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Urbanisme - Carrefour des Pins-du Parc: le Groupe 6+ voit grand

Paul Cauchon   25 octobre 2007  Actualités culturelles
Le Groupe 6+ propose la construction d’une grande tour résidentielle et commerciale de 40 étages.
Photo : Pascal Ratthé
Le Groupe 6+ propose la construction d’une grande tour résidentielle et commerciale de 40 étages.
Un groupe de six architectes et spécialistes de l'urbanisme propose de repenser complètement le secteur des avenues des Pins et du Parc, actuellement soumis à la consultation publique.

Le Groupe 6+, selon le nom qu'il s'est donné, propose la construction d'une grande tour résidentielle et commerciale de 40 étages, marquante sur le plan architectural, devant l'immeuble actuel d'Air Transat, qui signalerait l'entrée vers le centre-ville.

Le concept prévoit également la mise en valeur des bâtiments importants de l'avenue des Pins, la création de «places minérales», des places publiques, la création d'une promenade piétonne, et ainsi de suite.

«Voir trop petit, c'est faire un affront au génie du lieu», affirme le groupe, formé de Federico Bizzotto, Mario Brodeur, Jacques Des Rochers (conservateur au Musée des beaux-arts de Montréal), Benoît Dupuis, Maxime Frappier et Jacques Lachapelle (de l'Université de Montréal).

Dans la foulée de la démolition de l'échangeur des Pins, l'arrondissement de Mont-Royal a lancé une consultation publique pour définir la vocation de deux grands terrains municipaux situés immédiatement au sud de l'intersection des Pins-du Parc.

L'arrondissement a reçu environ 150 propositions, dont celle de déplacer dans le secteur la célèbre sculpture L'Homme de Calder.

Le Groupe 6+ estime qu'on ne peut pas décider ce qu'on doit faire avec ces deux terrains sans réfléchir à l'ensemble du secteur. Il déplore le fait qu'en démolissant l'échangeur des Pins on ne soit pas allé au bout de la reconfiguration des axes routiers. La circulation demeure importante et complexe, et tant les voitures que les cyclistes et les piétons ne savent trop où se diriger. Pour se rendre sur le mont Royal à partir du coin sud-est, par exemple, il faut traverser 15 voies de circulation.

La principale proposition du Groupe 6+ réside dans l'utilisation résidentielle et commerciale de ces deux terrains, selon une formule administrative novatrice: on propose la création d'une société à but non lucratif, la Fiducie Mont-Royal, détenue à 100 % par la Ville de Montréal. La Ville demeurerait propriétaire des terrains mais les louerait pour 99 ans à un promoteur, lequel pourrait y construire un ou deux immeubles emblématiques.

Cette formule garantirait des revenus de taxation importants à la Ville et lui permettrait de «lever» une capacité d'emprunt pour d'autres grands travaux.

«Il faut créer de la richesse collective à partir de ce lieu», fait valoir le groupe, qui s'est doté d'un site Internet (manifesteparcpins.com) pour promouvoir ses idées.

Le 9 novembre, l'arrondissement doit annoncer les scénarios retenus à la suite des propositions des citoyens. Ces scénarios seront ensuite discutés lors d'une grande journée de consultation publique le 24 novembre.






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  • Alain Contant
    Abonné
    jeudi 25 octobre 2007 09h38
    Montrez-vous !
    « Qui est le promoteur derrière ce projet? »

  • Julien Lussier
    Inscrit
    jeudi 25 octobre 2007 12h11
    2 points
    « 1. Le succès du quartier international tient en partie à la hauteur raisonnable des immeubles, et de la lumière qui se rend sur les diverses places publiques qui s'y trouvent.

    2. Le centre-ville devrait être dense, et circonscrit dans une zone assez restreinte et précise. Plutôt que de faire l'effet "Tour Montparnasse" dans le carrefour des Pins, et ainsi d'étendre maladroitement la zone tampon entre le centre-ville et les autres quartiers (dans ce as-ci le Plateau) pourquoi ne pas combler d'une telle tour l'un des nombreux et gênants terrains de stationnement qui déforment le centre-ville? »

  • Chris Strain
    Inscrit
    jeudi 25 octobre 2007 15h35
    Des bandes de gazon ne sont pas naturelles
    « En tant qu'habitant du quartier, aussi bien qu'un passionné des aires urbaines en général, les réaménagements de l'échangeur jusqu'ici ne m'impressionnent pas trop. Bien sûr, la démolition des viaducs et structures routiers est une amélioration, mais en les remplaçant par des vastes bandes de gazon sous le titre de la «nature», on ignore à la fois la nature humain de vivre ensemble dans les sociétés, aussi bien que la «vraie» nature, celle qui n'a pas été conceptualisée par un comité, mais qui se trouve plutôt déjà existante et menacée par la prochaine vague de développement suburbain, poussé en partie par les échecs aux coeurs des villes, qui deviennent à la fois moins vivants, moins valorisés, et moins sécuritaires, grâce en partie à cette insistance.

    Il existe déjà un grand parc, évidemment, donc les bandes de gazon n'ajoutent pas beaucoup à la diversité de fonctions dans le quartier. Peu de gens, j'imagine, seraient attirés à les visiter, et ceux qui doivent les traverser seraient, à cause de l'immensité (et monotonie) de l'espace, plus enclins à les éviter soit par autobus ou voiture privée. À quoi ça sert, hors des décorations pour les motoristes qui sont réconfortés par un paysage semblable à celui de chez eux? Les viaducs avaient aussi des arbres.

    Si on envisage de construire un tramway le long de l'avenue du parc, rappelons que la viabilité économique d'un moyen de transport est fonction de la densité des aires desservies. Pour un bon exemple, vous êtes invités à explorer les alentours de la station Acadie, où j'étais hier, en face de laquelle on trouve des stations-service, stationnements, centres commerciales à faible densité... Dans une ère où le pétrole devient plus rare et son prix augmente, construire nos villes à une échelle qui ignore l'humain deviendra coûteux non seulement sur le plan social, mais aussi économique.

    La plupart de ces pensées ne sont pas très originaux, mais doivent beaucoup à Jane Jacobs qui, comme moi, a quitté son pays natal pour s'installer dans une société où la pensée populaire est plus compatible avec l'idée de la société elle-même.

    Je pensais de déposer mes suggestions lors de la consultation publique. Finalement je ne l'ai pas fait, mais je trouve que cette proposition est meilleure que celles j'aurais faites (un carré public ou des bâtiments de trois étages, par exemple). Même si l'arrondissement persiste dans sa vision d'aménagement urbain anti-urbaine dans ce coin particulier, les pressions économiques, j'imagine, pousseraient éventuellement vers le développement de ces terrains. Espérons que les plans seront aussi bons à l'avenir! »

  • François Caron
    Abonné
    jeudi 25 octobre 2007 20h04
    Camarades urbanistes et citoyens architectes, retournez à vos cartons !
    « L'enjeu paysager de ce projet a été complètement bousillé par cette lubie automobiliste et utilitariste de faire une voie fourchue superfétatoire et inutile dans la direction Sud-Du Parc - Ouest-Des Pins, apauvrissant le message de rétrocession de l'espace urbain à la montagne.

    D'autre part, la volonté de dépouiller des lieux développés dans un génie particulier relatif à l'insertion d'une oeuvre d'art dans un site significatif comme le site du Calder à l'Île Sainte-Hélène rappelle le vol qualifié et impuni de La Joute de Riopelle perpétré au Parc Olympique il n'y a pas si longtemps par la bourgeoisie financière-rentière de l'arrondissement Ville-Marie .

    Les citoyenNEs du Plateau-Mont-Royal, du Mile-End et du McGill Ghetto ne se sont pas battus toutes ces années pour rajouter du verre au béton, mais bien pour que le vert prévale sur celui-çi !

    La perspective ouverte sur le Mont-Royal gagnée de haute lutte mais encore incomplètement retrouvée ne doit plus inspirer à quiconque de monticules hideux à la gloire du Fric et du TurboKapitalisme, mais vous ne vivez pas en ville, messieurs, vous ne vivez pas la ville comme le vulgus paecum la vit, vous vivez en périphérie de celle-çi dans un lieu imbu de théories qu'on surnomme "Tour d'Ivoire" !

    Allez rêver de ces mégapoles grandioses que l'on génère dans vos applications logicielles issues du croisement d'AutoCad et de SimCity, et revenez-nous donc avec une proposition à l'échelle humaine dans la trame urbaine, une proposititon digne des efforts que vous avez mis dans votre projet personnel de diplômation, une proposition sérieuse, quoi ! »

  • Julien Lussier
    Inscrit
    jeudi 25 octobre 2007 22h27
    encore un commentaire
    « Le quadrilatère formé des rues University, des Pins, Sherbrooke et Saint Laurent est, chose rare, formé d'un tissu urbain quasi homogène, composé de maisons centenaires de plus ou moins 3-4 étages. Les seules horreurs du quartier sont la tour Air Transat, et la Cité. C'est d'ailleurs au coin de l'Avenue du Parc et de Prince Arthur que le quartier perd tout son charme. Les tours en ont fait un corridor pour le vent, en plus de bloquer la lumière. Il n'y a pas de boutiques, pas de réelle vie, seulement des gens pressés de quitter cette intersection hostile.

    L'idée d'une tour de 40 étages signalant l'entrée dans le centre-ville repose sur deux fausses prémisses: d'abord, qu'en franchissant la tour hypothétique, l'on serait entré dans le centre-ville. 2- Qu'il faut signaler l'entrée dans le centre-ville.

    D'abord, le centre-ville débute bien plus au sud, et plus à l'ouest.

    Ensuite, ceux qui connaissent bien Montréal et qui l'apprécient sont tout à fait conscients que ce qui en fait son charme, ce n'est certainement pas son centre-ville, banal, qui ressemble à tous les centre-villes américains, seulement plus petit. Non, c'est plutôt les quartiers comme le plateau, la petite-patrie, Saint-Henri, le Vieux Montréal, les escaliers de fer forgé, les rues étroites, les petits cafés, les restos, les maisons de couleur, la lumière qui atteint le sol, bref, tout sauf le centre-ville.

    S'il y avait une chose à signaler, ce serait plutôt l'entrée dans la vraie ville de Montréal, dans ce qui lui donne sa personnalité propre. L'une de ces entrées est justement située à au nord est de l'échangeur.

    La montagne a limité la hauteur des tours du centre-ville. Bravo. Laissons la hauteur d'un arbre limiter la hauteur de ce qui borde la forêt. »

  • Marie-Eve C
    Inscrite
    vendredi 26 octobre 2007 18h50
    Souvenir d'université...
    « École d'architecture, un soir d'octobre.
    Charrette sur le réaménagement de l'échangeur Parc/Des Pins, rencontre d'équipe.
    Samedi, 10 heures, 3 cafés, traits tirés et fatigue générale.

    Le prof :
    « Ici, au niveau de la tour de La Cité. L'entrée vers la ville. N'avez-vous pas pensé à la signaler ? À la marquer ? Par... un autre bâtiment, par exemple... une autre structure...
    - ...
    - Vous connaissez, bien sûr, la « Piazza del Popolo »...
    - ...
    - Eh bien...
    L'élève moqueur :
    « Are you proposing... we build a twin La Cité...? »
    Le prof:
    "Non, bien sûr, peut-être pas une autre tour... » »

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