Kevin Parent au Club Soda - De la cuisine au salon
Kevin Parent mis en scène? Comme ça, sur papier, ça semble une mauvaise idée. Trop chien fou, le grand gars de Nouvelle. Réfractaire à toute forme d'entrave à sa liberté d'action. Et pourtant, hier à la première montréalaise du nouveau spectacle de notre indomptable gaillard au Club Soda, un certain Philippe Laperrière officiait en tant que directeur artistique et metteur en scène. Et Kevin était le plus docile des hommes dans ce qui n'était rien de moins qu'un décor. Un concept. Allez comprendre.
Sur place, dès le lever de rideau, on comprenait. L'idée de Laperrière était tellement heureuse qu'elle ravissait d'emblée: transporter l'appartement de Kevin sur scène et y reproduire l'ambiance bon enfant de jams entre amis musiciens. Première partie dans la salle à manger, guitares acoustiques autour de la table. Deuxième partie au salon, avec la batterie et les amplis au milieu des lampes torchères. Minimum de théâtralité, maximum de plaisir vrai.
C'est fou comme ça fonctionnait. Non seulement on s'y croyait, on y était. Surtout en première partie. It looked right, pour dire les choses dans la langue maternelle de Kevin. La belle grande table ancienne pleine de paperasse, les coupes de vin que le percussionniste Michel Roy remplissait régulièrement (quand il ne frappait pas bord de table et bord de lampe avec ses balais), tout appelait la convivialité. Ça trinquait vraiment, ça jouait vraiment, ça rigolait vraiment, on sentait que Kevin et sa belle visite, Christian Péloquin (guitare), Marie-Pierre Fournier (basse) et Roy, se sentaient très exactement comme à la maison. Jusqu'aux micros, déjà discrets exprès, qui semblaient disparaître. Jusqu'à l'interprétation du Petit Roi de Ferland par... la bassiste. Chez Kevin, déduisait-on, ce n'est pas tout le temps Kevin qui chante.
Les versions des chansons, les anglaises du dernier album comme les anciennes, s'en ressentaient avantageusement. La Jasette était vraiment une jasette, Open House Blues résolument lousse et jouissive. À la fois pro et à la bonne franquette. Jamais je n'avais vu notre récalcitrant préféré aussi détendu: normal, il était chez lui. Il n'avait que plus de difficulté à présenter les chansons: se retrouvant en représentation, il redevenait mal à l'aise, et déconnait.
Mais dès que la musique repartait, Kevin réintégrait son party. Et nous en profitions. Même en deuxième partie, où tout le monde jouait debout en formation rock traditionnelle et reléguait le «salon» à un simple décor, l'ambiance était pareillement décontractée: le matériel anglo, un peu trop lisse sur disque, étonnait par son relief: Down In Mexico était une aventure nouvelle. Je dirais même plus: un sacré voyage. Sans sortir de chez Kevin.
Sur place, dès le lever de rideau, on comprenait. L'idée de Laperrière était tellement heureuse qu'elle ravissait d'emblée: transporter l'appartement de Kevin sur scène et y reproduire l'ambiance bon enfant de jams entre amis musiciens. Première partie dans la salle à manger, guitares acoustiques autour de la table. Deuxième partie au salon, avec la batterie et les amplis au milieu des lampes torchères. Minimum de théâtralité, maximum de plaisir vrai.
C'est fou comme ça fonctionnait. Non seulement on s'y croyait, on y était. Surtout en première partie. It looked right, pour dire les choses dans la langue maternelle de Kevin. La belle grande table ancienne pleine de paperasse, les coupes de vin que le percussionniste Michel Roy remplissait régulièrement (quand il ne frappait pas bord de table et bord de lampe avec ses balais), tout appelait la convivialité. Ça trinquait vraiment, ça jouait vraiment, ça rigolait vraiment, on sentait que Kevin et sa belle visite, Christian Péloquin (guitare), Marie-Pierre Fournier (basse) et Roy, se sentaient très exactement comme à la maison. Jusqu'aux micros, déjà discrets exprès, qui semblaient disparaître. Jusqu'à l'interprétation du Petit Roi de Ferland par... la bassiste. Chez Kevin, déduisait-on, ce n'est pas tout le temps Kevin qui chante.
Les versions des chansons, les anglaises du dernier album comme les anciennes, s'en ressentaient avantageusement. La Jasette était vraiment une jasette, Open House Blues résolument lousse et jouissive. À la fois pro et à la bonne franquette. Jamais je n'avais vu notre récalcitrant préféré aussi détendu: normal, il était chez lui. Il n'avait que plus de difficulté à présenter les chansons: se retrouvant en représentation, il redevenait mal à l'aise, et déconnait.
Mais dès que la musique repartait, Kevin réintégrait son party. Et nous en profitions. Même en deuxième partie, où tout le monde jouait debout en formation rock traditionnelle et reléguait le «salon» à un simple décor, l'ambiance était pareillement décontractée: le matériel anglo, un peu trop lisse sur disque, étonnait par son relief: Down In Mexico était une aventure nouvelle. Je dirais même plus: un sacré voyage. Sans sortir de chez Kevin.
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