plus — afin de lui donner une seconde vie.

Québec — En décembre 2006, L'Oeil de poisson, sous les bons soins du collectif Prescription, nous avait donné le Dégaminothon. On y apportait un vieux gaminet que des artistes se chargeaient de revaloriser. Cette année, on a choisi de reprendre l'idée et de la pousser encore plus loin. Plus que des t-shirts, on vous invite maintenant à apporter n'importe quel objet, du moment qu'il ne dépasse pas un pied cube de volume.

«Afin de créer un peu de mystère, on a aussi décidé d'empêcher les contacts entre le public et les artistes, explique Stéphanie Matte, coordonnatrice du projet. Les gens vont devoir faire passer ce qu'ils ont apporté par une ouverture dans un mur. Ils ne pourront donc pas choisir qui va faire une intervention sur leur objet. De la même façon, les artistes créeront sans être influencés par la personne devant eux: l'objet sera la seule source d'inspiration.»

Une fois de l'autre côté du mur, l'objet appartient entièrement aux artistes, parmi lesquels on retrouvera notamment les BGL, le collectif Kathleen Kelly, Cooke-Sasseville et Sophie Privé. Sérigraphie, bricolage, menuiserie, peinture, couture, etc., toutes les interventions seront permises pour donner un nouveau souffle au bidule apporté.

«Dans certains cas, poursuit Stéphanie Matte, les objets conserveront leur fonction utilitaire: un ventilateur pourra ainsi continuer à générer du vent. Dans d'autres, ils seront transformés en sculptures. Les commerçants du coin nous ont fourni beaucoup de matériel. On entend s'en servir pour changer en profondeur l'aspect des objets.»

L'organisatrice invite d'ailleurs les gens à faire preuve de créativité dans le choix des éléments qu'ils introduiront dans l'usine de transformation. «On espère que le public va nous poser des défis intéressants. On sait, par exemple, que quelqu'un va apporter un synthétiseur. En fait, on aimerait bien se faire surprendre. Peu importe l'intervention, c'est certain que les objets ne seront pas signés par leurs créateurs. On veut se garder une grande liberté. Selon les cas, une seule personne s'attaquera à une oeuvre, alors que d'autres verront plusieurs artistes la modifier.»

Pas question, donc, de se rendre sur place en pensant pouvoir orner sa salle de bains d'un BGL ou d'un Cooke-Sasseville à petit prix.

À propos de prix, l'activité fonctionne sur le mode de la contribution volontaire: à la sortie de l'objet, on pourra payer selon le résultat obtenu. Mais comme il s'agit d'une activité de financement pour le centre d'artistes, on aimerait bien obtenir au moins une dizaine de dollars par intervention.

Pour faire passer le temps entre l'entrée de votre lampe préférée dans la zone de modification et la sortie de votre toute nouvelle patère à chaussettes, les gens de L'Oeil de poisson ont prévu des activités pour rendre l'attente plus douce.

Depuis quelques années, à Québec, la scène des illustrateurs se fait remarquer. Tout en sirotant un café ou une boisson à faible teneur en alcool, les participants pourront découvrir la richesse de leurs traits en consultant les nombreux fanzines publiés dans la capitale.

Pour être plus actifs pendant la période de transformation, ils pourront se faire tirer le portrait par un des artistes présents. Si la formule ressemble à ce qu'on retrouve l'été dans les rues du Vieux-Québec, parions que les rendus risquent d'être vaguement plus... étonnants.

À 16h30, l'artiste finlandaise Elina Hartzell (qui effectue une résidence de création à L'Oeil de poisson) présentera une performance intitulée Baguette.

Finalement, vers 21h, après les dernières transformations, le tout se mutera en grosse fête sous les bons soins du DJ L'Interventionniste (Érick d'Orion), qui promet une soirée «hiphop-euh-funkélectro»!

***

Input/Output

Galerie L'Oeil de poisson, Complexe Méduse. Entre midi et minuit (on acceptera des objets à transformer jusqu'à 20h), 580, côte d'Abraham, Québec, 418 648-2975

***

Collaborateur du Devoir
Sérigraphie, bricolage, menuiserie, peinture, couture... Toutes les interventions seront permises pour donner une nouvelle vie aux articles soumis aux artistes. La galerie L’Oeil de poisson invite les gens à apporter n’importe quel objet qui ne dépasse pas un pied cube de volume. Photo: l'Oeil de poisson
 






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