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Allemagne - Karl Marx fait toujours courir les foules

La maison où naquit Karl Marx le 5 mai 1818, à Trèves, en Allemagne.
Photo : Agence Reuters
La maison où naquit Karl Marx le 5 mai 1818, à Trèves, en Allemagne.
La Révolution soviétique, placée sous le haut patronage idéologique marxiste, fête son 90e anniversaire. La maison natale de Karl Marx accueille 40 000 visiteurs chaque année, dont un bon tiers de Chinois venus en pèlerinage politique.

Trèves — Marx a écrit Le Capital. Sa maison natale et un tas de produits dérivés permettent maintenant d'en accumuler.

La boutique du Museum Karl-Marx-Haus de Trèves vend de tout et en quantité: de petits bustes blancs ou rouges à l'effigie du célèbre barbu, des crayons reproduisant sa signature, beaucoup de cartes postales, des tasses et des t-shirts, des exemplaires de son opus magnum à propos duquel il avouait. «Le Capital ne me rapportera jamais ce que m'ont coûté les cigares fumés en l'écrivant.»

Le produit le plus populaire? «La bouteille de vin rouge, bien sûr!», répond la professeure Beatrix Bouvier, directrice du musée, interviewée par téléphone après une courte visite de son établissement, il y a quelques jours. La cuvée Karl-Marx se vend une dizaine d'euros.

La belle résidence bourgeoise du 10 Brückenstrasse a vu naître le plus célèbre philosophe politique du XIXe siècle le 5 mai 1818. Karl était le deuxième d'une série de plusieurs enfants. Son père avocat, descendant d'une longue lignée de rabbins (comme sa mère d'ailleurs) avait loué l'immeuble pour abriter ses bureaux et sa famille. Les Marx ont occupé la maison pendant deux ans puis ont déménagé dans une autre belle maison près de la célèbre Porta Negra, joyau de cette ville du patrimoine mondial. Des prolétaires transforment actuellement cet autre concentré de mémoire marxiste en restaurant chic.

Le lieu de naissance du philosophe de l'histoire est tombé dans l'oubli jusqu'au début du XXe siècle. Le Parti social-démocrate allemand (SPD) a réussi à l'acquérir en 1928 puis les nazis l'ont saisi et transformé en petite imprimerie, un moindre mal par rapport aux synagogues incendiées et aux juifs assassinés par millions. Le premier musée est apparu en 1947, en République fédérale, alors que la République démocratique rebaptisait Karl-Marx-Stadt la ville de Chemnitz

Rénové pour le centième anniversaire de naissance de Marx, et une nouvelle fois en 2005, le musée appartient toujours à la Fondation Friedrich Ebert, reliée au SPD. En Allemagne, tous les grands partis ont développé des fondations semblables qui multiplient les activités philanthropiques, culturelles et pédagogiques. Celle des sociaux-démocrates jouit d'un budget annuel de 160 millions de dollars, emploie 500 personnes, s'active dans 70 pays du Tiers-Monde et distribue 1650 bourses étudiantes chaque année. La Friedrich-Ebert-Stiffung fournit environ 300 000 $ annuellement au Musée de la Maison Karl-Marx qui occupe huit employés.

Marxisme et lévisme

«C'est un musée et un centre de recherche, explique la directrice Bouvier. Nous abritons une importante bibliothèque et nous diffusons de l'information sur Marx et son temps.» L'exposition permanente utilise un peu le multimédia et beaucoup, beaucoup le texte, avec des fac-similés de lettres ou de photos, mais aucun original, ou presque. Le gros des archives concernant Karl Marx se trouve à l'Institut international d'histoire sociale, à Amsterdam.

La présentation met l'accent sur le penseur, sa vie, son oeuvre, avec des références obligatoires aux retombées pratiques et tragiques du système théorique. Seulement, la professeur Bouvier ne veut pas trop appuyer sur les liens entre Marx, le marxisme et communisme réel, même en ce mois de novembre 2007, celui du 90e anniversaire de la Révolution d'octobre. La police secrète soviétique est apparue dès décembre 1917. Sitôt les camps de prisonniers de la Première Guerre mondiale vidés, le régime léniniste les remplissait par des «ennemis de classe». L'URSS comme toutes les dictatures rouges est née et s'est développée dans la misère et la mort. Le Livre noir du communiste impute plus de 100 millions de morts aux divers régimes s'étant réclamés du marxisme-léninisme-maoïsme.

«La liaison entre Marx et Lénine me semble dangereuse, dit alors la spécialiste, marxologue mais pas marxiste. Avec la Révolution russe, quelque chose de nouveau apparaît. Il y a une rupture fondamentale. Marx est un penseur du XIXe siècle. Le totalitarisme est une réalité du XXe siècle.» Elle ajoute aussi que le penseur complexe de Trèves n'a jamais fait consensus.

Devant la montée de certaines idées noires, Marx lui-même aurait déclaré à la fin de sa vie qu'il ne se sentait pas marxiste. What's in a name?, demandait Shakespeare, qu'il admirait tant.

À vrai dire, le marxisme aurait pu devenir le lévisme si son père, né Hirschel Levy Marx (on trouve aussi: Ha Lévi), n'avait pas déjudaisé son patronyme juif et renoncé à la religion de ses ancêtres pour pouvoir exercer sa profession d'avocat dans sa petite ville, la plus ancienne d'Allemagne. Le jeune Karl Heinrich Mordechaï Marx ne sera pas circoncis et ne recevra le baptême luthérien qu'en 1824. Des jésuites du Friedrich-Wilhelm-Gymnasium Trier, grands distillateurs d'opium du peuple, en feront un formidable maître du soupçon. Son ancien lycée a échappé aux bombardements de la Deuxième Guerre mondiale.

Marx, une version germanisée de Marcus, demeure un nom courant de la région de la Rhénanie. C'est le nom actuel de l'évêque de Trèves, bien visible à la porte de son appartement de fonction, à la cathédrale. Le notable Hirschel Levy Marx a été chanceux de pouvoir le conserver pour devenir Heinrich Marx. À son époque, les fonctionnaires antisémites qui enregistraient les conversions et les changements de patronymes des juifs avaient plutôt tendance à imposer des noms ridicules ou dégradants. Les idées de l'auteur de Das Kapital auraient-elles connu la même fortune si Karl Marx s'était appelé Charles Couillon?

12 000 Chinois

Ces subtilités dénominatives échappent peut-être au plus grand groupe de visiteurs de la Maison Marx: les Chinois. Bon an, mal an, ils sont environ 12 000 à s’y présenter. Ils arpentent les salles un audioguide en mandarin scotché à l’oreille. Un restaurant chinois a ouvert ses portes en face du musée. Il y a quelques jours, aucun des «pèlerins» asiatiques abordés dans l’établissement n’a voulu accorder d’entrevue.

«Il est très difficile de savoir ce que pensent nos visiteurs chinois», dit Mme Bouvier. En fait, il existe un moyen: le livre des visiteurs. Les Chinois noircissent des pages complètes que des universitaires allemands ont soumises à une exégèse sociocritique, d’obédience crypto-marxiste. «Ils écrivent beaucoup, et ces confidences en disent beaucoup. On y retrouve un peu de critiques du marxisme et de l’ironie.»

Un exemple? La directrice Bouvier cite en terminant le texte bien ciselé d’un visiteur qui a écrit à peu près ceci: «Voilà, M. Marx, je suis ici, à Trèves, dans votre maison, et je vous fais le bonjour. Vous étiez vraiment le plus grand penseur de notre temps. Mais un seul de votre genre, vraiment, ça suffit...»


***

Notre journaliste était en Europe comme invité de la chaire UNESCO en patrimoine culturel de l'Université Laval.






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  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    mardi 27 novembre 2007 08h03
    Le communisme et le créditisme
    « Les Allemands on eu Karl Marx et nous, Réal Caouette. Ils ont mis respectivement, le communisme et le créditisme de l'avant. Ils se sont trompés lourdement, un avec la lutte des classes et l'autre, la planche à billets. Ces 2 mouvements sont à l'agonie. C'est ça la vie. Que ceux qui ne se sont jamais trompés leur lancent la première pierre sauf à Hérouxville où c'est maintenant défendu malgré que ne faisant plus partie des vivants, ils ne sont pas disponibles pour des lapidations.

    Ils se rejoiganient en plus parce que M. Caouette n'aimait pas les requins de la finance et Marx, les capitalistes même si un était de gauche et l'autre de droite (les extrèmes et les extrémistes finissent souvent pas se rejoindre mais...pas au milieu). »

  • Yvon Montoya
    Abonné
    mardi 27 novembre 2007 08h05
    Désolé, c'est sutpide...
    « Stupide article attrocement superficiel. Je ne le reprendrai pas point par point car cela est inutile. Je ne suis pas marxiste ni pseudo-humaniste. Vos propos sont remplis de préjugès de conciergerie et on voit surtout que vous n'y connaissez strictement rien. La dernière phrase suffit amplement à résumé mon propos, celle du chinois que vous prenez pour argent comptant. Si vous y connaissiez quelque chose en la matière, votre article serait différent et plus intelligent. »

  • Normand Chaput
    Abonné
    mardi 27 novembre 2007 11h29
    la pire traduction que j aie vu
    « la derniere phrase de l aricle etait a brailler. Le cirque du soleil aurait pas fait mieux. »

  • jacques noel
    Inscrit
    mardi 27 novembre 2007 11h54
    Tordant le révisionisme communisme!
    « «La liaison entre Marx et Lénine me semble dangereuse, dit alors la spécialiste, marxologue mais pas marxiste. Avec la Révolution russe, quelque chose de nouveau apparaît. Il y a une rupture fondamentale. Marx est un penseur du XIXe siècle. Le totalitarisme est une réalité du XXe siècle.»

    C'est celle-là que nos François David, Alain Dubuc et Gilles Duceppe et autres nous servent aujourd'hui lorsqu'on leur rappelle que l'idéologie qu'ils ont vénérée dans les années 70 a fait plus de 100 millions de morts, 2 fois plus que le nazisme!

    On a expulsé Zundel, qui n'a jamais commis le moindre crime au Canada et qui avait même été candidat à la chefferie du Parti Libéral contre Trudeau, parce qu'il niait l'holocauste, mais au Québec pas de probleme à nier les crimes communistes en disant que nous on n'était pas comme ça, que ce en croit on croyait c'était autre chose! lollllllll »

  • hekpazo jacqueline
    Inscrite
    mardi 27 novembre 2007 12h34
    Platitudes journalistiques!
    « "Pas fort,pas fort",l'invité de la chaire UNESCO en patrimoine culturel! Cet article ne recèle aucune matière enrichissante pour la pensée et la réflexion. Il n'apporte absolument rien au patrimoine mondial de la science et de l'éducation! En revanche,il est bien de son temps en ce qui a trait à la légèreté du "traitement médiatique". Quel gâchis!

    Jacqueline Hekpazo »

  • François Caron
    Abonné
    mardi 27 novembre 2007 13h01
    Traduit à partir de quoi, au juste ?
    « L'auteur paraphrase une citation, traduite de l'anglais (probablement) qui elle-même l'était de l'allemand (probablement) qui lui-même traduisait certainement bien imparfaitement la pensée subtile et touffue d'unE ChinoisE.

    Alors, oui, l'article m'a intéressé pour ce qui est des factoïds (comme disent les ChisnoisEs entre eux/elles), mais bien sûr, pour l'exégèse de la pensée marxiste, il faut avoir lu Marx et le discours de ceux qui le déconstruisent.

    Y a-t'il du bon dans la pensée marxiste ?

    Oui, ne serait-ce que de faire réfléchir sur les tenants, les aboutissants, les buts et objectifs de l'accumulation de richesse dans un monde fini, et de repenser les rapports humains en termes de justice, de fraternité et de solidarité sociales au lieu de celle de la charité paternaliste d'ordre privé.

    Pour ce qui est de la perversion des idéaux marxistes par la pensée tayloriste et stackhanoviste qui ont mené les capitalistes sur la voie de l'autoritarisme et les communistes dur la voie du totalitarisme, l'iniquité se vaut et se relativise dans la violence d'ordre économique vécue quotidiennement dans les régimes capitalistes et la violence physique, mentale et morale administrées par l'État dans les régimes communistes à touts ceux qui dévient du chemin tracé par les élites, de quelque régime que ce soit.

    Alors nous avons le choix des modèles: Jésus-Christ, John Lennon, Vladimir Lénine, Joseph Staline, Adolf Hitler, Les George Bush père et fils, Vladimir Poutine, Bhoudda, Paris Hilton, L'Antéchrist à venir...

    Moi c'est Mohandas K Gandhi, John M Keynes, John K Galbraith, Nelson Mandela, Desmond Tutu, René Lévesque, Jacques Parizeau, John F Kennedy, Jimmy Carter, Charles De Gaulle, Benazir Bhutto (quels yeux, tout de même !), et à la limite, Jésus-Christ, Fidel Castro et Karl Marx, et tous ces libérateurs de peuple et ces fomenteurs de Bien dont je ne connais pas ou j'oublie le nom.

    P.S.: Je sais, ça manque de femmes, mais il ne m'en vient pas particulièrement à l'esprit, ça viendra j'en suis sûr...
    Ah oui ! Jeanne D'Arc !!! »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    mardi 27 novembre 2007 16h07
    @ François Caron
    « On pourrait ajouter, comme modèle féminin de politicien à votre courte liste, Mme André P. Boucher, mairesse de la belle ville de Québecn otre Capitale nationale, comme Jeanne D'Arc, morte sur la job mais plus jeune, à 70 ans.

    Avoir gagné la mairie de Québec sans caisse électorale, c'est aussi fort que de sortir les Anglais de France. Ce n'est pas demain que ça va se reproduire. Jeanne s'est fait pas mal chauffer mais pas Andrée P. qui a planté, sans argent dépensé, ses adversaires haut-la-main. »

  • Olivier Nguyen
    Inscrit
    mercredi 28 novembre 2007 01h41
    amusante visite
    « «Le Capital ne me rapportera jamais ce que m'ont coûté les cigares fumés en l'écrivant.»

    Ce désarroi me semble tout à fait en contradiction avec la candeur manifeste de l'article. Bien que le coût du cigare à l'époque devait être passablement différent de celui du XXe siècle (on doit supposer que les Havanes n'étaient pas encore de tailler à compétitioner avec le tabac hollandais), que cette masure devienne un vignoble pourrait, je l'espère, consoler notre bon penseur. Le calcul n'est peut-être pas exact, mais il est opportun. »

  • Michel Caisse
    Inscrit
    mercredi 28 novembre 2007 22h56
    Inconvenant
    « C'est dommage, cet article est inconvenant tant l'ignorance de l'auteur transpire de partout.
    Il aurait mieux fait d'écrire pour "décoration chez soi" et discourir sur les influences feng shui du mobilier de la famille Marx. À tout hasard, sans politiser la chose, je serais très étonné qu'un jour on transforme en musée la maison natale de Milton Friedman... »

  • Josée Villeneuve
    Abonnée
    jeudi 29 novembre 2007 00h21
    pertinent et captivant
    « Je n'ai qu'un bon mot pour votre charmant article; comment parler de ce musée sans en faire un banal éloge ou son contraire, et sans en faire un procès ou donner lieu à un commentaire complaisant? Votre récit m'a captivé et me revenait en mémoire, le souvenir de mes années 1980 ou les idées prenaient le dessus sur toute autre considération.
    Merci de profiter des occasions pour évoquer un pan marquant de l'histoire.
    Suite à venir?
    Josée Villeneuve »

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