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Montréal - Le Quartier des spectacles prend forme... sur papier

D’une superficie de 75 000 pieds carrés, la place du Quartier des spectacles s’implantera tout d’abord sur la bande est de l’îlot Balmoral dès l’été 2009.
Photo : Jacques Nadeau
D’une superficie de 75 000 pieds carrés, la place du Quartier des spectacles s’implantera tout d’abord sur la bande est de l’îlot Balmoral dès l’été 2009.
La réalisation du Quartier des spectacles (QdS) transformera le coeur de la métropole. Deux places publiques, dont la très attendue place des Festivals, une promenade, une esplanade et de nouveaux espaces verts jalonneront le fameux secteur culturel en devenir, selon le Plan particulier d'urbanisme (PPU) dévoilé hier à huis clos par le maire de l'arrondissement de Ville-Marie, Benoit Labonté, et dont Le Devoir a obtenu copie.

«Je voulais que [ce plan] marque de façon significative la nouvelle personnalité urbaine et culturelle de Montréal, et le résultat est tout à fait à la hauteur des attentes, à mon sens», a affirmé le maire Labonté en entrevue.

Le PPU se concentre aux abords de la Place des Arts, territoire jugé représentatif du QdS puisqu'il compte 58 % des 27 200 sièges de spectacle du secteur. Il se caractérise d'abord par l'aménagement de quatre nouveaux espaces publics. «Ces nouveaux espaces fourniront, en saison, un ancrage à la tenue des festivals mais demeureront accessibles et animés à l'année afin de faire du secteur une destination culturelle de classe internationale», peut-on lire dans ce document de 48 pages qui devait être dévoilé le 12 novembre à l'occasion du «Rendez-vous novembre 2007 - Montréal, métropole culturelle».

Quatre phases

«Le PPU, c'est quatre phases en quatre ans», a résumé M. Labonté, pour un total de 120 millions de dollars.

D'une superficie de 75 000 pieds carrés, la place du Quartier des spectacles s'implantera tout d'abord sur la bande est de l'îlot Balmoral dès l'été 2009. De vastes travaux de nivellement doivent être effectués afin de ramener le plateau de l'îlot Balmoral (jusqu'à la rue du même nom) à la même hauteur que la rue Jeanne-Mance. Le plan recommande de préserver les anciens édifices industriels et bancaires de l'îlot pour leur intérêt patrimonial, soit le Wilder, le Toronto-Dominion et le Blumenthal, où doit s'installer la future Maison du jazz.

Suivra en 2010 l'aménagement d'une esplanade gazonnée tout le long de la rue Clark au nord de la rue Sainte-Catherine. En 2011, c'est la rue Sainte-Catherine qui subira un lifting, celui-ci consistant à uniformiser la surface de l'artère entre les rues Saint-Alexandre et de Bullion. Du côté sud de cette importante artère du centre-ville, un «rideau de plantations» servirait de corridor de sécurité naturel pendant les festivals.

Une promenade des Festivals bordera le QdS au nord dès 2012, entre l'avenue du Président-Kennedy, qui deviendra à sens unique vers l'est, et le boulevard de Maisonneuve, dont la circulation sera réduite à deux voies. La même année, la place de l'Adresse symphonique devrait aussi voir le jour en face du futur complexe de l'Orchestre symphonique de Montréal, à l'angle de la rue Saint-Urbain et du boulevard de Maisonneuve, dont la trajectoire sera légèrement modifiée.

Priorité aux piétons

En plus de ces nouveaux espaces publics, l'aménagement passera aussi par le verdissement généralisé du secteur, un mobilier urbain repensé (poubelles, colonnes d'affichage, etc.) et des vitrines habitées lors de la tenue des festivals. Il favorise également les piétons en réduisant des voies de circulation comme la rue Jeanne-Mance (de cinq à trois voies) et en élargissement des trottoirs.

Le PPU intègre le plan lumière que le Partenariat du QdS a commencé à mettre en oeuvre mais propose d'y ajouter l'implantation de sept mâts d'éclairage géants, notamment pour la tenue des festivals. Les nombreuses surfaces verticales entourant la place des Festivals pourraient éventuellement accueillir un système d'animation scénographique et d'affichage culturel. On recommande aussi de créer, à l'usage des organisateurs de festivals, un canal technologique souterrain pour les services d'eau, d'électricité et de câblage.

Rappelons que M. Labonté avait commandé le PPU à Clément Demers au printemps dernier alors qu'il était encore responsable des grands dossiers du centre-ville et des projets culturels.

«C'est l'arrondissement de Ville-Marie qui a lancé et payé ce projet», a insisté le maire, qui met en doute le choix de gouvernance du maire Gérald Tremblay pour mener le projet à terme compte tenu de l'échéancier serré. La phase 1 du PPU doit être terminée pour juin 2009 à cause des espaces vacants qui seront perdus sur l'esplanade de la PdA avec la construction du complexe de l'OSM.

«J'ai quelques inquiétudes par rapport au mode de gouvernance qui a été choisi, a-t-il dit. On a fait une équipe hybride de direction Quartier international-SHDM [Société d'habitation et de développement de Montréal]. Si on met deux joueurs à la tête [du projet], on augmente le risque» que celui-ci ne soit pas livré à temps.

Quand il a commandé le PPU à Clément Demers, directeur général du Quartier international de Montréal, M. Labonté s'était engagé à dévoiler le plan le 31 octobre. La Ville entendait plutôt le rendre public à l'occasion du grand sommet de Montréal, qui aura lieu les 12 et 13 novembre prochains.






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  • Michèle Houle
    Inscrite
    lundi 12 novembre 2007 09h44
    Avant de passer au béton.
    « QUARTIER DES SPECTACLES - SALLE DE L'OSM

    Le Quartier des spectacles et la salle de l'OSM : les décideurs ont-il une vision à court, à moyen et à long terme?

    Permettez-moi d'en douter! Je trouve tout à fait déplorable ce manque d'envergure qui, à mon avis, renvoie inconsciemment au « né pour un petit pain » et à la politicaillerie d'image plutôt qu'à une véritable vision cohérente qui assurera la pérennité de l'expression des arts et de la culture du Québec.

    Lorsque l'on tente de faire passer un projet en parlant de retombées fiscales générées par les investissements gouvernementaux, donc nos impôts, je trouve ces arguments très « drabes » et peu convaincants. Parlez-moi du lieu extraordinaire dans lequel je circulerai qui m'inspirera et me réjouira.

    De longues esplanades pour le promeneur et une rangée d'arbres avec quelques boutiques sauront-elles attirer les foules ? C'est un peu mince ne croyez-vous pas. J'ignore tout de la qualité architecturale que ce lieu des spectacles nous offrira.

    On projette de construire la salle de l'OSM entre la salle Wilfrid-Pelletier et le théâtre Maisonneuve : manquons-nous de lieux disponibles dans ce secteur pour y placer une « boîte à chaussure » privant d'air ces édifices, et du coup, gaspillant ainsi nos précieux espaces?

    L'Îlot Balmoral représente un emplacement extraordinaire dans le centre-ville capable d'accueillir l'édifice de la salle de l'OSM avec une architecture nourrissant l'imaginaire. Connaissez-vous l'histoire et l'effet du musée Guggenheim de Frank Gehry à Bilbao en Espagne ? Pour ne parler que d'argent, saviez-vous que ce musée s'est payé en deux ans seulement! (Voir la revue « Architectural Record » 03-2005, page 62). D'accord l'Europe compte plus d'habitants que Montréal. Combien de personnes vont à Bilbao spécialement pour voir ce musée? Donc, on ne parle pas uniquement de retombées fiscales, mais également de retombées économiques pour toute la ville et par conséquent, toute la province. Cela dit, le plus important pour moi demeure la stimulation de l'imaginaire pour tous ceux et celles qui vivront l'expérience d'y être.

    Frank Gehry est un Canadien d'origine et construit davantage que des « boîtes carrées ». Santiago Calatrava, Espagnol, est un des architectes contemporains les plus visionnaires sans compter quelques autres.

    J'ai rencontré madame LaCouture de l'OSM et lui ai remis des documents. Ma lettre est restée sans réponse. J'ai rencontré Daniel Turp, député PQ du Plateau, il n'en savait pas plus que moi sur ce projet de salle de l'OSM.

    Oserons-nous sortir du cadre ou de la boîte ? Oserons-nous investir dans la création stimulante à court, à moyen et à long terme ou en resterons-nous à l'éternel « petit pain » et à « mon maire est plus fort que le tien » ?

    Serons-nous à la hauteur de notre imaginaire ? Quel projet pourra nous inspirer et nous transporter par sa création? Y a-t-il un visionnaire dans la salle, voire, dans la province ?

    Michèle Houle
    Montréal, »

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